MIGRATION : Faute de consensus Paris et Berlin appellent à avancer sans attendre de consensus à 28

Comme on pouvait s'y attendre (afriqueeducation.com l'avait prédit), le Mini-Sommet sur l'immigration des Huit (puis des Seize), de dimanche, 24 mars, à Bruxelles, est une montagne qui a accouché d'une souris. L'Union européenne (UE) est en train de, véritablement, imploser à cause des problèmes d'immigration. Pour sauver les meubles, la France et l'Allemagne ont, immédiatement, appelé à des accords à plusieurs pays sur les défis migratoires pour contourner l'absence de consensus. L'UE se voile la face car les accords à plusieurs pays que demandent la France et l'Allemagne, ne résisteront pas à la réalité. Car ils essaient de contourner le problème en évitant, soigneusement, de l'attaquer de face pour le résoudre. Et pour le résoudre, il faut poser les questions qui fâchent, et qui sont au centre des relations entre certains pays européens et les pays africains exportateurs de migrants dont beaucoup se situent en Afrique d'expression française. Afriqueeducation.com demande aux dirigeants de l'UE, en l'occurrence, la chancelière, Angela Merkel, et le président français, Emmanuel Macron, de s'attaquer à la question de la mal-gouvernance en Afrique où certains dirigeants confisquent le pouvoir en modifiant la constitution ou n'assurent leur réélection qu'avec le concours de certaines capitales européennes comme Paris. La question de fond est là, que certains appellent « Françafrique ». Sans sa résolution, l'Europe, malgré des barrières de dix mètres de hauteur, verra, toujours, la déferlante migratoire africaine sur son sol. Car les Africains fuient avant tout la misère et la pauvreté chez eux. Rien d'autre.

Alors qu'étaient réunis dimanche à Bruxelles les dirigeants de 16 pays pour un mini-sommet visant à apaiser le climat de tension face aux questions migratoires, le bras de fer en Méditerranée entre les ONG humanitaires et le gouvernement italien s'est poursuivi.

Un navire de l'ONG allemande Lifeline a été bloqué au large de Malte avec 239 migrants à son bord, l'Italie puis Malte lui ayant refusé l'accostage.

Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, a sommé les ONG internationales de se tenir à l'écart des opérations de secours de migrants et de laisser les garde-côtes libyens se charger de cette tâche : "Les ports italiens sont et seront fermés à ceux qui aident les trafiquants d'être humains", a-t-il menacé. Ce lundi, 25 juin, Matteo Salvini s'est envolé en Libye pour une première rencontre avec les autorités de ce pays, depuis son arrivée au ministère italien de l'Intérieur. Son objectif est de cadenasser toute possibilité de sortie de migrants du territoire libyen en direction de l'Italie.

La ligne dure, voire, inhumaine de l'Italie est partagée par la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie. Ces pays acceptent, volontairement, les chèques que leur adresse Bruxelles pour la réalisation de leurs programmes économiques et sociaux, mais refusent de partager le fardeau de l'immigration.

Quant au ministre italien de l'Intérieur, il a, visiblement, ciblé Emmanuel Macron qu'il traite "d'hypocrite", un langage, jusque-là, inconnu dans les sphères civilisées de l'UE. L'extrême-droite et ses acolytes qu'on appelle « Les populistes » à la tête de l'Italie (3e puissance de l'UE depuis la sortie de la Grande Bretagne) est en train de bousculer les comportements et d'encourager, parallèlement, la montée de l'extrême-droite dans d'autres pays comme l'Allemagne, la France où le Front national soutient sans réserve Salvini.

La "réunion informelle" de dimanche à Bruxelles n'a pas débouché sur des mesures concrètes, mais elle a été "utile", a estimé à son issue le président français Emmanuel Macron. Elle a, notamment, "permis d'écarter des solutions pas conformes à nos valeurs, comme les stratégies de refoulement", a déclaré Emmanuel Macron, plaidant pour une "solution européenne".

Cette solution "se construira uniquement sur la coopération entre les Etats membres de l'UE, que ce soit une coopération à 28 ou entre plusieurs Etats qui décident d'avancer ensemble", a-t-il ajouté, faisant écho aux déclarations de la chancelière allemande Angela Merkel.

"Nous sommes tous d'accord pour réduire la migration irrégulière, pour protéger nos frontières", a déclaré Mme Merkel. Mais quand un consensus n'est pas possible, "nous voulons réunir ceux qui sont volontaires pour trouver un cadre commun d'action", a ajouté la chancelière.

Elle avait évoqué plus tôt la nécessité de trouver des "accords bilatéraux ou trilatéraux dans l'intérêt mutuel", en partant du principe que le sommet à 28 programmé les 28-29 juin à Bruxelles, "n'apportera pas encore de solution globale au problème des migrations".

Mme Merkel et M. Macron ont, notamment, mis l'accent sur la nécessité de résoudre le problème des "mouvements secondaires", c'est-à-dire, des demandeurs d'asile qui se déplacent dans l'UE, au lieu de rester dans le pays par lequel ils sont entrés dans l'attente d'une décision sur leur cas.

C'est pour y mettre fin que le ministre allemand de l'Intérieur, Horst Seehofer, menace d'instaurer un refoulement unilatéral aux frontières des migrants. Contre l'avis d'une chancelière fragilisée, qui souhaite des décisions concertées avec ses voisins.

"L'idée au départ de cette réunion, c'était un peu de sauver Merkel", soulignait même une source diplomatique, avant ce mini-sommet boycotté par les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie) mais auquel l'Italie a participé.

Le premier ministre du gouvernement populiste italien, Giuseppe Conte, s'est dit "très satisfait" à l'issue de la rencontre, lors de laquelle il a exposé ses propositions.

Rome a, notamment, appelé à "dépasser" le principe du Règlement de Dublin, qui confie aux pays de première entrée dans l'UE la responsabilité des demandes d'asile, et dont la réforme est au point mort depuis plus de deux ans, en raison, notamment, de l'opposition frontale des pays de Visegrad, opposés à toute mesure de répartition.

L'Italie demande, aussi, dans son texte, des "sanctions financières" contre les pays n'accueillant pas de réfugiés, comme l'a, également, souhaité Emmanuel Macron la veille.

Cela dit, il y a consensus au moins sur un point : en effet, tous les pays européens sont, désormais, d'accord pour renforcer les frontières extérieures de l'UE, mais ils continuent de se diviser sur leurs responsabilités dans la prise en charge des migrants tentant de rejoindre l'Europe, comme de ceux s'y trouvant déjà. Et ce malgré la chute massive des arrivées sur les côtes européennes constatée depuis 2016.

Le premier ministre belge, Charles Michel, a évoqué l'idée de créer des "centres d'orientation ou des hotspots", en référence aux idées encore floues de créer des "plateformes de débarquement" des migrants secourus en mer, y compris hors de l'UE (le nom de la Tunisie est souvent cité), et des centres d'accueil de migrants dans les pays de transit.

Ces projets en gestation visent à pouvoir distinguer en amont, avant les périlleuses traversées de la Méditerranée, quels migrants sont, effectivement, éligibles au droit d'asile et à décourager les autres de tenter le périple.

En réalité, ce sont des solutions qui ne sont pas durables car nul, en Europe, ne peut contenir sur le sol africain, l'énorme misère vécue en Afrique par les Africains. Tant que les Africains n'auront pas le bien-être chez eux, dans leur pays, à cause des tas de raison dont le soutien apporté aux dictateurs africains, dans leur pratique de la mauvaise gouvernance et l'accaparement des richesses par un petit nombre, on ne sortira pas de cette situation.

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