ETATS-UNIS : Avec les "midterms", Fin de la superpuissance du (très belliqueux) Donald Trump

Donald Trump va, enfin, rendre des comptes. Sur cette terre, rien n'est éternel. Surtout pas le pouvoir temporel. Le président républicain va devoir descendre sur terre en acceptant, pour la première fois, de partager son pouvoir dont il usait et abusait au gré de ses humeurs à la Maison Blanche : la Chambre des représentants (Députés) va revenir aux démocrates. Du coup, les deux prochaines années s'annoncent difficiles pour l'inconstant et insaisissable président américain. Bien fait pour lui ! Pour vous donner un avant-goût de la souffrance qui l'attend, voici, en quelques lignes, les conséquences de l'issue de ces "midterms" pour sa présidence ou, plus exactement, ce qu'il en reste.

Mercredi 7 novembre, à 7 heures (heure française), les démocrates avaient gagné 24 sièges supplémentaires à la chambre basse du Congrès, au détriment du parti présidentiel. 

Cela dit, Donald Trump bénéficie, encore, d'une majorité au Sénat, renforcée d'au moins trois sièges, selon les dernières estimations du New York Times mercredi matin. Affaibli par une nouvelle majorité "bleue" à la Chambre des représentants, mais, aidé par un Sénat plus "rouge", comment Donald Trump pourra-t-il mener les deux dernières années de son mandat ?

Première difficulté : Son agenda législatif va être bloqué

Avec une majorité d'élus démocrates à la Chambre des représentants – l'équivalent américain de l'Assemblée nationale – "l'agenda législatif conservateur risque de mourir". Minoritaires, les élus républicains pourront, difficilement, proposer de nouvelles lois à leur exécutif au cours des deux prochaines années. Adieu donc ces fameuses lois sur l'immigration qui, ces derniers temps, ont fait perdre sa grandeur à l'Amérique.

Concrètement, plusieurs des mesures emblématiques du programme de Donald Trump risquent d'être bloquées sur le plan législatif. Sans majorité, Donald Trump sera, ainsi, incapable d'abroger la loi Obamacare, réforme emblématique de l'assurance-maladie mise en place sous la présidence de Barack Obama. Il pourra, difficilement, toucher aux budgets alloués à plusieurs programmes sociaux, et réduire, encore davantage, la taxation des entreprises et des ménages américains les plus favorisés. Donald Trump devra, également, renoncer à la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique, précise Le Figaro. Il perdra, enfin, une marge de manœuvre conséquente sur la négociation des traités, puisque ceux-ci sont ratifiés par le Congrès, explique France Culture. 

Cette cohabitation entre une Maison Blanche "rouge" et une chambre basse "bleue" risque d'engendrer une "impasse", relève Vox. Ce site d'information rappelle, en effet, que Donald Trump bénéficie d'un pouvoir de veto – les propositions démocrates risquent ainsi d'être bloquées, à leur tour, par le dirigeant. De son côté, le président aura, toujours, la possibilité d'avancer ses pions en signant des décrets présidentiels auxquels Barack Obama avait, largement, eu recours après avoir perdu le contrôle démocrate de la Chambre des représentants. Mais, ces décrets seraient susceptibles d'être défaits par une simple signature d'un prochain président. C'est la règle du jeu.

Deuxième difficulté : On va droit vers de nouvelles enquêtes parlementaires concernant Donald Trump

Une majorité démocrate à la Chambre des représentants implique, aussi, de nouvelles investigations visant le président américain. Comme le note la chaîne britannique, BBC, les démocrates vont, désormais, prendre la tête d'importants comités à la chambre basse, ce qui peut leur permettre de lancer des enquêtes, entre autres, sur les accusations d'agressions sexuelles visant Donald Trump, ou encore, sur les affaires concernant ses sociétés, telles que le Trump International Hotel. 

Le président américain semble, également, menacé par Bill Pascrell, un élu démocrate du New Jersey, qui se bat pour la diffusion des déclarations fiscales de Donald Trump. Victorieux mardi soir, ce parlementaire pourrait prendre la tête de la Commission des "Ways and Means", en charge de la fiscalité à la Chambre des représentants, relève France Culture. Il est perçu comme une bête noire que redoute Trump.

Les enquêtes existantes sur les soupçons de collusion entre la campagne de Donald Trump et la Russie, en 2016, risquent, enfin, de s'accélérer, une fois les démocrates à la tête de la Chambre des représentants. Toute politique controversée pourrait faire l'objet d'une enquête, note Vox. 

Cela dit, Donald Trump va être rassuré par son pouvoir de nomination des juges et par l'impossibilité de sa destitution de la Maison Blanche.

Son pouvoir de nomination des juges fédéraux est conservé

Avec une majorité conservée et consolidée au Sénat, Donald Trump a échappé au pire cas de figure, celui d'un Congrès contrôlé par une "super-majorité" démocrate. Avec la chambre haute acquise à sa cause, le président pourra continuer à remodeler les tribunaux fédéraux à son image. Il va, aussi, conserver le pouvoir de nomination des juges fédéraux, qui peuvent peser sur des décisions concernant un large éventail de sujets, comme la protection sociale, le droit de vote ou l’accès à l’avortement.

Pendant les deux premières années de son mandat, la majorité républicaine au Sénat avait, déjà, permis à Donald Trump d’utiliser, allègrement, ce pouvoir de nomination. La chambre haute a, ainsi, confirmé 29 nominés de Donald Trump à des tribunaux d’appel fédéraux, alors qu’à titre de comparaison, elle n’avait confirmé que deux nominés à des postes équivalents lors des deux dernières années du mandat de Barack Obama, comme le souligne NPR. 

La perspective de sa destitution est définitivement écartée

Avec une majorité simple à la Chambre des représentants, les démocrates pourraient, théoriquement, lancer une procédure d’"impeachment" à l’encontre du président des Etats-Unis. Mais, une fois cette première étape franchie, le président ne serait destitué qu’à l’issue d’un procès et d’un vote au Sénat nécessitant une majorité qualifiée de deux tiers, c’est-à-dire, de 67 sénateurs.

C’est en raison de cette condition que dans l’histoire des Etats-Unis, aucun président sous le coup d’une procédure d’impeachment n’a été destitué. Et avec une majorité de républicains au Sénat, le scénario d'une destitution de Donald Trump est, tout simplement, impossible.

En conclusion, c'est la fin du confort à la Maison Blanche pour Donald Trump. Avec Nancy Pelosi, la cheffe des démocrates à la Chambre des représentants et future patronne de cette instance, Donald Trump trouvera à qui parler. Son extravagance et son arrogance ne resteront plus sans réponse audible. C'est la fin du totalitarisme démocratique qu'incarnait Trump depuis deux ans.

Avec franceinfo.fr

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