GABON : Ali Bongo Ondimba « a été frappé par un AVC ». Et alors ?

Ike Ngouoni, le porte-parole de la présidence de la République gabonaise s'est, déjà, exprimé le 28 octobre sur l'absence du président, Ali Bongo Ondimba. Il a ajouté que seul le Palais du Bord de Mer était habilité à rendre publiques des informations sur la santé de la première institution du pays. Ces propos ont été confirmés par le premier ministre chef du gouvernement. Les médecins, à Riyad où est interné le président, ont diagnostiqué une « fatigue sévère » et prescrit un repos prolongé. Les propos du collaborateur du chef de l'Etat sont, suffisamment, limpides pour que l'on n'en rajoute pas sauf si on est un ennemi du Gabon, qui s'ignore.

Première observation :

On ne peut, donc, pas parler d'«absence d'informations sur l'état de santé du président gabonais Ali Bongo Ondimba. L'inquiétude et les rumeurs alarmistes, qui entourent son repos sont véhiculées à des fins politiques et non par une recherche (saine) de l'information car celle-ci a, d'ores et déjà, été donnée par Ike Ngouoni qui a promis revenir vers le peuple quand il disposera de nouvelles informations susceptibles d'intéresser celui-ci (sur notre photo le couple présidentiel en train de visiter la maternité du Centre hospitalier et universitaire de Libreville). S'il n'est pas revenu, c'est parce qu'il n'en a pas encore. Il faudra, donc, attendre au lieu de créer le buzz dans les réseaux sociaux.

Mercredi, 7 novembre, à 00h37 du matin, j'ai été réveillé par une connaissance qui m'annonçait la mort du président du Gabon. Le temps de répondre qu'il n'en était rien, mon interlocuteur m'a fait suivre une vidéo qui mettait en scène l'actuel ambassadeur du Gabon en France, Flavien Enongoué, annonçant cette terrible nouvelle sur une chaîne d'information. Pour ne pas m'étendre, sur ce sujet, en pleine nuit (à une heure à laquelle tout chrétien se prépare à recevoir la visite de l'Ange Gabriel pour les doléances au Seigneur Dieu), je me suis contenté de lui répondre : « Fake News ». Avant de me rendormir.

Deuxième observation :

Ce qui arrive au Gabon est plus vieux que le monde. Le Gabon n'est pas le seul pays à connaître une telle situation. Au Cameroun et au Tchad, par exemple, pays voisins du Gabon, on a, souvent, connu des situations similaires sans que la fièvre n'atteigne les citoyens de ces pays.

En Côte d'Ivoire, le président, Alassane Ouattara, en était à plus de cinquante séjours médicaux, à Paris, pendant les trois premières années de son premier quinquennat. Il était suivi au Val de Grâce et à l'Hôpital américain. L'opposition n'en a jamais fait cas du moment où le fonctionnement du pays n'était pas affecté. Avant l'accession au pouvoir du président, Henri Konan Bédié, il est arrivé, une fois, que le président, Félix Houphouët-Boigny passe six mois (d'un trait) en Suisse pour se soigner. A l'époque premier ministre, l'actuel président de la République lui portait des parapheurs pour signature de façon intermittente. Sans que le fonctionnement de la République ne soit, en rien, handicapé.

Au Nigeria, Muhammadu Buhari, de façon espacée, a passé cinq mois, auprès de ses médecins, à Londres, pendant les dix huit premiers mois de son magistère, sans que le sénat n'y trouve à redire. Malgré son mal qui n'a pas été rendu public, il est candidat à sa succession en février 2019.

En Algérie, le président, Abdelaziz Bouteflika, qui avait été victime d'un AVC, il y a 5 ans, lequel l'a cloué sur un fauteuil roulant, est candidat à sa succession à la présidentielle d'avril 2019. Il n'existe pas de levée de bouclier pour souhaiter sa mort comme on le voit au Gabon.

Troisième observation :

Ces exemples (il y en a d'autres) montrent que la situation que les Gabonais ont, aujourd'hui, à gérer est, plutôt, courante en Afrique, y compris dans des démocraties dites parfaites comme le Nigeria. Il n'y a pas lieu de s'alarmer outre mesure puisque le Gabon est bien tenu, notamment, par Franck Emmanuel Issoze Ngondet, premier ministre chef du gouvernement, Brice Laccruche Alihanga, le directeur de cabinet du chef de l'Etat et Marie-Madeleine Mborantsuo, la présidente de la Cour constitutionnelle, à moins de nourrir quelques velléités de déstabilisation et d'alternance non démocratique. Il n'y a pas péril en la demeure et le Gabon n'a pas cessé de fonctionner à cause de l'absence depuis deux semaines du président de la République. Il faut, donc, rester - résolument - optimiste !

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