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Centrafrique: un journaliste du quotidien Le Confident arrêté
06-09-2010
BANGUI (AFP) - lundi 06 septembre 2010 - 14h26 - Un journaliste du quotidien privé centrafricain Le Confident a été arrêté vendredi et était toujours détenu lundi sur plainte pour diffamation d'un responsable du ministère centrafricain des Mines, a appris l'AFP auprès de sa rédaction et du parquet. More details ...

Mali: importants détournements de fonds au sein du ministère de la Santé
06-09-2010
BAMAKO (AFP) - lundi 06 septembre 2010 - 14h57 - Des responsables du ministère malien de la Santé ont été arrêtés dans le cadre d'une enquête sur le détournement d'importants financements alloués au Mali par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a-t-on appris lundi de sources concordantes. More details ...

Afrique du Sud: grève des fonctionnaires suspendue après 20 jours
06-09-2010
JOHANNESBURG (AFP) - lundi 06 septembre 2010 - 17h29 - Les fonctionnaires sud-africains ont décidé lundi de suspendre leur mouvement de grève entamé 20 jours plus tôt pour des revalorisations salariales, a annoncé un responsable syndical. More details ...

Mozambique: au moins 13 morts dans des émeutes contre la vie chère
06-09-2010
MAPUTO (AFP) - lundi 06 septembre 2010 - 16h15 - Treize personnes sont mortes et plus de 400 ont été blessées dans les émeutes contre la vie chère la semaine dernière au Mozambique, a annoncé lundi le gouvernement en révisant à la hausse un précédent bilan. More details ...

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Omar Bongo Ondimba tel que je le connais

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 LE PATRIARCHE
ET LE GABON ETERNEL
Par Jean Paul Tedga Ce hors série n° 2 du bimensuel Afrique Education que vous avez entre les mains, est un cri du coeur. Un témoignage à l'endroit d'un chef d'Etat parmi les plus illustres du continent. Un grand bâtisseur qui mérite le soutien…     lire la suite

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AU SECOURS DES IDEES Par Paul TEDGA

 

 

MAURITANIE : CHASSE PAR LA FENETRE, MOHAMED OULD ABDEL AZIZ REVIENT PAR LA GRANDE PORTE

ImageAvec 52,58% des voix obtenues dès le premier tour, le général Mohamed Ould Abdel Aziz a remporté l’élection présidentielle du 18 juillet 2009 en Mauritanie. Cette victoire de l’auteur du coup d’état du 6 août 2008, va sans doute permettre à la Mauritanie de renouer avec la communauté internationale. Mais elle embarrasse au plus haut point car au sein des instances internationales comme l’Union Africaine et l’Union Européenne, on oeuvrait certes pour une élection réellement libre, transparente et démocratique, afin de permettre à la Mauritanie de se doter d’un chef d’Etat le plus incontesté possible qui disposerait de toute la légitimité nécessaire pour relancer la coopération avec les bailleurs de fonds. Mais on ne pensait pas que ce chef d’Etat élu de façon incontestée serait le général Aziz. En faisant pression sur ce dernier pour qu’il démissionne de l’armée et abandonne sa fonction de chef d’Etat avant de pouvoir se présenter à la présidentielle, l’objectif recherché était de lui couper les moyens de l’Etat dont il devait faire usage pour assurer sa campagne. La volonté affichée par les organisateurs du scrutin sous la supervision internationale, était, donc, une participation des candidats à l’élection sans qu’aucun d’entre eux ne dispose d’une longueur d’avance sur les autres. En réalité, les partenaires internationaux de la Mauritanie caressaient secrètement l’espoir de voir ce général trébucher pendant ce scrutin. Voilà que c’est le contraire qui s’est produit. Malgré les contestations d’usage d’après élection, Mohamed Abdel Aziz a vu sa victoire validée par la Cour constitutionnelle tandis que l’Assemblée nationale majoritairement composée de ses partisans, a clairement appelé à valider son élection. Du coup, les bailleurs de fonds et partenaires au développement de la Mauritanie qui le boudaient parce qu’il était putschiste, vont désormais lui dérouler le tapis rouge, maintenant qu’il a été élu démocratiquement. Autrement dit, ceux qui ne voulaient pas le saluer hier, vont être obligés de lui faire la révérence. La pilule sera dure à avaler pour certains. Je reconnais, aussi, en toute modestie que votre bimensuel lui avait rendu la vie dure, en tant que putschiste. Nous avons soutenu tant que nous l’avions pu, le président évincé Sidi Ould Cheik Abdallahi. Nous aurions préféré un autre à sa place, un Ahmed Ould Daddah, par exemple, qui est une grande figure de l’opposition nationale ou un Mohamed Ould Vall qui a gravé son nom dans l’histoire de la Mauritanie en réussissant une transition et une élection présidentielle à laquelle il avait refusé de prendre part en 2007, préférant laisser le pouvoir à un civil. Non, ce ne sera ni l’un ni l’autre, mais celui qui, dans un premier temps, avait préféré venir par les armes avant de légitimer son pouvoir dans les urnes. Cette stratégie, elle aussi, peut donner des idées à d’autres putschistes tapis dans l’ombre dans d’autres pays. Pourtant, les Mauritaniens reconnaissent qu’en très peu de temps, Aziz, illégitime, c’est vrai, a su mouiller sa chemise en résolvant les problèmes de ses compatriotes sans prononcer de grosses phrases ni de grands discours : il a une gestion pragmatique des affaires de l’Etat. Afrique Education lui souhaite bonne chance.

