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AU SECOURS DES IDEES Par Paul TEDGA AFRIQUE DU SUD : ET SI NELSON MANDELA S’ETAIT ACCROCHE AU POUVOIR ? Invoquant l’héritage de Nelson Mandela, le premier président noir de l’Afrique du Sud et père de la démocratie sud-africaine moderne, la ministre des Affaires étrangères de la nation arc-en-ciel, Maite Nkoana-Mashabane, a lancé, vendredi 16 juillet, au siège des Nations-Unies, à New York, un appel en faveur de l’élection de son pays au Conseil de sécurité en 2011-2012, en tant que membre non permanent. Cinq membres permanents, pourvus du droit de veto, siègent au Conseil de sécurité (Grande Bretagne, Chine, France, Russie et Etats-Unis) et 10 membres non permanents, sont élus pour deux ans. L’Afrique du Sud a siégé au Conseil de sécurité pour la dernière fois en 2007-2008. Il n’y a donc pas très longtemps. Mais Pretoria voit les choses sous un autre angle : « Nous souhaitons au nom de Mandela continuer à contribuer et à œuvrer pour la paix », en 2011-2012, pas seulement en Afrique, mais dans le monde entier, a soutenu le chef de la diplomatie sud-africaine, faisant prévaloir l’intérêt de la Mission conférée à son pays au regard de son passé et de son présent. Maite Nkoana-Mashabane n’a pas lancé son appel le 16 juillet aux Nations-Unies par hasard. En effet, deux jours, plus tard, dimanche 18 juillet, non seulement, l’Afrique du Sud fêtait le 92e anniversaire de Nelson Mandela, mais le monde entier, de son côté, célébrait la première « Journée internationale Nelson Mandela », les Nations-Unies ayant décidé, en novembre 2009, de rendre hommage, chaque 18 juillet, à son combat pour la paix et la liberté. Dans le domaine du sport, et singulièrement, du football, le nom de Nelson Mandela a, également, permis à l’Afrique du Sud de faire la différence. C’est grâce à lui que le président de la FIFA (Fédération internationale de football association), le Suisse Sepp Blatter, a soutenu mordicus l’idée d’une coupe du monde en Afrique. Il voulait, bien que l’Afrique du Sud ne soit pas une (très) grande nation de football, rendre hommage à l’Homme Mandela. La coupe du monde de football qui vient de s’y dérouler du 11 juin au 11 juillet 2010 a connu un succès tel que, même des pays rôdés dans cet exercice comme l’Allemagne, l’Italie ou le Brésil, auraient difficilement pu faire mieux. C’est fort de du succès incontesté de l’organisation de cette Coupe du monde, et toujours en hommage à Nelson Mandela, que le président du CIO (Comité international olympique), le Belge Jacques Rogge, a d’ores et déjà annoncé son soutien personnel à la candidature (actuellement à l’étude) de l’Afrique du Sud, à l’organisation des Jeux Olympiques de 2020. Ce sera là, aussi, une première en Afrique. On souhaite que Madiba soit encore de ce monde en 2020. Sinon, on se souviendra que c’est grâce à lui que l’Afrique du Sud est honorée. Dans d’autres domaines tout aussi importants que l’industrie, l’agriculture, les Nouvelles technologies de l’information et de la communication, le tourisme, l’Afrique du Sud occupe les premiers rôles en Afrique, ce qui lui vaut d’appartenir, d’office, au G20, et d’être consultée pendant toutes les négociations qui ont une incidence sur l’humanité. Ceci n’est pas le fait du hasard, mais grâce à Nelson Mandela. Car après avoir passé 27 ans dans les geôles du régime raciste de 1962 à 1990, et 5 ans de 1994 à 1999 à la présidence de la nouvelle Afrique du Sud démocratique, avant de (volontairement) laisser la place à Thabo Mbeki, il a fortifié son mythe et tracé la voie que suit aujourd’hui le pays. En même temps, il a contredit de la plus belle des manières le discours raciste selon lequel « les Sud-Africains noirs ne sauront jamais gouverner le pays efficacement ». Aujourd’hui, tout le monde est unanime à dire que c’est faux. En réalité, si Nelson Mandela a pu faire hisser l’Afrique du Sud au firmament des superlatifs, c’est uniquement parce qu’il a refusé de s’accrocher au pouvoir. En partant volontairement des affaires, après seulement 5 années d’exercice du pouvoir suprême, il ne s’est pas laissé corrompre et s’en est allé sans se lier les mains, en Homme libre qui suscite admiration et respect. Il a à jamais marqué l’Histoire du Monde. L’Afrique en est fière.
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