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MAROC-VATICAN : Le pape François sera samedi et dimanche à Rabat pour prêcher la tolérance religieuse

Le Saint-Père sera samedi, 30 mars, et dimanche au Maroc, terre musulmane dans le but de prôner le dialogue interreligieux. Une courte visite qui lui permettra, aussi, de rencontrer des migrants, alliant, ainsi, deux grandes priorités de son pontificat.

"Je viens en pèlerin de paix et de fraternité, dans un monde qui en a tant besoin", a commenté, jeudi, 28 mars, le pape François dans un message vidéo adressé au peuple marocain.

Il estime que chrétiens et musulmans croient en un Dieu "miséricordieux", désirant que "nous vivions en frères, se respectant dans les diversités".

Le souverain pontife argentin, spécialiste des voyages dans les plus minuscules communautés catholiques du globe, est, également, attendu avec impatience par une communauté de quelque 30.000 fidèles. Il s'agit, essentiellement, d'étrangers venus d'Afrique subsaharienne, étudiants ou migrants en route vers le continent européen.

Dans son message vidéo, le pape précise encore qu'il est venu "encourager le cheminement" de la communauté chrétienne et rencontrer les migrants "qui représentent un appel à construire ensemble un monde plus juste et plus solidaire".

Environ 10.000 catholiques du pays sont attendus dimanche à une messe dans un centre sportif, un chiffre historique pour une célébration catholique dans ce pays à 99% musulman (sunnite).

A l'instar de son voyage aux Emirats arabes unis en janvier, l'image du pape célébrant la messe, au lendemain d'une rencontre avec le roi et "Commandant des croyants", Mohammed VI, et de hauts responsables religieux, offrira un visage concret à ses appels répétés à la tolérance religieuse.

Le voyage du chef spirituel des quelque 1,3 milliard de catholiques suscite l'espoir des minorités chrétiennes et des musulmans convertis, qui demandent à pouvoir bénéficier, pleinement, de la liberté de culte inscrite dans la constitution marocaine.

"Nous rêvons d'un Maroc libre qui assume sa diversité religieuse", a, ainsi, affirmé la Coordination des chrétiens marocains. Elle souhaite que cette visite soit "une occasion historique" pour que le Maroc avance "tangiblement dans ce sens".

Selon la constitution marocaine, "l'islam est la religion de l'Etat, qui garantit à tous le libre exercice des cultes". Le code pénal marocain ne prévoit pas la peine de mort pour les apostats de l'islam, contrairement, par exemple, à celui des Emirats arabes unis.

Au Maroc, "la règle du jeu, c'est la discrétion", explique un responsable religieux à Rabat.

Le sujet reste sensible. En juin dernier, le ministre marocain d'Etat chargé des droits de l'Homme, l'islamiste Mustapha Ramid, avait, ainsi, estimé que la liberté de conscience était "une menace" pour la "cohésion" du Maroc.

La conversion volontaire n'est pas un crime, mais, le prosélytisme (le fait "d'ébranler la foi d'un musulman ou de le convertir à une autre religion") peut coûter jusqu'à trois ans de prison. "Ce qui est condamné c'est le prosélytisme agressif", insiste l'ambassadeur du royaume du Maroc à Paris, Chakib Benmoussa.

Pour lui, "la visite du pape François est un moment fort, aussi bien, pour lutter contre les courants de fanatisme, de repli identitaire, d'intolérance, mais aussi, (...) pour l'interaction positive entre les religions, les peuples et les civilisations".

Le pape François a confié qu'il aurait aimé se rendre, personnellement, à Marrakech, en décembre, pour l'adoption par plus de 150 pays du Pacte mondial sur les migrations des Nations-Unies.

Le texte non contraignant, qui vise à renforcer la coopération internationale pour une "migration sûre", avait déchaîné les passions dans plusieurs pays avant sa ratification finale à New York.

Le pape François a prévu de rencontrer, samedi, 30 mars, des migrants dans le Centre Caritas diocésain où il prononcera un discours.

La question des migrants est un autre sujet sensible au Maroc, qui revendique une politique d'accueil "humaniste". Mais, Rabat se fait, régulièrement, épingler par les défenseurs des droits de l'Homme, qui critiquent des vagues d'arrestations musclées destinées à éloigner les candidats à l'exil des rives de la Méditerranée. Un double langage qui ne passe plus inaperçu.

"J'espère que la visite du pape apportera du progrès sur cette question", a déclaré l'archevêque de Tanger, Mgr Santiago Angelo Martinez, au cours d'un récent point de presse.

Le voyage de François au Maroc intervient près de 34 ans après celui Jean Paul II, à l'été 1985, marquée par une rencontre interreligieuse avec 80.000 jeunes dans un stade ( sur notre photo, à Rabat le 20 août 1985, le roi du Maroc Hassan II, accueille Jean Paul II, premier chef d'Etat d'un pays arabe à inviter un pape). Le roi Hassan II (père de l'actuel monarque) avait été reçu au Vatican en novembre 1991. Un échange de bons procédés !

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