Après un temps de réflexion qui a duré plusieurs longs jours, le nouveau chef d’Etat démocratiquement élu commence à crouler sous les télégrammes de félicitation de ses homologues. Nicolas Sarkozy, le président français et son homologue égyptien Hosni Moubarak, comptent parmi les chefs d’Etat les plus importants à lui avoir adressé, les premiers, un message de félicitation. Si l’Américain Barack Obama se fixe encore les limites qu’il n’arrive pas à dépasser, son chef de mission diplomatique accrédité à Nouakchott, l’ambassadeur Marc Boulwar, a été reçu par le nouveau président, preuve que la hache de guerre des Américains (qui lui avaient rendu la vie dure) est désormais enterrée.

Reste maintenant que le nouveau président, devenu le président de tous les Mauritaniens, sache se comporter en véritable père de la nation. Saura-t-il rassembler tous ses compatriotes au-delà de la couleur de la peau, de la religion et des tabous dont les Mauritaniens ont du mal à se débarrasser ? Car les énormes défis qui s’annoncent demandent que le pays soit solidement uni derrière son président.

 

 

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Editorial N°285-286 Convertir en PDF  | Version imprimable |  Suggérer par mail

AU SECOURS DES IDEES                                               Par Paul TEDGA

 

NOUVEAU G 20 : NON A UN NOUVEAU FORUM QUI MARGINALISE L’AFRIQUE  

Image Le continent africain ne doit pas être marginalisé mais considéré comme un partenaire à part entière. Cette position qui n’est ni nouvelle, ni originale, est aussi celle de l’Union Africaine qui représente les 53 pays du continent, et qui n’est pas correctement représentée dans le Nouveau G 20.

Continuer à marginaliser l’Afrique dans les instances internationales, y compris celles qu’on crée aujourd’hui alors que le continent cherche une place digne de son rang dans le concert des nations depuis plusieurs longues années, revient à ne pas tenir compte de la réalité mondiale : avec 900 millions d’habitants que même le sida et le paludisme n’ont pas réussi à décimer, l’Afrique, tôt ou tard, pèsera dans l’équilibre ou le déséquilibre du monde. Aujourd’hui, selon des critères assez flous, seules l’Afrique du Sud et l’Egypte, font partie intégrante du Nouveau G 20. L’Afrique du Sud parce qu’elle est sans doute la première puissance économique et industrielle du continent, mais pourquoi l’Egypte dont le président, Hosni Moubarak, n’assiste même pas aux Sommets de l’UA, privilégiant plutôt ceux de la Ligue arabe ? En quoi ce pays peut-il défendre les positions africaines ? D’autres pays sont régulièrement invités à participer aux débats. C’est le cas de l’Ethiopie pour le climat, du Sénégal pour le NEPAD. En tant que président de la Commission de l’UA, Jean Ping, accompagne aussi pendant ce type de rencontres, le président en exercice de l’UA. C’est une sous-représentation aussi bien en qualité qu’en quantité pour les 53 pays membres de l’UA qui comptent parmi les plus pauvres de la planète et dont le PIB ne devrait plus être le seul critère de représentativité, d’autant plus que certains économistes remettent en question cet outil de quantification devenu inapproprié. L’économie informelle ou si l’on veut souterraine, occupe encore une place notable dans toutes les économies africaines.

