AIDE AMERICAINE : Déshabiller Hillary pour habiller Melanie ?

Dans une lettre ouverte adressée à l'administration du président américain, Donald Trump, The Washington Post appelle celle-ci à avoir plus de considération pour la Tunisie. Intitulé "Trump has sent the right signal to Egypt. But there’s more he needs to do" ("Trump a envoyé le bon signal à l'Egypte mais il peut faire encore plus"), le billet du Washington Post indique que l'Egypte est le seul pays à ne pas voir l'aide américaine dans le budget 2018 baisser contrairement à tous les autres pays, et ce malgré que ce soit l'un des régimes "les plus sévèrement répressif de l'histoire moderne du monde arabe" mais également un "collaborateur du régime nord-coréen".

En comparaison, "la Tunisie qui est le seul pays démocratique du printemps arabe, ayant un gouvernement désireux de coopérer avec les Etats-Unis contre le terrorisme, va voir une baisse de 67%" de l'aide américaine, note le média.

Appelant le Congrès et l'administration Trump à revoir l'aide fournie à l'Egypte, le Washington Post propose qu' "une partie de l'aide retenue soit transférée vers la Tunisie".

"Pourquoi ne pas récompenser un pays qui lutte pour sa démocratie qui, contrairement, à son voisin, est désireux de s'associer avec les Etats-Unis ", conclut le média ?

En visite aux Etats-Unis, au mois de juillet dernier, afin de pousser l'administration Trump à ne pas baisser son aide à la Tunisie, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, avait affirmé que "toute révision à la baisse de l'aide sécuritaire et économique américaine à la Tunisie risque d'envoyer un message négatif aux organisations terroristes quant aux capacités et à la promptitude des forces sécuritaires et militaires tunisiennes".

Cette semaine, Donald Trump a, indirectement, répondu au Washington Post en téléphonant au président égyptien, Abdel Fattah el-Sisi, pour le féliciter pour ses efforts dans la lutte contre le terrorisme. Trump l'a, aussi, rassuré de la sollicitude des Etats-Unis en vue de l'augmentation de l'assistance envers son pays et l'a enjoint de choisir les angles de cet appui. Il faut ajouter que, contrairement, au président tunisien, Béji Caïd Essebsi, el-Sisi avait été l'un des rares chefs d'Etat du Monde arabe à miser, dès le départ, sur la victoire de Donald Trump. Ce dernier s'en est rappelé en le recevant, quelques jours, après son investiture (notre photo).

D'autre part, sur le plan stratégique, le lobbying de Washington Post sonne faux quand on connaît le rôle que joue l'Egypte au Nord de l'Afrique et au Moyen-Orient où il est un contrepoids puissant au fondamentalisme des Mollahs d'Iran et des Frères musulmans, que soutient entre autres le Qatar. Le Qatar qui, justement, est l'un des plus grands financiers de l'Etat islamique, dont les éléments, disséminés au sein de la société tunisienne, freinent, considérablement, son développement touristique. C'est, aussi, cet Etat islamique qui organise des attentats en Egypte pour éloigner les touristes occidentaux.

Après la chute du président, Ben Ali, la déstabilisation de la Tunisie a pu être contenue, la taille du pays ayant aidé. Par contre, si l'armée n'avait pas pris le pouvoir en Egypte, pays qui a vu, aussi, son président balayé par le Printemps arabe, personne ne sait ce que serait devenu le Nord de l'Afrique avec une Libye, totalement, déstructurée comme on le voit aujourd'hui.

Conclusion : c'est bien que Trump soutienne l'Egypte et y augmente son aide, ce qui ne veut pas dire que celle de la Tunisie devrait forcément diminuer.

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