GABON : Vers la fin du régime du (petit) putschiste de Libreville

Bongo Ondimba Ali (BOA) est en train de courir, lui-même, sans l'aide de personne, pour rejoindre une cellule de la CPI (Cour pénale internationale). Alors que afriqueeducation.com faisait, déjà, état de trois morts, en date du 31 août, jour de proclamation des résultats, votre site quotidien d'information est en mesure de vous annoncer, aujourd'hui, que depuis le bombardement du QG de Jean Ping, dans la nuit du 31 août au 1er septembre, ce n'est pas deux morts supplémentaires (comme l'annonce ce jour l'AFP), mais plus. Peut-être, dix, quinze morts, voire, plus, en comptant, aussi, les tués de l'armée en ville (notre photo) et dans le reste du territoire. Pour montrer le radicalisme de son régime (en perdition) : BOA a demandé à ses généraux dont beaucoup continuent de lui faire allégeance, l'ordre de lui emmener Jean Ping « Mort ou Vif. Le reste, on verra après. C'est le plus urgent », leur aurait-il demandé. On ne doit, donc, pas être surpris des ordres jusqu'au boutistes que donnent, encore, certains officiers à leurs hommes. Pas tous les officiers : en effet, la majorité de l'armée aurait voté pour Jean Ping. C'est pour cette raison que BOA avait anticipé, en faisant appel aux mercenaires dont beaucoup de Burundais. D'autre part, le ministre de la Défense, Mathias Otounga Ossibadjouo (nommé à ce poste l'année dernière grâce à l'intermédiation de celui que les Gabonais considèrent comme le « véritable président du Gabon », le Béninois, Maixent Accrombessi, aujourd'hui en soins intensifs au Maroc), lui aussi, fils du Haut-Ogooué comme BOA, avait été décoré, à l'occasion du 56e anniversaire de l'indépendance, le 17 août 2016, du mérite de l'ordre équatorial. BOA avait, aussi, savamment, préparé le terrain de la fraude, en allouant des avantages divers aux hommes en tenue, comme l'attribution de primes spéciales, et, notamment, la possibilité de faire des achats dans certains grands magasins du Gabon avec 25% de réductions. On ne passera pas sous silence que BOA avait acheté, massivement, des armes et des munitions, juste avant les élections, au grand étonnement des Gabonais. Quand la question a été posée au gouvernement, il a expliqué que ces armes et munitions étaient destinées au contingent gabonais de la MINUSCA en Centrafrique. Ce qui était faux. Ce sont ces équipements militaires achetés à la hâte qui permettent, aujourd'hui, aux forces de défense et de sécurité de faire de gros dégâts sur les populations civiles gabonaises, sur l'étendue du territoire national.

Sachant que les morts qu'il essaie de dissimuler, vont sortir, demain, au grand jour et jetteront un nouveau discrédit sur sa personne, BOA, hier, à la télévision gabonaise, a accusé « le groupuscule » autour de Jean Ping d'être responsable de ces morts. Mais, malheureusement, pour lui, les choses ne vont pas se passer comme il le souhaite. Après François Hollande et Jean-Marc Ayrault (France), John Kerry (Etats-Unis), Federica Mogherini (Union européenne), c'est le Conseil de sécurité, cette nuit, à New York, qui a demandé un décompte, bureau de vote par bureau de vote, des résultats électoraux dans la province du Haut-Ogooué. BOA ne peut, nullement, compter sur la Chine qu'il accuse de tous les maux d'Israël d'avoir alloué les fonds de campagne à Jean Ping pour prendre le pouvoir au Gabon, et lui attribuer des marchés, quand il aura été élu président. Reste la Russie, avec son droit de veto, qui, pour l'heure, attend la position officielle de l'Union africaine (UA), avant de se prononcer. Présidée par le président du Tchad, Idriss Déby Itno, et la Sud-Africaine, Xhosazana Dlamini Zuma, patronne de sa Commission, l'UA, pour le moment, répond aux abonnés absents. On ne l'a pas encore entendue. Est-ce parce qu'Idriss Déby Itno venait d'être, lui-même, mal réélu lors de la présidentielle du 10 avril dernier ? Son opposition, composée entre autres par les députés, Ngarlejy Yorongar, Saleh Kebzabo, et beaucoup d'autres, l'a, fortement, accusé d'avoir perpétré un coup de force pour se maintenir au pouvoir et ne le reconnaît pas, toujours, comme président du Tchad, pays où il a de plus en plus de mal à payer les salaires, à cause de la mal-gouvernance et la chute des cours du pétrole. L'opposition avait d'ailleurs boudé son investiture le 8 août dernier. Dans tous les cas, l'UA doit vite sortir de sa réserve car il n'est pas normal qu'elle laisse le Conseil de sécurité des Nations-Unies, les Américains, les Européens et les Français parler seuls, à sa place, alors que le Gabon se trouve dans sa sphère géographique.