Si on continue de ne considérer que les pays riches avec leur PIB, cela revient à poursuivre la logique de la fin de la deuxième guerre de 1945, qui avait donné naissance au FMI et à la Banque mondiale dont les mauvaises politiques se font sentir dans le fonctionnement des économies africaines et tiers-mondistes. Au 21e siècle, il faudrait innover, les données générales du monde elles-mêmes ayant fondamentalement changé. Sinon, ne parlons plus de village planétaire dans lequel l’Afrique aurait un grand rôle à jouer : outre son très riche sous-sol, notons que c’est par ce continent que s’engagera la lutte pour le sauvetage de la planète menacée par le dérèglement climatique. A Copenhague, en décembre, la forêt africaine et amazonienne, pourrait être consacrée « patrimoine de l’humanité ». Mais pour quelle contrepartie ?

Il faut que les Africains cessent de se coucher devant les pays du G 8 s’ils veulent que ces derniers ne continuent pas à voir l’Afrique comme une simple contrée où ils viennent piller à vil prix les innombrables matières premières stratégiques. G 8 ou G 20, les choses évoluent sans changement de fond. Il y a donc à craindre que rien ne puisse aller dans le sens des aspirations africaines dans le cadre de ce « nouveau » forum. Aux Africains de défendre leurs intérêts. Personne ne viendra le faire à leur place.

L’avenir du monde se trouve dans la multilatéralité. La bipolarité n’a conduit l’Afrique nulle part depuis les années 60. Autrement dit, l’Afrique ne doit pas cesser de regarder vers le Nord mais elle doit aussi jeter de véritables ponts de coopération et de solidarité avec tous les pays émergents sans exception : la Chine, l’Inde, le Brésil, et bien d’autres. C’est pourquoi il faut mettre du concret dans les Sommets Afrique-Amérique du Sud dont le deuxième vient de se tenir au Vénézuela chez le camarade Chavez. Hugo Chavez, Luiz Lula Inacio da Silva et autres Evo Morales, peuvent être taxés de tous les maux par les Occidentaux. Mais pour nous, ils doivent être considérés comme des partenaires que l’Afrique écoute et avec qui elle travaille avec sérieux et méthode pour avancer ensemble. Car avec les pays du G 8, on ne fait que reculer. Le comprendre serait le début du commencement de la sagesse de ceux qui nous dirigent.

 

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AU SECOURS DES IDEES                                               Par Paul TEDGA

 

 

AFRIQUE : QUI A PEUR DE LA CHINE ? 

Image La Chine fait l’objet d’attaques les plus ignobles venant de nos partenaires occidentaux depuis qu’elle a montré son réel intérêt de coopérer avec le continent africain. Ces attaques sont totalement infondées parce que les pays africains sont libres de nouer des partenariats avec qui ils veulent. Ce n’est pas à l’Union européenne, ni à la Maison Blanche, ou à leurs démembrements financiers que sont le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, de nous dire ce qu’il faut faire. Vaste continent comprenant 53 pays avec un sous-sol immensément riche que certaines études évaluent à plus de 50.000 milliards de dollars, l’Afrique a de la place pour tout le monde. Nos partenaires occidentaux n’arrivant pas, faute de moyens et de volonté politique, à satisfaire le rythme de nos besoins, c’est inacceptable d’empêcher les pays émergents d’entreprendre en Afrique où les besoins sont énormes, ce que les Occidentaux n’arrivent pas à réaliser. Nous disons donc, bienvenue aux Occidentaux de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Mais nous disons aussi, bienvenue aux Chinois, aux Brésiliens, aux Indiens, aux Sud-Coréens, aux Russes, aux Vénézueliens, aux Iraniens, aux Cubains, à tous ceux qui cherchent de bonnes opportunités d’investissement. L’Afrique n’a pas que du pétrole, du gaz et des diamants, elle regorge d’autres métaux rarissimes comme l’uranium alors que le nucléaire militaire lui est interdit. Plus important, c’est par et grâce à elle, que la communauté internationale réussira à vaincre le délicat problème du réchauffement climatique. Les Africains devraient donc être particulièrement exigeants vis-à-vis des Occidentaux qui leur donnent des leçons à longueur de journées.

