MUNICIPALES A PARIS : La candidate de Macron « OUT », Anne Hidalgo du PS en passe de se succéder à elle-même

Le parti d'Emmanuel Macron, La République en marche (LREM), n'aura-t-il été qu'un coup d'épée dans l'eau ? Un simple phénomène météorique ? Les déboires des candidats du jeune président ne se comptent plus pendant ces municipales. Après avoir, contre toute attente, ravi la présidence de la République où personne ne l'attendait, il avait, logiquement, obtenu la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Une majorité, aujourd'hui, perdue parce que la désillusion est telle que beaucoup de ceux qui l'avaient rallié dans l'ivresse des victoires, ne savent plus à quel saint se vouer. Les plus courageux rentrent à la maison (Parti socialiste) tête baissée la queue entre les jambes. Après une déconfiture à Lyon où Gérard Collomb, ancien ministre de l'Intérieur et candidat LREM à la mairie de Lyon, deuxième ville de France, Collomb ancien maire PS après avoir rallié Macron, appelle aujourd'hui à voter LR, la droite des Sarkozy, Fillon et consorts. A Marseille, la ville de cœur du président n'ouvrira pas ses portes à LREM. A Paris, il n'y a pas eu d'effet-surprise. Macron ne peut plus surprendre comme en 2017 quand, illustre inconnu du paysage politique français, il disait des choses mensongères sans pouvoir être contredit. Trois ans après, les Français le connaissent déjà. On a eu les Gilets Jaunes qui ont démontré qu'il n'était qu'un imposteur. Les grèves se sont multipliées. Le Parti socialiste est en train de se requinquer. La preuve, elle ne sortira pas perdante des élections municipales actuelles. Arrivée en tête dans neuf arrondissements sur dix-sept lors du premier tour, à Paris, Anne Hidalgo peut envisager sereinement le second tour des municipales, renforcée par son alliance, de ce jour, avec les écologistes... et les déboires de La République en marche. Et le maintien du candidat dissident, l'ex-député LREM et mathématicien, Cédric Villani.

Ce mardi, 2 juin, des listes fusionnées entre celles de la maire PS sortante et celles d'Europe écologie-Les Verts, emmenées au premier tour par David Belliard, ont été déposées en préfecture.

"On a trouvé un accord sur les trois thèmes sur lesquels on travaillait depuis plusieurs jours : le projet, la gouvernance et les listes", a indiqué le directeur de campagne de la maire sortante, Emmanuel Grégoire. "Nous avions un projet écologique et social et nous savions qu'une coalition était nécessaire. Nous la faisons aujourd'hui avec Anne Hidalgo", a, pour sa part, souligné M. Belliard dans une interview au Parisien.

Les deux nouveaux alliés se sont affichés ensemble pour la première fois de la campagne, ce mardi, 2 juin, après-midi, s'attablant à une terrasse tout juste rouverte du IXe arrondissement. Interrogée sur la place faite à EELV dans l'exécutif, Anne Hidalgo a rapporté que l'accord prévoyait "des adjoints et une mairie d'arrondissement, on verra" laquelle.

La seule mathématique promet un boulevard victorieux pour l'attelage le 28 juin, alors que les listes Hidalgo sont arrivées en tête au premier tour (29,33%), devant celles de la LR Rachida Dati (22,72%), de la marcheuse (LREM) Agnès Buzyn (17,26%) et de M. Belliard (10,79%).

Mieux : la socialiste est arrivée en tête dans neuf arrondissements sur dix-sept, sans se faire réellement menacer dans ses bastions - une grosse moitié Est de la capitale.

Certes, la sortante a recueilli cinq points de moins qu'au premier tour de 2014. Mais, la contre-performance apparaît bien relative comparée aux promesses de déroutes formulées par ses adversaires il y a encore un an, après les ratés du changement de prestataire du Vélib, de la suppression des Autolib ou de la fermeture à la circulation automobile d'une partie des voies sur berges, conspués par les oppositions.

Depuis, le crash de la candidature Benjamin Griveaux, puis, les déboires de sa remplaçante, Agnès Buzyn, ont fini de doucher les espoirs de LREM de conquérir une capitale pourtant jugée à portée de main après les excellents scores du mouvement présidentiel aux législatives de 2017 et européennes de 2019.

Autrefois jugée clivante, la sortante s'est, ainsi, jouée d'un front pourtant nourri du "Tout sauf Hidalgo" et s'impose désormais comme rassembleuse : le député ex-LREM, Aurélien Taché, lui a apporté son soutien, partie immergée d'un iceberg de la branche gauche historique de La République en marche, qui avait appelé, dès le départ, à ne pas renoncer à une alliance avec la maire sortante.

Cédric Villani, dissident LREM, n'apparaît par ailleurs en rien comme une menace après son modeste score du premier tour : 7,88%. Il s'est maintenu pour participer au 2e tour, ce qui fait le jeu de la maire sortante dont il fut un actif soutien en 2014.

Si elle devait être réélue maire de Paris, ce qui est largement envisagé, Anne Hidalgo s'imposerait comme l'une des survivances triomphantes d'un PS toujours convalescent. Mais de retour.

Seul hic au succès d'Anne Hidalgo, l'absence de Noirs et de personnes de couleurs sur ses listes et ses équipes à la mairie (sur cette photo de lancement de campagne, on cherche les Noirs sans trouver). Cette critique lui colle à la peau même quand elle était l'adjointe de Bertrand Delanoë.

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