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UNESCO-CAMEROUN : Paul Biya à la 38e Conférence Générale pour marquer l'importance de la paix

Ce n'est pas, souvent, qu'on voit le président du Cameroun, Paul Biya, à la tribune de l'Unesco. Pourtant, lui-même, comme son épouse, Chantal Biya, du reste, ambassadrice de cette organisation, y mènent une intense activité. Pas toujours sue et connue du grand public.

Voilà, sans doute, pourquoi, à l'invitation de Irina Bokova, la directrice générale de l'organisation, à prendre part du 16 au 18 novembre, à Paris, au Forum des dirigeants de la 38e session de la Conférence Générale, Paul Biya en a profité pour ressortir la particularité camerounaise au sein du système des Nations-Unies.

Le Cameroun, a dévoilé son président, pour ceux qui ne le savaient pas, est une « pupille » des Nations-Unies et non une ancienne colonie franco-britannique. Car il avait été placé sous mandat de la Société des Nations, et plus tard, sous tutelle de l'ONU, à l'issue de la première guerre mondiale. C'est sous l'égide de celle-ci (ONU) qu'il avait poursuivi, avec bonheur, sa marche vers l'indépendance. « Le Cameroun se considère donc, à juste titre, comme pupille de l'ONU, et de la communauté internationale », a révélé le président camerounais. Avant d'ajouter que, « au sein de la vaste famille du système des Nations-Unies, le Cameroun éprouve une inclination particulière pour l'Unesco », ce qui a dû flatter Irina Bokova. Et s'il en est ainsi, c'est parce que le Cameroun partage la vision de paix perpétuelle par laquelle s'ouvre l'Acte constitutif de l'Unesco, à savoir : « Les guerres prenant naissance dans l'esprit des hommes, c'est dans l'esprit des hommes que doivent être érigées les défenses de la paix ».

L'harmonie et l'entente entre les peuples sont intimement liées à la reconnaissance et au respect mutuel des différentes cultures ainsi qu'à leur dialogue. La diffusion de l'éducation et du progrès des sciences ne peut qu'y contribuer. C'est la raison d'être, même, de l'Unesco. Heureusement.

Dans les années 90, l'ancien directeur général de l'Unesco, Federico Mayor, avait, au regard des enjeux, initié l'éducation de la paix, dans les programmes de l'organisation. La vulgarisation de cette nouvelle approche dans les systèmes éducatifs a, certes, aidé à la préservation de l'entente entre les peuples, mais pas suffisamment au regard de ce qu'on observe, aujourd'hui, en Syrie, en Irak, et au Mali. Mais « loin de nous décourager, ces exemples déplorables peuvent, au contraire, nous renforcer dans notre détermination à faire échec à ces idéologies funestes et rétrogrades », a indiqué le chef de l'Etat avant d'évoquer le cas très singulier du Cameroun : « Mon propre pays, havre de stabilité, en fait aujourd'hui la douloureuse expérience. Il subit depuis quelques années les attaques terroristes de Boko Haram. Une secte (qui) sème le deuil et la désolation dans les familles, cause des déplacements de populations et un afflux de réfugiés, perturbe la vie économique et sociale de la région de l'Extrême-Nord » du Cameroun. « Pire, cette nébuleuse (Boko Haram), par son intolérance, distille des germes de division à partir de considérations ethnico-religieuses. Elle s'attaque ainsi aux fondements même de notre pays : son unité. Le combat pour l'éradication de cette secte nous oblige à consacrer à notre défense des ressources importantes, au détriment de l'amélioration des conditions de vie des Camerounais ».

Si Paul Biya n'a évoqué que le cas de Boko Haram, force est d'ajouter, aussi, celui des pirates du Golfe de Guinée, qui pendant des années, avaient défrayé la chronique dans la zone maritime allant du Nigeria à la Guinée équatoriale, avec le Cameroun, comme base de prédilection. Le président aurait pu, également, citer les Séléka, qui ont parfois eu tendance à confondre le Cameroun avec leur Centrafrique natal qu'ils ont, royalement, déstabilisé, au point où ce sont les soldats de la Minusca (mission de l'ONU commandée par un général camerounais et composée de 12.000 hommes dont un bon millier de soldats camerounais) et de la Sangaris française, qui y maintiennent l'ordre, en attendant le retour de ce pays à des jours meilleurs.

« La paix est un comportement », ne cessait de dire le Vieux Sage Houphouët-Boigny, à qui l'Unesco a donné le nom à un prix, « Le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la paix », attribué, chaque année, à un citoyen du monde qui le mérite.

Paul Biya aurait pu dire, aussi, que grâce aux valeurs de paix et de solidarité de l'Unesco et des Nations-Unies, malgré l'instabilité ambiante aux abords des frontières de son pays, le Cameroun ne s'en sort pas trop mal. On a besoin de dire : Inch'Allah !

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