ALGERIE : Le parti FFS conseille aux généraux d'imiter les généraux soudanais

Le modèle de résolution de la crise soudanaise va-t-il faire école ? Le Front des forces socialistes (FFS) algérien, doyen des partis d'opposition, a appelé, lundi, 19 août, les autorités et l'armée algériennes à s'inspirer de l'exemple soudanais et ouvrir des négociations sur une «transition démocratique» pour résoudre la crise politique en Algérie. Prise un peu de court par cette demande, l'armée, principale concernée dans la mesure où c'est elle qui tient réellement les rênes du pays, n'a pas, encore, réagi, pas plus que le président par intérim.

A Khartoum, les militaires au pouvoir et les meneurs de 8 mois de contestation massive ayant abouti en avril à la destitution du président, Omar el Béchir, au pouvoir depuis 1989, ont signé, samedi, 17 août, un accord organisant une période de transition et ouvrant la voie à un transfert du pouvoir aux civils. En Algérie, le «Hirak», mouvement de contestation déclenché le 22 février a chassé Abdelaziz Bouteflika de la tête de l'Etat qu'il occupait depuis 1999. Mais, il continue de réclamer le démantèlement des institutions héritées d'Abdelaziz Bouteflika au profit d'institutions de transition. Une revendication catégoriquement rejetée par le pouvoir, toujours, aux mains d'anciens fidèles du président déchu.

«L'exemple soudanais devrait inspirer les tenants du pouvoir réel en Algérie et les inciter à ouvrir un dialogue sérieux, inclusif, transparent et sans préalables, pour une transition démocratique effective», estime le FFS dans un communiqué. Par «pouvoir réel», le FFS désigne le haut commandement de l'armée algérienne, longtemps, véritable organe de décision en Algérie et revenu aux commandes depuis la démission le 2 avril du président Bouteflika qui avait affaibli son influence.

Pour sortir de la crise, le pouvoir algérien a lancé un «dialogue» limité aux seules modalités d'organisation d'une présidentielle devant élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika, un scrutin refusé par le «Hirak» qui craint des fraudes et ne serve qu'à maintenir le «système» en place. Le FFS réclame, aussi, des «mesures d'apaisement nécessaires à la réussite d'un tel dialogue comme la libération des détenus d'opinion et le respect des libertés d'expression, de réunion et de manifestation», des mesures, également, réclamées par le Hirak et rejetées par le chef d'état-major de l'armée, le général, Ahmed Gaïd Salah, véritable homme fort du pays et détenteur du véritable pouvoir dans le pays.

Le parti, fondé en 1963, «rend hommage au peuple soudanais, à sa classe politique et à sa société civile» dont la «mobilisation et les sacrifices ont réussi à infléchir la junte militaire, qui refusait toute transition et tout transfert de pouvoir aux civils» et permet d'«entrevoir un début de solution à sa crise politique».

Le FFS souhaite qu'il en soit de même en Algérie.

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