PRESIDENTIELLE EN COTE D'IVOIRE : Alassane Ouattara jette l'éponge

Coup de tonnerre dans le ciel très chaud de Yamoussoukro. Le président ivoirien, Alassane Ouattara, qui entretenait depuis des mois le mystère sur son éventuelle candidature à un troisième mandat, a annoncé, jeudi, 5 mars, à Yamoussoukro, qu'il ne se présenterait pas à l'élection présidentielle en octobre 2020.

«Je vous annonce solennellement que j'ai décidé de ne pas être candidat à la présidentielle du 31 octobre 2020 et de transférer le pouvoir à une jeune génération», a-t-il lancé devant les parlementaires du Sénat et de l'Assemblée nationale réunis en Congrès extraordinaire, à Yamoussoukro, capitale politique de la Côte d'Ivoire et ville natale du père de la Côte d'Ivoire moderne, Félix Houphouët-Boigny.

Alassane Ouattara, 78 ans, avait été élu en 2010 et réélu en 2015.

Cette annonce faite au terme d'un discours d'une trentaine de minutes a été accueillie par un tonnerre d'applaudissements de la part des élus, mais aussi, de centaines d'élèves et étudiants invités au Congrès. "Prési ! Prési ! Merci ! Merci !", ont scandé des jeunes.

Cela dit, son départ du pouvoir risque d'avoir de fâcheuses conséquences sur le président de Guinée, Alpha Condé, à qui on prête de fortes intentions de vouloir modifier la constitution afin de se représenter pour un troisième mandat. Conseiller politique d'Alassane Ouattara, Alpha Condé n'aurait donc pas pu le convaincre de briguer un troisième mandat (sur notre photo Alassane Ouattara avec son fidèle parmi ses fidèles Amadou Gon Coulibaly).

Ouattara avait annoncé, l'année dernière, qu'il dirait, en mars 2020, au plus tard, s'il serait candidat ou non à sa propre succession. Il a tenu parole et fixé les Ivoiriens. Maintenant, il va s'atteler à faire élire son poulain, l'actuel premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, qui risque de rencontrer sur son chemin comme adversaire de poids, à la présidentielle d'octobre prochain, le président, Henri Konan Bédié, du PDCI-RDA. Ce dernier aspire à reconquérir son pouvoir perdu en décembre 1999 à cause d'un coup d'état perpétré par un certain Alassane Ouattara.

En attendant de faire son bilan, on peut d'ores et déjà dire que le président Ouattara a échoué à réconcilier la Côte d'Ivoire. La preuve ? Son prédécesseur, Laurent Gbagbo, est, presque toujours, en prison, à la CPI (Cour pénale internationale), bien qu'il soit libre de ses mouvements en Belgique. De son côté, celui qui l'avait fait accéder au pouvoir grâce à sa rébellion, Guillaume Soro, est persona non grata en Côte d'Ivoire où il risquerait la case prison s'il y mettait les pieds. Il réside, actuellement, en France en attendant que sa situation s'éclaircisse et qu'il puisse retourner se présenter à la présidentielle d'octobre comme il le souhaite.

Bref, Ouattara, peut-on résumer, rapidement, a réussi en économie, mais, il a, lamentablement, échoué en politique. Toutefois, il bénéficie de circonstances atténuantes pour avoir accepté de quitter, volontairement, le pouvoir.

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