CAMEROUN : Deux cents membres de Boko Haram se rendent aux autorités avec armes et bagages

C'est une bonne nouvelle pour le pouvoir de Yaoundé qui lutte contre le terrorisme à l'Est (rebelles centrafricains dont des ex-Sélékas et des anti-balakas), au Nord-Est et au Sud-Est contre les Ambazoniens (séparatistes camerounais soutenus par quelques mercenaires du Nigeria au nom de l'internationalisme du crime) et à l'Extrême-Nord (Boko Haram). A l'Est du Cameroun, les rebelles centrafricains sont contenus et ne constituent, réellement, plus une menace. Au Nord-Est et au Sud-Est, l'armée camerounaise n'a pas encore trouvé une parade efficace pour mettre les Ambazoniens hors d'état de nuire juste parce qu'il s'agit, dans leur écrasante majorité, de Camerounais qui n'ont pas de marqueur particulier sur le visage. La difficulté est que, citoyens comme tout un chacun qui vaquent à leurs occupations le jour, la nuit, parfois, ils se transforment en Ambazoniens actifs ou passifs, avant de créer des exactions. Dans l'Extrême-Nord, Boko Haram, qui fait la pluie et le beau temps dans le Nord-Est du Nigeria, est, complètement, contenu au Cameroun où il n'a, jamais, réussi, à prendre un cm² du territoire national. Mieux pour le gouvernement camerounais, voyant qu'ils n'ont aucun avenir à rester enrôlés dans ce mouvement, 200 de ses membres viennent de se rendre, avec armes et bagages, aux autorités camerounaises.

Originaires du département du Mayo Sava, dans la région de l’Extrême-Nord, 187 ex-djihadistes sont, pour la plupart, rentrés à pied du Nigeria voisin et se sont rendus aux autorités des villes de Kolofata et Mémé.

Mercredi, 13 février, ils ont été amenés à la base de la Force mixte multinationale (FMM) mise en place par le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et le Niger pour lutter contre Boko Haram, né au Nigeria, mais, qui opère, régulièrement, dans ses pays frontaliers.

"Ils ne courent aucun danger, aucun risque, au contraire, tout sera mis en œuvre pour les ré-socialiser, leur inculquer l’esprit du patriotisme, du civisme", a déclaré le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, Midjiyawa Bakari.

Un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des anciens djihadistes de Boko Haram a été mis en place pour leur permettre de reprendre une vie normale.

Un millier de ces ex-djihadistes sont rentrés au Cameroun depuis un appel en ce sens lancé il y a un an par le président Paul Biya, selon des sources militaires.

La semaine dernière, environ, 200 d'entre eux, parmi lesquels des enfants de moins de 15 ans, avaient, déjà, été amenés au camp de la FMM de Mora.

Après des enquêtes pour tenter de s'assurer qu'ils ont, définitivement, rompu les liens avec Boko Haram, ces ex-djihadistes seront transférés dans la localité de Mowouré, dans l’Extrême-Nord, où un terrain de 13 hectares leur a été alloué.

Mais tout ne se passe pas toujours comme prévu. Des habitants de Mora n'ont pas caché leur inquiétude, "car certains ex-combattants regagnent directement leurs familles et commettent des exactions ou des vols avant de (se) fondre dans la nature", s’est offusqué l'un d'eux, Ousmane Djouba. C'est la preuve que la réinsertion n'est pas un long fleuve au cours tranquille.

Depuis son apparition, il y a neuf ans, Boko Haram, actif dans les pays frontaliers du Lac Tchad (Nigeria, Cameroun, Niger et Tchad), a provoqué la mort d'au moins 20.000 personnes.

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