CONGO-BRAZZAVILLE : La France sérieusement égratignée dans l'ouvrage de Me Maurice Massengo Tiassé

« L'autopsie d'un Etat totalitaire : Crimes d'un génocidaire Sassou Nguesso, Accusé, Répondez ! » est disponible depuis ce vendredi, 6 septembre, en France. Un pavé de 486 pages signé de Me Maurice Massengo-Tiassé, docteur d'Etat en droit, vice-président de la Commission nationale des droits de l'homme du Congo, actuellement, en exil involontaire en France. Sans jeu de mots, l'ouvrage est un réquisitoire tel qu'on n'en a plus vu depuis l'ère de feu le maréchal, Mobutu Sese Seko (ex-Zaïre actuelle République démocratique du Congo) et de feu le général, Idi Amin Dada (Ouganda).

La liberté de ton de l'auteur ne se manifeste pas seulement chez les Africains. La France et ses dirigeants successifs en prennent pour leur grade. Dans le sous-chapitre intitulé « François Hollande est solidairement responsable du génocide au Congo », l'auteur n'y va pas de main morte : « Avec Hollande et son dauphin Macron, Denis Sassou Nguesso ne craint absolument rien. Il a très facilement pris l'ascendant sur eux car ils sont très dociles et n'ont pas la poigne et le charisme de Sarkozy ».

Parlant de François Hollande, Maurice Massengo-Tiassé l'accuse « qu'en donnant son feu-vert à Denis Sassou Nguesso d'organiser son pseudo-référendum (en octobre 2015), autrement dit, d'organiser son coup d'état constitutionnel, François Hollande, et donc, la France, porte la responsabilité historique d'asséner le coup fatal au peuple congolais. Il s'associe ainsi au crime sans impunité ». Cette accusation à l'endroit de l'ancien président français est très grave. L'auteur se justifie, cependant, en indiquant que « Le silence de la France face à ce génocide du Pool (post-élection présidentielle de mars 2016) qui, comme chacun le sait, est la conséquence directe de ce permis de tuer et de massacrer qui avait été accordé à Denis Sassou Nguesso par François Hollande ».

Pour Massengo-Tiassé, « François Hollande et son dauphin Emmanuel Macron et leurs amis très hypocrites de la gauche ont toujours accusé Nicolas Sarkozy d'avoir, je cite 'foutu le bordel en Libye' mais ils se sont toujours gardé de dire que 'François Hollande a foutu lui aussi le bordel au Congo en accordant à Denis Sassou Nguesso le permis de tuer et de massacrer son peuple en toute impunité'. La constitution du 25 octobre 2015, imposée aux Congolais et reconnue par la France mentionne bien à son article 96 l'impunité et l'irresponsabilité de Sassou pour ses crimes ».

En fermant les yeux sur ce crime de génocide avéré, le président Macron a, également, choisi de rester sur la même ligne que son mentor François Hollande. « Voilà pourquoi Emmanuel Macron qui n'ignore point l'existence de ce génocide du Pool comme en témoignent d'ailleurs les images satellitaires dont il a forcément eu connaissance bien avant tout le monde, continue de considérer le génocidaire Denis Sassou Nguesso – qui a commis des crimes contre l'humanité et devrait se retrouver à la CPI -, comme un homme fréquentable et le grand interlocuteur de la France sur les questions de paix en Afrique », relève, ironiquement, Maître Maurice Massengo-Tiassé.

D'où son constat suivant : « Avec l'argent des Congolais, Sassou corrompt tout le monde. Macron ne peut rien faire, tant que la diplomatie française sera entre les mains de M. Yves Le Drian ».

Ce dernier, perçu comme un ami personnel très proche du dictateur (5 étoiles) du Congo-Brazzaville, est, par conséquent, invité à changer de fusil d'épaule. Car son image en tant que chef de la diplomatie française ne passe pas du tout sur le continent noir.

Maurice Massengo-Tiassé termine ses récriminations contre la France par quelques notes d'ordre moral : « La France doit retrouver les valeurs humanitaires en favorisant une vraie démocratie en Afrique... La France a abandonné le principe de la conditionnalité de l'aide française aux seuls pays engagés dans le processus démocratique, de la bonne gouvernance, de l'alternance politique et du respect des droits de l'homme... La coopération internationale ne doit pas être une générosité sournoise qui encourage des dictateurs entretenus aux frais des contribuables français ».

