IMMIGRATION CLANDESTINE : Merkel à Alger pour négocier le retour des Algériens jugés indésirables en Allemagne

La chancelière allemande, Angela Merkel, vit des moments pas faciles dans le cadre de sa coalition gouvernementale où on compte des « anti-immigration » notoires. Elle est obligée d'en tenir compte sous peine de la voir implosée car les désaccords sur cette question sont importants. C'est la raison principale de sa visite en Algérie où elle a demandé le retour des immigrés algériens dans le cadre d'un accord avec Alger. Seule condition posée par les autorités algériennes : utiliser la compagnie nationale, Lufthansa, pour rapatrier (dignement) ces Algériens et non des vols charters, spécialement, aménagés pour eux. On croit savoir qu'il s'agit, ici, d'une question de dignité.

L'Algérie accueillera tous ses ressortissants en situation irrégulière en Allemagne, quel que soit leur nombre, a assuré, lundi, 17 septembre, le premier ministre, Ahmed Ouyahia, à l'occasion d'une visite officielle de la chancelière Angela Merkel : "Je vous confirme que l'Algérie récupérera ses enfants, qu'il s'agisse de 3.000 ou de 5.000" Algériens, a affirmé Ahmed Ouyahia, lors d'une conférence de presse conjointe, à Alger, avec Mme Merkel, sous réserve de pouvoir procéder à une "identification" de leur nationalité.

Alger tient "à évacuer le plus tôt possible ce dossier des relations" excellentes avec Berlin, a-t-il souligné.

Angela Merkel a rappelé la "volonté en Allemagne d'accueillir ceux qui ont de bonnes raisons de fuir leur pays", comme les Irakiens ou les Syriens, de leur fournir "un droit au séjour" et "la possibilité de travailler".

D'un autre côté, a souligné la chancelière, pour les migrants qui ne sont pas éligibles à un titre de séjour, "on s'attend à ce que (...) l'Etat puisse agir". "A cette fin, on a besoin de partenaires qui sont d'accord avec nous et l'Algérie en est un", s'est-elle félicitée.

D'après le premier ministre algérien, son pays "mène lui-même une action contre les migrants illégaux (et) ne pouvait que s'entendre avec le gouvernement allemand sur ce sujet".

Il a, par ailleurs, rappelé qu'Alger et Berlin sont liés par un accord de réadmission depuis 1997.

"L'Algérie livre bataille pour le reste de la communauté internationale" en empêchant "annuellement 20.000 à 30.000 personnes d'entrer illégalement en Algérie et souvent d'Algérie de continuer leur chemin" vers l'Europe, a affirmé M. Ouyahia.

Il a, également fermement, nié que l'Algérie abandonnait "des Africains dans le désert", comme l'en accusent certaines ONG. Sur ce plan, le premier ministre n'a convaincu personne, l'inhumanité de son gouvernement et des autorités algériennes, de manière générale, sur cette question précise ayant beaucoup étonné, surtout, quand on s'appelle, justement, « Algérie ».

L'Algérie ayant, récemment, été classée "pays sûr" dans un projet de loi initié par le gouvernement allemand, a, par ailleurs, demandé à Berlin de "mettre en oeuvre" les demandes d'extraditions présentées par la justice algérienne.

Interrogé sur les délais de retour en Algérie des Algériens séjournant, illégalement, en Allemagne, M. Ouyahia a rappelé que son pays s'opposait à l'utilisation de charters et appelé Berlin à convaincre la compagnie allemande, Lufthansa, de participer à leur rapatriement, jusqu'ici, essentiellement, assuré par Air Algérie pour "accélérer" le rythme des retours.

Parmi les sujets que Mme Merkel a abordés avec les dirigeants algériens, dont le président Abdelaziz Bouteflika (notre photo lors de leur rencontre), figuraient, notamment, les questions migratoires et de "terrorisme transfrontalier", les situations en Libye, au Mali et au Sahel.

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