Ce sont ces derniers qui disent souvent que « l’argent n’a pas d’odeur ». Pourquoi l’argent des Chinois devrait-il avoir une odeur quand il s’agit des Africains ?

Il faut soutenir l’accord de 10 milliards de dollars de prêts bonifiés que la Chine vient d’accorder aux pays africains lors du Forum Chine-Afrique de Charm el-Cheikh en Egypte. Objectif défini par le premier ministre chinois Wen Jiabao présent à cette rencontre : « aider l’Afrique à développer ses capacités financières ». Ces prêts, selon lui, font partie d’une série de mesures prises sur les trois années à venir pour renforcer la coopération sino-africaine. Bien entendu, le premier ministre chinois évacue d’un revers de la main les critiques venant des ONG du Nord selon lesquelles la Chine serait uniquement intéressée par l’Afrique pour nourrir les besoins de son économie en pleine croissance. Par rapport à cette accusation, il rassure : « Quels que soient les changements sur la scène internationale, notre amitié avec le peuple africain ne changera pas, notre politique de soutien à la croissance économique et sociale en Afrique ne changera pas ». Voilà qui est bien dit.

C’est dans la logique de cette coopération que la Chine compte exempter de droits de douanes

95% des produits des pays africains les moins développés ayant des relations diplomatiques avec elle. Dès 2010, cette opération démarrera avec 60% des produits concernés.

Selon les statistiques officielles chinoises, les investissements directs chinois sur le continent africain, sont passés de 491 millions de dollars en 2003 à 7,8 milliards de dollars fin 2008. Les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont quant à eux décuplé depuis le début de la décennie pour atteindre 106,8 milliards de dollars en 2008.

La Chine a réussi à combler le vide laissé par la disparition de l’Union Soviétique. Pendant une bonne quinzaine d’années, les pays africains n’avaient le choix que de s’aligner derrière les pays occidentaux. Avec l’arrivée de la Chine (qui fait mieux dans beaucoup de domaines que les traditionnels partenaires occidentaux), la donne a radicalement changé dans la mesure où l’offre se diversifie. La Chine fait mal : là où l’entreprise européenne  par exemple soumissionne pour 1 million de dollars, sa concurrente chinoise propose la moitié. Conséquence, les entreprises chinoises raflent les marchés ayant trait à la réalisation de grandes infrastructures (stades, palais de sports ou de congrès, routes, grands ensembles hospitaliers ou d’habitation, etc.). Elles se lancent même de plus en plus dans l’agriculture pour aider les pays africains à devenir autosuffisants et à exporter le surplus …en Chine ou ailleurs. Et puis, sur le plan de la conduite des affaires politiques, la Chine n’ennuie personne. En outre, elle détient le plus grand réservoir financier du monde que les Occidentaux sont les premiers à lorgner. Comment veut-on que l’Afrique ignore un tel partenaire ? Nous disons donc Oui à la Chine.

