Niger : L'Université fermée, l'Union des scolaires nigériens ressasse ses mauvais souvenirs

Lundi, 10 avril, matin, des milliers de scolaires et étudiants sont descendus, très tôt, dans les rues de Niamey pour manifester leur colère suite à la non-satisfaction, par les autorités de tutelle, de leurs revendications : paiement des allocations des lycéens et collégiens, paiement à temps des bourses des étudiants et de l'aide sociale, et apurement des arriérés de bourses. Ces exigences sont les plus urgentes, mais, personne n'occulte celles qui sont récurrentes et, toujours, contenues dans le cahier des doléances : constructions de salles de travaux pratiques, de laboratoires, et d'amphithéâtres dignes de ce nom, construction de campus équipés, transport des étudiants, équipement des bibliothèques, multiplication de salles d'informatique avec une bonne connexion, installation de groupes électrogènes pour réduire les effets des coupures intempestives du courant de l'Etat, etc. Bref, la coupe est pleine. Pendant ce temps, au pouvoir, on jure que ça va bien.

C'est la raison pour laquelle toute la matinée de lundi, les manifestants ont occupé plusieurs carrefours de la capitale, en brûlant des pneus et en érigeant des barricades. Les plus âgés se sont rappelés des années 90 quand l'USN avait mené une véritable guérilla sur le campus et dans les rues de Niamey pour avoir gain de cause, bravant le régime des militaires. Lors d'une confrontation entre les forces de l'ordre et l'USN sur le Pont Kennedy, le 9 février 1990, ce fut la catastrophe : la police tira sur deux étudiants et un lycéen, qui trouvèrent, tous, la mort, ce qui radicalisa leur mouvement. C'est dire que, quand l'USN met ses éléments dans la rue, on craint le pire du côté du pouvoir en place, quel qu'il soit.

Les violents affrontements entre forces de l'ordre et manifestants, cette fois, ont fait plusieurs blessés des deux côtés et plusieurs étudiants ont été interpellés, a indiqué le ministre en charge des Enseignements supérieurs, Mohamed Ben Omar, intervenant, lundi soir, à la télévision nationale.

Les responsables de l'USN parlent d'une vingtaine de leurs camarades blessés admis à l'hôpital national de Niamey.

Le campus a été vidé de ses occupants (étudiants), suite à l'assaut des forces de l'ordre venus l'occuper, après la décision de fermeture signée par les autorités. A deux mois des vacances, on en est à supputer sur la durée de ce mouvement et la capacité du gouvernement à pouvoir terminer les enseignements jusqu'à la validation en bonne et due forme des parchemins. Avec ses 23.000 étudiants, Abdou Moumouni parle, encore, d'elle. En mal.

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