GABON : Vers l'embrasement total

Mal réélu, le 31 août, Bongo Ondimba Ali (BOA) a gagné une bataille, pas la guerre. Il a réussi (momentanément) son passage en force, mais, il ne pourra pas, durablement, commander un peuple qui ne veut pas de lui. L'élection présidentielle gabonaise du 27 août 2016, est une honte pour tout Africain. Pourquoi l'Afrique montre toujours la voie à ne pas suivre ?

Ce jeudi, 1er septembre, matin, la ville de Libreville continue d'être quadrillée (notre photo montrant les Gabonais qui affrontent un blindé les mains nues). La garde républicaine (présidentielle) et l'armée imposent une paix des cimetières. Internet est coupé : pas moyen d'envoyer un sms ni accéder aux réseaux sociaux. C'est le blocus total. BOA commence à se « bunkeriser ».

Un conseil de ministres a été convoqué à 10 h 00, ce matin, au Palais du Bord de Mer, pour tous les ministres présents, à Libreville. Objectif : faire le bilan des élections et élaborer une stratégie pour « neutraliser » Jean Ping et ceux qui l'entourent. Car ils empêchent BOA de tourner le pays en bourrique. Les difficultés du Gabon sont devant lui.

Ce matin, encore, Jean-Marc Ayrault, le chef de la diplomatie française, a invité le pouvoir gabonais à l'apaisement et à veiller sur la sécurité des biens et des personnes. Hier, il avait, déjà, invité la CENAP à publier les résultats de la province du Haut Ogooué, bureau de vote par bureau de vote. La demande de la France, sur ce plan, ne change pas. Tout comme celle de l'Union européenne et des Etats-Unis. Exigence de transparence électorale oblige !

Autre inquiétude : c'est la chasse à l'homme dans Libreville. BOA veut la tête de Ping mort ou vif, ce qui laisse penser qu'il n'est pas conscient qu'il a, déjà, commencé à brûler le pays.

Le peuple gabonais ne laissera plus voler, en 2016, sa victoire. BOA veut régner après avoir perdu l'élection, mais, ce ne sera pas possible, cette fois. Qu'il le sache.

Prévue ce matin, la rentrée parlementaire au Palais Léon Mba (Assemblée nationale) et au Sénat, est reportée à une date ultérieure. Un violent incendie suite à la victoire contestée de BOA a poussé les partisans de l'ordre juste à mettre le feu à l'Assemblée nationale.

Conséquence : ce matin, à Libreville, pas de travail, sauf dans les hôpitaux, où on soigne les blessés d'hier et de cette nuit. Partout, ailleurs, c'est le calme plat, quand ce n'est pas le face à face entre les manifestants (qui disent vouloir récupérer leur pouvoir confisqué) et les forces de défense et de sécurité où on dénombre beaucoup de mercenaires burundais.

Commentaires

Sibiti (non vérifié)
Je suis très surpris par les frères et sœurs qui croient encore que la France peut régler nos problèmes. Si les burkinabè avaient compté sur la France, blaise serait encore au affaires. La réaction de la France est hypocrite. La France n'a rien fait au Burundi, rien fait au Congo, rien fait au Tchad, rien fait au Niger, et ne fera rien pour les gabonais. Tout ce que fait BOA, il le fait avec l'aide de la France. Alors chers frères et soeurs africain, ne prenez pas en compte les déclarations des Français, américains et autres. C'est de l'hypocrisie pure et simple.
Vive l'Afrique (non vérifié)
Tu as raison. Le Burkina est un bel exemple que les africains doivent suivre.
N'KALOULOU (non vérifié)
C'est du copié-collé de ce qui s'est passé récemment chez le Voisin. On peut parier que ce schéma sera celui du Cameroun, prochainement.
Arnaud (non vérifié)
Contrairement au Burkina, l'armée gabonaise est à la solde du régime sans parler des mercenaires d'ali sur le territoire gabonais. Le peuple ne tiendra pas très longtemps sans aides extérieur. Alors si quelqu'un peut nous fournir en armes ont est prêt à mourir pour notre pays. Hasta la victoria

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