 

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AU SECOURS DES IDEES                                               Par Paul TEDGA

 

INTEGRATION : L’AFRIQUE CENTRALE MARCHE A RECULONS 

Image Devrait-on s’en étonner ? Les dix pays de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale) se sont séparés, samedi 24 octobre, après une demi-journée de travail, à Kinshasa, en République démocratique du Congo, avec un nouveau catalogue de bonnes intentions qui ne seront sans doute jamais réalisées. Sept des dix chefs d’Etat se sont déplacés, faisant parfois plus de deux heures de vol, juste pour une photo de famille ? Car la CEEAC que le Rwanda de Paul Kagame a quittée pour dénoncer son inefficacité au profit de la SADC qui comprend les pays d’Afrique australe dont le très dynamique pays de Jacob Zuma, est un véritable « machin » à palabres. On ne peut pas reprocher à Paul Biya, José Eduardo Dos Santos et Pierre Nkurunziza de n’y être pas allés. La CEEAC n’arrive même pas à payer ses factures parce que les Etats membres accusent d’importants impayés de leurs cotisations. Comparée à la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), la CEEAC est une honte au regard du dynamisme et des performances de sa consoeur de l’Afrique de l’Ouest. Il en  est de même de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) dont les deux principaux outils monétaires et financiers, à savoir, la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique centrale) et la BDEAC (Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale), sont devenus des instruments d’enrichissement illicite de leurs principaux responsables. Heureux que le nouveau président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, ait pris la courageuse initiative de rappeler le gouverneur gabonais de la BEAC au pays afin qu’il y soit jugé. Il voudrait par ailleurs proposer son remplacement à ses pairs par un autre haut fonctionnaire gabonais digne de plus de confiance pour qu’il termine au moins le mandat de son prédécesseur. Qu’en sera-t-il de la BDEAC où la situation financière est encore plus fragile mais où règne une atmosphère de laisser-aller et un laisser-faire qui a poussé ses responsables à effectuer des opérations sans contrôle et sans respecter les statuts de l’institution. Conséquence, la BDEAC accuse une grosse perte en 2008 de 11 milliards de f cfa. Si elle n’était pas une émanation directe des Etats de la CEMAC, la COBAC l’aurait déjà mise sous surveillance.

Le plus malsain, c’est que son président a cherché à dissimuler cette contreperformance. En effet, à Libreville où feu le patriarche réunissait ses homologues au début de l’année pour parler des méfaits provoqués par des placements de la BEAC chez Madoff, les dirigeants de la BDEAC s’étaient bien gardé de signaler la situation de leur Banque qui est beaucoup plus gravissime. Il faut que les chefs d’Etat s’en préoccupent parce que la surface financière de la BDEAC  est nettement plus préoccupante que celle de la BEAC qui mobilise toutes les attentions. Depuis la découverte de ce pot aux roses, aucune sanction n’a été prise contre la BDEAC. Son président, Anicet Georges Dologuélé, se répand dans les journaux où il multiplie des contrevérités (lire notre enquête sur la BDEAC, page 25 ).

Des bévues, comme celles commises à la BEAC et à la BDEAC, sont inimaginables en Afrique de l’Ouest où la surveillance des chefs d’Etat sur la BCEAO et la BOAD est plus marquée. On n’imagine pas Philippe-Henry Dacoury-Tabley, le gouverneur de la BCEAO, et le président de la BOAD, Abdoulaye Bio Tchané, se comporter comme des roitelets à la tête de leurs institutions. Ils travaillent sous les ordres des chefs d’Etat alors que leurs collègues d’Afrique centrale évoluent en électrons libres. C’est désespérant de constater que l’impunité en Afrique centrale  atteint des sommets de la mal gouvernance au point que les institutions qui devaient donner le bon exemple, se fichent éperdument des performances qu’elles peuvent réaliser. Quand on est désigné gouverneur de la BEAC ou président de la BDEAC, on ne rend compte réellement à personne et on n’en fait qu’à sa tête. C’est vraiment triste.

 

Nous osons penser que la CEMAC, dans les prochaines semaines, à Bangui, nous permettra, grâce à ses décisions importantes prises sur la BEAC et la BDEAC, de reprendre bon espoir.

