CORONAVIRUS : L'OMS remet Trump à sa place et devant ses responsabilités

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), accusée par le président américain, Donald Trump, d'être trop proche de la Chine et de mal gérer la pandémie, n'entend pas se laisser faire. Pour masquer ses insuffisances et manquements, le président américain a cru bon de se défausser sur l'OMS pensant, à tort, qu'elle n'aurait pas de mots suffisamment forts pour se défendre. Que non ! L'OMS, sans autre forme de procès, a répondu du tac au tac en dénonçant, avec vigueur, une «politisation» de la crise de la part d'un président (américain) qui, dans un premier temps, avait nié l'existence du virus avant de le prendre à la légère, préférant, par la suite, jouer sur des formules théâtrales du genre « Virus chinois » pour amuser la galerie, au lieu de définir des mesures énergiques pour y faire face. En organisation responsable, l'OMS a profité de cette mise au point sur les très déplacés propos de Trump pour en appeler à sa responsabilité. «Ne politisez pas le virus. Pas besoin d'utiliser le COVID pour marquer des points politiques», a, sèchement, répliqué, au cours d'une conférence de presse virtuelle le charismatique patron de l'OMS, l'Ethiopien, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au président américain. Et d'ajouter à l'endroit du fou de la Maison Blanche : Cessez de «jouer avec le feu». Comme s'il s'adressait à un petit enfant irresponsable de cinq ans, qui ignore que le feu brûle.

L'OMS et son patron ont reçu, mercredi, 8 avril, le soutien du secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, et du président français, Emmanuel Macron. Ce dernier s'est, d'ailleurs, entretenu mercredi avec le patron de l'OMS à qui il a «réaffirmé sa confiance dans l'institution», a indiqué la présidence française. Selon le patron du Quai d'Orsay, Jean-Yves Le Drian, la France a décidé de consacrer la somme de 1,2 milliard d'euros pour lutter contre la propagation du coronavirus en Afrique. Pendant ce temps, que fait Trump à part menacer de retirer le financement des Etats-Unis du budget de fonctionnement de l'OMS ? Un chantage américain qu'on a connu hier, à l'Unesco, sous la gestion de l'Espagnol, Federico Mayor, et de ses successeurs.

En effet, Donald Trump s'est emporté, mardi, 7 avril, contre l'OMS, jugée trop proche, à ses yeux, de Pékin, au cours de son point de presse quotidien à la Maison Blanche. «Tout semble très favorable à la Chine, ce n'est pas acceptable», a-t-il déclaré. Le président américain a notamment critiqué la décision de l'OMS de se prononcer contre la fermeture des frontières aux personnes en provenance de Chine au début de l'épidémie. «L'OMS s'est vraiment plantée», a-t-il écrit dans un tweet.

Le 10 janvier, un jour avant le premier décès en Chine, l'OMS, assurant qu'une enquête préliminaire suggérait qu'il n'y avait «pas de transmission interhumaine significative», avait déconseillé d'appliquer à la Chine des restrictions aux voyages ou aux échanges commerciaux et ne recommandait «aucune mesure sanitaire particulière pour les voyageurs». Ce n'est que fin janvier, lorsque les premières contaminations hors de Chine ont été signalées, que cette agence de l'ONU a parlé de dépistage dans les aéroports. Dans ses dernières recommandations concernant le trafic international, rendues publiques fin février, l'organisation déconseille toujours d'appliquer des restrictions mais reconnaît que «dans certaines circonstances», les mesures qui limitent la circulation des personnes peuvent s'avérer provisoirement utiles.

Cela dit, ce serait trop (trop) facile pour le président américain de faire porter le chapeau de sa faillite personnelle sur l'organisation onusienne.

Est-ce l'OMS qui a conseillé à Trump d'annuler l'Obamacare qui permettait aux Américains les plus fragiles de pouvoir se soigner gratuitement ? Aujourd'hui, le président américain enregistre près de 2000 morts de coronavirus, par jour, et se rend compte que sa décision de supprimer l'Obamacare a été catastrophique dans la mesure où elle empêche bon nombre d'Américains de se soigner. Pour limiter le nombre de morts, il a voté des appuis massifs pour financer l'hôpital public américain alors que le maintien de l'Obamacare aurait préservé des dizaines de milliers de vies.

Est-ce l'OMS qui a interdit à Trump de coopérer, étroitement, avec le président chinois, Xi Jinping, pour éradiquer le coronavirus ? Pendant que ce dernier l'invitait à conjuguer les efforts des scientifiques américains à ceux des scientifiques chinois pour combattre ce virus, Donald Trump se bornait à accuser le président chinois d'avoir favorisé la fabrication d'un « virus chinois » dans ses laboratoires, et ne voulait rien entendre de la demande du président chinois.

Est-ce l'OMS qui a demandé à Trump de ne prendre aucune mesure drastique de confinement des Américains (comme en Europe) alors que le virus gagnait en ampleur dans le pays ?

Bref, en langage diplomatique, Tedros Adhanom Ghebreyesus a, clairement, signifié au bouillant président américain de savoir balayer, d'abord, devant sa porte, avant de lui porter toute critique, qui tienne la route.

Tedros a le soutien des 54 chefs d'Etat africains sans aucune exception.

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