Et d'asséner pour terminer : « La fortune personnelle de certains dirigeants tyranniques comme Sassou Nguesso, dépasse largement la dette extérieure et intérieure de leur pays... En ne favorisant pas la démocratie en Afrique, dans un avenir futur, la France risque de se refermer sur elle-même et abandonner les marchés africains à ses concurrents qui aggraveront ses difficultés économiques ».

Après une visite officielle de soixante douze heures en France, le président du Congo-Brazzaville devait rentrer, samedi, 7 septembre, à Brazzaville, selon un agenda communiqué en début de semaine. Mais, finalement, la queue basse, il a écourté son séjour de 24 heures. Officiellement, il est parti suivre les préparatifs du Forum Investir en Afrique de la semaine prochaine. En réalité, on sait que son séjour à Paris ne s'est pas bien passé. Ce n'est pas le triomphalisme qu'il attendait. C'est le moins qu'on puisse dire. Une fois de plus, l'opposition a réussi à gâcher son séjour, bien qu'il ait pris toutes les peines du monde en venant incognito (vol Brazzaville-Paris de nuit et atterrissage aux premières heures de la matinée pour éviter les manifestants). Il est rentré en se posant de sérieuses questions sur son avenir en tant que président du Congo.

Pendant ses entretiens avec ses interlocuteurs, Emmanuel Macron et Jean-Yves Le Drian, il a parlé de la Libye (dossier dans lequel la responsabilité française à travers l'action de Nicolas Sarkozy est directement engagée), mais aussi, du Fonds Bleu et de la forêt du Bassin du Congo, des investissements français au Congo où la Chine va organiser le Forum « Investir en Afrique » la semaine prochaine avec la participation de la Banque mondiale, et d'autres sujets comme l'avenir du F CFA dans la zone BEAC à l'heure où l'UEMOA est en passe d'abandonner cette monnaie, en 2020, au profit de la monnaie ECO pour l'ensemble de la CEDEAO.

Ses interlocuteurs lui auraient demandé de libérer ses prisonniers politiques dont André Okombi Salissa et Jean-Marie Michel Mokoko, qu'il maintient arbitrairement en prison alors qu'ils l'ont, correctement, battu à la présidentielle de mars 2016 à laquelle ils étaient candidats.

En contrepartie, le dictateur 5 étoiles a souhaité que ses interlocuteurs ferment les yeux (comme Hollande en 2016) lors du passage en force qu'il compte organiser lors de l'élection présidentielle de mars 2021.

Mais, on lui aurait, plutôt, demandé, de passer la main en s'abstenant de faire acte de candidature lui-même. Il aurait réservé sa réponse pour plus tard...

Conditions d'achat de l'ouvrage :
« L'autopsie d'un Etat totalitaire – Crimes d'un génocidaire Sassou Nguesso, accusé, répondez » !
Prix : 40 euros par chèque à l'ordre d'Afrique Education (Afrique Education 3, rue Carvès 92120 Montrouge : Cel. 00.336.19.41.17.06 numéro sur Whatsapp et Viber)
Ajouter frais de port (France) : 6 euros par exemplaire
Frais de port (Europe, Afrique, Amérique et Asie ) : 14 euros par exemplaire.

Paiement possible par mandats rapides (Western Union et Money Gram) : s'adresser à afriqueeducation@afriqueeducation.com

Commentaires

Ku Ibiti (non vérifié)
Vous vous imaginez en train de lire un ouvrage pareil en plein coeur de Brazzaville?! Cela causera certainement des urticaires aux tenants du pouvoir...le grand feuilleton de l'amorce de la chute tant attendue de DSN a enfin commencé.
Paul (non vérifié)
Je ne suis pas contre son ouvrage vis a vis de ce pouvoir sanguinaire benit par la France.Une chose que je voudrais tout simplement dire a maitre Tiasse,ce n'est pas le meme Tiasse qui a soutenu le coup d'Etat de ce criminel en 1997? Comment peut on prendre au serieux nos politiciens africain? Massengo Tiasse,va d'abord demander pardon a Lissouba.

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