 

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AU SECOURS DES IDEES                                               Par Paul TEDGA

 

 

MEDIATION EN GUINEE  : IL FAUT SOUTENIR BLAISE COMPAORE

Image  Médiateur de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), le président  du Burkina Faso, le capitaine Blaise Compaoré, a soumis, jeudi 19 novembre soir, une proposition de sortie de crise aux deux délégations du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, au pouvoir à Conakry) et des « Forces vives » guinéennes. Ce document de 12 pages proposait la mise en place d’un Conseil national de transition de 150 membres présidé par le CNDD, avec un vice-président issu des « Forces vives ».

Le médiateur propose également la formation d’un gouvernement d’union nationale avec un premier ministre issu des rangs des « Forces vives ». Le calendrier de la transition s’échelonnerait sur 10 mois, jusqu’en octobre 2010. Les membres du Conseil national de transition, du gouvernement et des forces de défense et de sécurité, qui voudront se présenter à l’élection présidentielle devront avoir démissionné de leurs fonctions quatre mois avant la date du scrutin.

Si les propositions de Blaise Compaoré ont donné satisfaction au camp du président Moussa Dadis Camara, il n’en est pas de même de celui des « Forces vives ». Pour l’opposition, en effet, la question du départ du capitaine Moussa Dadis Camara et de l’ensemble de la junte militaire au pouvoir, « n’est pas négociable ». Elle refuse donc « d’accepter que ceux qui ont tué 200 Guinéens dirigent encore la Guinée pendant 10 mois. En plus, ils pourront à leur aise, se présenter à la prochaine présidentielle. Or, Monsieur Compaoré sait très bien que c’est la question de la non candidature du capitaine Camara qui a conduit au massacre du 28 septembre », soutient-on dans l’opposition.

Cette attitude des « Forces vives » n’est pas très responsable. Elle est surtout irréaliste. Car tenir de tels propos, c’est oublier que la Guinée est actuellement dirigée par une junte militaire qui a suspendu la constitution, que la communauté internationale n’est pas prête à la faire partir de force à cause des moyens à mettre en œuvre. Et que la seule façon de procéder, c’est de négocier avec elle, en tenant compte de ses préoccupations et, surtout, du fait qu’elle gère actuellement le pouvoir que recherche l’opposition. La médiation de Blaise Compaoré est donc loin d’être simple.

Certes, cette junte a procédé récemment à un massacre. Mais ce fait à lui seul est-il de nature à émouvoir la communauté internationale au regard des massacres qui se perpétuent impunément et régulièrement partout ailleurs en Afrique ? Les « Forces vives » doivent donc rester mesurées et réalistes dans leurs revendications.

Les « Forces vives » ne gagneraient pas à se braquer contre le médiateur dont les états de service dans les dossiers de Côte d’Ivoire et du Togo, sont parlants. Personne ne leur donnerait raison. Elles auraient au contraire tout intérêt à négocier ferme en arrachant des avancées qui leur sont favorables tout en exigeant que toutes les dispositions de l’accord soient appliquées. Autrement dit, l’opposition fera partir la junte en renforçant la position du médiateur et non en cherchant à l’affaiblir à travers des blocages qui ne peuvent que la desservir.

Si la communauté internationale voulait réellement s’impliquer dans des dossiers africains au point d’y trouver des solutions adéquates comme on semble l’observer en Afghanistan et hier dans les Balkans, par exemple, cela se serait forcément vu en Mauritanie. Pourtant, le général Aziz a mené toute la communauté internationale en bateau, de bout en bout, au point qu’on lui déroule aujourd’hui le tapis rouge de par le monde. Alors qu’au départ, il n’est qu’un putschiste.

L’exemple de la Mauritanie risque de se répéter en Guinée où l’appétit venant en mangeant, il n’est pas exclu que le capitaine Moussa Dadis Camara profitant des atermoiements des « Forces vives » s’engouffre dans la brèche et fasse monter les enchères, sachant qu’il existe des chefs d’Etat en Afrique et non des moindres qui soutiennent sa candidature à la présidentielle. Alors, un petit conseil aux « Forces vives » : Blaise Compaoré sait plus que quiconque qu’on ne traite pas un gouvernement militaire comme on peut traiter les civils. Les « Forces vives » si elles veulent gagner leur pari d’accéder au pouvoir doivent absolument coopérer avec lui.

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