Il n'y a, donc, pas que « cinq »morts, comme semble admettre le pouvoir gabonais, ce matin, mais, beaucoup plus. Probablement, dix, quinze, voire, plus. Il faut, tout de suite, arrêter ce massacre, stopper l'armée et les mercenaires burundais, pour qu'ils ne tuent plus d'autres Gabonais. Et rétablir internet et les réseaux sociaux.

Dernière information : Le dossier d'accusation de BOA à la CPI est en train d'être confectionné, à Paris. Sans parler des morts de Port-Gentil lors de son hold up de 2009, ceux de Libreville en 2016, sont en train de sceller son sort devant la justice internationale. Voilà pourquoi les dignitaires gabonais qui ont, jusque-là, soutenu BOA, à cette présidentielle, sont invités, rapidement, à se désolidariser de lui, officiellement, publiquement, sinon, ils seront associés aux tueries de BOA qui, comme tout le monde sait, sont imprescriptibles. Secrétaire général du PDG, Faustin Boukoubi a, courageusement, déclaré, il y a quelques jours, que le PDG demandait une « totale transparence électorale », ce qui veut dire, entre autres, la publication des résultats, bureau de vote par bureau de vote » dans le Haut-Ogooué. Les membres du gouvernement, les députés et sénateurs, ainsi que, les hiérarques du PDG et de la majorité présidentielle, feront preuve de clairvoyance en dénonçant BOA et en réclamant, à leur tour, au nom de l'intérêt supérieur du Gabon, la publication des résultats, bureau de vote par bureau de vote, dans le Haut-Ogooué.

Commentaires

N'KALOULOU (non vérifié)
" Les États n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts". Charles de Gaulle. Espérons que les intérêts français vont dans le sens de l'alternance au Gabon.
HANSALEVEY Adams (non vérifié)
ceux qui écrivent ne savent pas réellement ce qui se passent e tcomment Jean Ping est un homme nouveau en politique au Gabon; tout ce qui anime Ping et ses alliés, c'est la haine contre la famille Bongo et surtout que Bongo leur a enlevé les privilèges que donnaient son père Omar Bongo; cette haine familiale entre les caciques s'est transformés en conflit politique; Jean Ping avait refusé le récomptage des votes autant de GBABGO en C.I, quand il était président de la commission de l'union africaine, car allié avec l'occident contre GBAGBO; aujourd'hui il en réclame; quelle honte ? ainsi va la vie
SEMA (non vérifié)
Frère HANSALEVEY, ceux qui écrivent ne savent pas dis tu...Toi non plus tu ne sais pas,et moi pas plus que toi. Donc si toi ni moi ne pouvons analyser et interpréter les choses on peut au moins observer et constater,on ai d'accord je crois. Alors les faits,sans savoir si Ping et Ali sont des bons amis ou des ennemis intimes,sont qu'il y a eu élection et le peuple,à tors ou à raison a choisit Ping.Les preuves sont: 1)les procès verbaux de chaque bureau de vote,que détient tout le monde,observateurs internationaux compris 2)la non transmission des résultats de la province du Haut-Ogooué en temps et heures sans aucun empêchement technique ou de quelque nature que ce soit. 3)les chiffres de cette province du H.O qui donne un taux de participation de 99,93%,quant la médiane nationale et de toute les autres provinces est de 60%.Et la coicidence de que ces chiffres sont à 5000 voix près ceux dont avaient besoin Ali pour rattraper et passer le gap des 65.000 voix qu'avait Ping sur lui. 4)l'aveu devant huissier de justice et observateurs internationaux de ceux qui ont participé à cette manipulation. Et si besoin en était,cette phrase qui en dit long du camp Ali qui dit"il y a eu aussi fraude dans la province du Moyen-Ogooué..." Mon frère tels sont les faits,observables sans nécessité de savoir si tel et tel autre sont amis ou ennemis. Alors de grâce ne disons pas des choses partisanes car il y a des gabonais qui meurt depuis des années et qui sont entrain de mourrir présentement sous les balles de sa propre armée et ces hommes encagoulés dont ton ne sait pas qu'ils sont.Je ne parle que des faits observables par tous.
Vive l'Afrique (non vérifié)
Ce n'est pas beau à voir...vraiment. Qu'est-ce qui se passe dans la tête de ce primitif, BOA et les autres primitifs en Afrique centrale? Les gens sont en train de mourir. La vie humaine est sacrée. Dieu, sauve ce beau pays.

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