GABON : BOA ferme internet et les réseaux sociaux jusqu'à nouvel ordre

Quelques heures après l'annonce de la réélection de Bongo Ondimba Ali (BOA) par la CENAP aux ordres, le réseau internet et les communications par SMS étaient coupées. Vers 3 heures du matin, le siège de la Radio-Télévision Nazareth, appartenant à un grand soutien de l'opposant Jean Ping, et qui avait, largement, couvert la campagne, a été attaqué par des militaires gabonais. Impossible de savoir à quel corps ils appartiennent, selon les témoins, car ils étaient cagoulés. On signale, cependant, la présence des mercenaires burundais opérant aux côtés de la garde républicaine (garde présidentielle). Le siège de cette télévision a été incendié et tout son matériel saccagé. Des coups de feu ont été tirés, et bien qu'aucun journaliste n'ait été blessé, plusieurs ont été malmenés par les forces de l'ordre.

Auparavant, dans la journée, un groupe de manifestants avait incendié l'Assemblée nationale, et dans la foulée, tenté de prendre les locaux de la Radio télévision nationale, bien défendue par des gendarmes. Les manifestants se sont repliés (notre photo) mais barrent depuis l'accès au média, dont le personnel a quitté les lieux par peur des violences. Depuis plus de 24 heures, donc, plus aucune information fraîche ne sort de la télévision ou de la radio nationales. Le pays est dans une situation de black out quasi-total.

Un journaliste joint par RSF, témoigne qu'il se cache car des pillages sont en cours dans la ville et il est impossible de sortir couvrir ce qui se passe. Un de ses proches, parti chercher le journal n'a pu trouver aucun exemplaire, les kiosques n'ayant probablement pas été livrés. D'ailleurs, le distributeur français, Presstalis, a suspendu, ce jour, tous les envois de journaux et magazines français à destination du Gabon. Les transports en commun sont coupés et l'administration ne fonctionne pas.

"Nous appelons les autorités gabonaises à protéger les médias et à rétablir les moyens de communication, déclare Reporters sans frontières. Dans ce genre de crise, l'information est plus essentielle que jamais pour éviter que les citoyens se mettent en danger et pour atténuer la psychose, sans même parler du droit du peuple gabonais de savoir ce qui se passe sur le plan politique. Un appel au calme de toutes les parties, y compris du candidat Jean Ping, est nécessaire afin de permettre la fin des violences et aux médias de recommencer à fonctionner."

L'organisation de l'élection présidentielle a été critiquée par l'Union européenne, par la France et par Washington, et plusieurs voix de la communauté internationale ont demandé la publication de l'ensemble des procès verbaux, bureau de vote par bureau de vote, afin de mettre un terme aux suspicions de fraude.

Commentaires

HANSALEVEY Adams (non vérifié)
ne rêvons pas d'un coup d'Etat, car l'armée gabonaise protège protège les intérêts du Gabon et non d'une personne comme au Congo Brazaaville où l'armée prpotège Sassou Nguesso !! aucune élection au monde ne peut être parfaite surtout en Afrique; les Occidentaus comme RSF? incitent les populations à la haine des dirigeants, ils ont trouvé Jean Ping comme un homme nouveau, alors qu'il s'est enrichi du pain du même système !!
smith (non vérifié)
ah quand on a goute au pouvoir, on fait TOUT pour le garder que ce soit d-un cote comme de l'autre

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