IMMIGRATION EN ITALIE : Le nouveau gouvernement va-t-il adopter une approche plus responsable et plus humaine ?

La nouvelle ministre de l’Intérieur italienne, Luciana Lamorgese, est une parfaite inconnue sur la scène politique, tant nationale qu’internationale. Le choix d’une technicienne à ce poste clé démontre-t-il la volonté du premier ministre, Giuseppe Conte, de tirer un trait sur la gouvernance scabreuse en matière d'immigration de l'ancien ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, chef du parti d'extrême-droite, La Ligue du Nord ? S'il faudra attendre quelques mois avant de tirer les premiers enseignements, on peut, tout de suite, avancer que le nouveau gouvernement de Giuseppe Conte est pro-européen contrairement au précédent qui était euro-sceptique.

Matteo Salvini avait dit une seule chose sensée, de notre point de vue, pendant son séjour au gouvernement comme ministre italien de l'Intérieur. C'est quand il a qualifié le F CFA de monnaie coloniale, imposée par la France à 14 pays africains, dont la conséquence est leur appauvrissement économique, qui met, au final, les hordes de jeunes désoeuvrés candidats à la traversée de la Mer Méditerranée même à la nage. Il avait vu juste et rejoignait, ainsi, les dizaines de millions d'Africains, victimes de cette monnaie, qui ne disent pas autre chose. Mais, pour le reste, Matteo Salvini était un anti-migrant africain primaire, qui oeuvrait, de façon répressive et autoritaire, pour que les migrants africains restent en Afrique, très souvent, en refusant de respecter les règles édictées par l'Union européenne en la matière. Pour imposer sa politique anti-migrants africains, il utilisait un vocabulaire agressif et sans retenue, devant les autres ministres européens peu habitués à un langage aussi ordurier et dégradant. Maintenant, Salvini, c'est fini. Du moins, pour le moment, on ne va plus parler de lui, sinon, en tant qu'opposant au gouvernement actuel.

Place à Luciana Lamorgese, qui brille, elle, par sa discrétion. Elle a pris ses fonctions avec le reste du gouvernement Conte II, jeudi, 5 septembre (sur notre photo, le président italien, Sergio Mattarella, entouré du premier ministre, Giuseppe Conte, et de la ministre de l'Intérieur, Luciana Lamorgese, lors de la cérémonie de prestation de serment à Rome le 5 septembre 2019, à la présidence italienne). Son parcours semble peu ou prou calqué sur celui du premier ministre, Giuseppe Conte : elle n'est affiliée à aucun parti. Elle est diplômée en droit. Tous deux étaient de parfaits inconnus du grand public avant d’être propulsés sur le devant de la scène politique.

Tour à tour, préfète de Varèse, de Venise, puis, de Milan jusqu’en octobre 2018, Luciana Lamorgese s’est, plusieurs fois, positionnée en faveur de l’intégration des migrants. Sous la gouvernance Salvini, elle s’était fait remarquer en ordonnant l’annulation de plusieurs décrets anti-immigration émis par certaines municipalités de la région de Lombardie, bastion électoral de la Ligue.

Pourra-t-elle renverser la vapeur de la politique d’accueil des migrants menée par Matteo Salvini alors que l'image laissée par ce dernier est compromettante pour l'Italie sur le plan international ?

Dans tous les cas, son langage est différent : « Je vois des maires qui ne font pas toujours leur part et je leur dis qu’il est important d’accepter la diversité, que c’est une richesse pour nous et que nous devons agir en faveur de l’intégration », déclarait-elle pour contrarier Matteo Salvini il y a quelques mois.

Une chose est sûre : le nouveau gouvernement italien veut avant tout faire barrage à Salvini en adoptant une approche plus pragmatique de l’immigration et en rompant une fois pour toutes avec les sempiternelles crises diplomatiques qu'il créait du fait qu'il était, totalement, réfractaire à l’accueil dans les ports italiens, des navires d’ONG secourant les migrants en Mer Méditerranée. Une attitude qui va à l'encontre des prescriptions européennes.

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