ETAT ISLAMIQUE (DAESH) : Abou Bakr al-Baghdadi « wanted » par la justice française

La justice française lance un mandat d'arrêt international contre Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l'Etat islamique (EI ou Daesh). Son ancien porte-parole présumé mort, Abou Mohamed al-Adnani, est, également, visé par un mandat d'arrêt international pour «direction ou organisation d'association de malfaiteurs terroriste criminelle».

Ces mandats d'arrêt ont été délivrés par des juges d'instruction dans le cadre d'une information judiciaire ouverte le 8 octobre par le Parquet national antiterroriste (PNAT) pour «direction ou organisation d'association de malfaiteurs terroriste criminelle», a précisé cette source.

Début septembre, cinq avocates de parties civiles, Me Héléna Christidis, Me Aurélie Coviaux, Me Constance Dewavrin, Me Frédérique Giffard et Me Aude Rimailho, avaient réclamé un mandat d'arrêt international contre ce «chef suprême» de l'Etat islamique. «Si le chef de Daech ne fait pas l’objet d’un mandat d’arrêt international dans le dossier des attentats du 13 Novembre (2015 à Paris qui firent 130 morts, ndlr), les pires que la France ait jamais connus, dans quel dossier sera-t-il poursuivi », avaient-elles déclaré au Figaro ?

Abou Bakr al-Baghdadi n'a pas donné de ses nouvelles depuis le 16 septembre, date à laquelle il a appelé ses partisans à secourir les djihadistes détenus dans les prisons, notamment, en Syrie et en Irak.

«N’hésitez pas à les sauver en brisant leur siège par la force et à traquer leurs bouchers parmi les enquêteurs et les juges, avait-il déclaré dans un message audio diffusé sur Telegram (...). Comment un musulman peut-il continuer de vivre alors que des femmes musulmanes croupissent dans les camps de la dispersion et les prisons de l’humiliation», s'était-il indigné ?

La tête du chef de l'Etat islamique, qui a, souvent, vu sa mort annoncée par les autorités du monde entier, est mise à prix jusqu’à 25 millions de dollars (50 milliards de F CFA) par le département d’Etat américain.

Mohammed al-Adnani, ancien porte-parole officiel de l'EI et responsable de ses opérations extérieures, est, pour sa part, présumé mort : selon plusieurs sources, il a été tué le 30 août 2016 près de Al Bab, dans le Nord-Ouest de la Syrie, à l'occasion d'un bombardement aérien.

C'est lui qui, en septembre 2014, inspire plusieurs futurs terroristes français avec une injonction glaçante : «Si vous ne pouvez pas faire sauter une bombe ou tirer une balle, débrouillez-vous pour vous retrouver seul avec un infidèle français ou américain et fracassez-lui le crâne avec une pierre, tuez-le à coups de couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le d'une falaise, étranglez-le, empoisonnez-le», disait-il dans un long message audio diffusé par Al Furqan, l'un des principaux canaux de communication de l'EI.

L'EI a revendiqué plusieurs attentats commis sur le sol français, ces dernières années, dont ceux du 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts et plus de 350 blessés à Paris et Saint-Denis. Proclamé en 2014 par Abou Bakr al-Baghdadi sur de vastes territoires en Irak et en Syrie, le «califat» de l'Etat islamique a été déclaré éradiqué le 23 mars, mais, le chaos sécuritaire de la région fait craindre une résurgence de l'organisation.

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