LUTTE CONTRE LE DJIHADISME EN FRANCE : Malgré les tractations de Jean-Yves Le Drian, l’Irak refuse d'être un « dépotoir » à djihadistes

Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères, n’a pas réussi à arracher un accord au gouvernement irakien pour l’accueil de milliers combattants du groupe Etat Islamique (EI ou Daesh) et de leurs familles jusqu’alors détenus ou rassemblés en Syrie sous le contrôle des forces kurdes.

Environ 12 000 combattants du groupe Etat islamique dont 2 500 à 3 000 étrangers (venant de 72 pays, selon les Irakiens), sont détenus dans les prisons sous contrôle des Kurdes. Par ailleurs, 12 000 femmes et enfants de combattants de Daesh sont retenus dans des camps de déplacés du Nord-Est syrien souvent surpeuplés, comme à Al-Hol.
Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, était à Bagdad, jeudi, 17 octobre, pour discuter du possible transfert en Irak, des djihadistes étrangers (où on compte plusieurs dizaines de Français) détenus par les Kurdes en Syrie. Il n’a pas réussi à négocier un accord global, Bagdad n’étant prêt à reprendre que les combattants d’origine irakienne. La France, elle, redoute le retour des djihadistes français en France où ils pourraient organiser des attentats.

Jean-Yves Le Drian s’est rendu à Bagdad pour plaider l’accueil par les Irakiens des djihadistes emprisonnés dans le Nord de la Syrie et de leurs proches, tous étant sous le contrôle désormais plus ou moins efficace des forces kurdes.

Le ministre français a eu beau rappeler qu’on ne pouvait pas laisser ces combattants et leurs proches recouvrer la liberté (ou leur liberté de mouvement) de crainte que le groupe Etat islamique ne se renforce, Bagdad ne l’a pas entendu ainsi. Tant le président, Barham Saleh, que son ministre des Affaires étrangères, Mohammed Ali al Hakim (sur notre photo avec Jean-Yves Le Drian), ont refusé que l’Irak devienne « un dépotoir » à djihadistes.

Ils se sont dits prêts à récupérer les Irakiens détenus en Syrie mais ils ont demandé aux pays étrangers de se charger de leurs propres ressortissants. Les pays africains sont, également, concernés : la
Tunisie, le Maroc, l'Algérie, l'Egypte, le Mali, le Sénégal, le Nigeria, etc. comptent des dizaines de leurs ressortissants parmi les djihadistes emprisonnés en Syrie.

Les Irakiens ont, en revanche, confirmé que des camps vont être installés à la frontière pour accueillir les réfugiés, qui fuient le Nord de la Syrie et les combats entre Kurdes d’un côté, et Turcs de l’autre.

Jean-Yves Le Drian, qui devrait se rendre à Erbil, la capitale du gouvernement régional du Kurdistan irakien (KRG), pour rencontrer des responsables kurdes, a, aussi, abordé avec ses interlocuteurs irakiens de Bagdad, la question des djihadistes français condamnés à mort et le sort de ceux qui vont être jugés. Des émissaires allemands, belges, britanniques, danois, néerlandais et suédois ont, aussi, discuté de ces questions avec les Irakiens.

Le groupe Etat islamique a annoncé jeudi 17 octobre avoir libéré des femmes qui étaient détenues par les forces kurdes dans le Nord de la Syrie, d’après un communiqué posté sur les chaînes Telegram de l’organisation djihadiste.

Une unité « des soldats du califat » a attaqué, mercredi, 16 octobre, un QG des forces kurdes près de la ville de Raqqa, « libérant des femmes musulmanes enlevées » par les combattants kurdes, selon le communiqué qui ne précise pas leur nationalité.

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