MONNAIE COMMUNE DE LA CEDEAO (ECO) : Le Ghana d'ores et déjà prêt pour adopter la monnaie ECO

Comme la presque totalité des pays membres de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), qui utilisent le F CFA comme monnaie commune, le Ghana avec son cédi sera prêt, en 2020, pour faire partie du groupe de pays qui lanceront l'ECO (monnaie commune de la CEDEO). Il est entendu que les autres pays retardataires prendront le train (ECO) en marche après avoir satisfait aux critères de convergence, à savoir, le niveau de l'inflation, le taux d'endettement public par rapport au PIB et le niveau du déficit public par rapport au PIB.

Avec un PIB de 65 Mds USD (2205 USD/habitant) en 2018, le Ghana représente la 2ème économie de la CEDEAO, derrière le géant nigérian ( du reste première économie africaine), mais, devant la Côte d’Ivoire, première économie de l'UEMOA. L’économie ghanéenne repose, essentiellement, sur l’exploitation de matières premières (or, pétrole, gaz, cacao, manganèse, bauxite) et les activités de service qui s’y adossent.  Après une période de fort ralentissement entre 2012 et 2016, l'activité a redémarré en 2017 (+7,9%), puis, en 2018 (+5,6%) et devrait connaître l’un des taux de croissance les plus élevés au monde en 2019 (8,8% selon le FMI ; 7,4% selon la Banque Mondiale). Celle-ci est fortement liée à l'accroissement de la production d'hydrocarbures, qui pourrait encore doubler à l'horizon 2025 à 420 000 bpj.

Le programme FMI de quatre ans dont le Ghana est sorti en avril 2019, a contribué à stabiliser sa situation macroéconomique. Outre la reprise de la croissance, la réduction de l’inflation à moins de 10% (un des trois principaux critères de convergence de la monnaie unique ECO) a permis plusieurs relâchements du taux directeur de la Banque centrale ghanéenne, aujourd’hui, à 16%. Depuis 2017, la monnaie bénéficie d'une relative stabilité et s'est moins dépréciée vis-à-vis du dollar que la plupart des devises des pays émergents. Si la réduction du déficit public a été contrecarrée en 2018 par le plan de sauvetage du secteur bancaire - dont le coût pour les finances publiques a représenté 3,5% du PIB - elle reste toutefois bien engagée grâce aux excédents primaires dégagés par le pays ces deux dernières années, les premiers depuis 15 ans. Conséquence, le Ghana, en 2019, aura bel et bien un déficit budgétaire inférieur ou égal à 3% du PIB, ce lui lui permettra de respecter ce critère de convergence pour intégrer l'ECO.

Quant à la dette publique du Ghana, elle a atteint, fin mai 2019, 200 milliards de cédis ghanéens (environ 38 milliards de dollars américains), contre 154,1 milliards de cédis enregistrés en mai 2018.

En pourcentage, la niveau de la dette a représenté 58,1 % du PIB fin mai, contre 51,6 % enregistrés un an plus tôt.

Sur la dette totale, la composante extérieure a atteint 20,5 milliards de dollars contre 18,4 milliards de dollars l'année précédente.

La composante dette nationale a, également, atteint 18,4 milliards de dollars fin mai, contre 14,12 milliards de dollars un an auparavant.

On relève, donc, que l'endettement public du Ghana est inférieur aux 70% de la dette publique par rapport au PIB, que recommandent les instances chargées d'indiquer les critères de sélection pour intégrer l'ECO.

Autrement dit, le Ghana sera prêt en 2020 pour faire partie comme les pays de l'UEMOA (futur Ex-F CFA), du premier train de pays utilisant comme monnaie commune l'ECO.

Une anecdote pour terminer : ayant clôturé avec succès son programme de quatre ans avec le FMI, en avril 2019, ce dernier lui a, gentiment, proposé un autre prêt d'un milliard de dollars au Ghana, qui aurait eu pour conséquence d'alourdir sa dette publique et de fragiliser son entrée à l'ECO. Très avisé sur ces questions de souveraineté, le président du Ghana, Nana Akufo-Addo (sur notre photo avec son homologue de Côte d'Ivoire Alassane Ouattara), a, gentiment, opposé une fin de non-recevoir à ce cadeau qui était beaucoup plus empoisonné qu'autre chose.

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