PRESIDENTIELLE GABONAISE : 68% pour Jean Ping sur 40% de bulletins dépouillés

Le Gabon étant une maison de verre, tout se sait. Rien ne se cache. Depuis quelques jours, Bongo Ondimba Ali (BOA) réunit des membres de sa famille (du moins ceux qui sont à Libreville) au Palais. Simple mesure de sécurité ? Toujours est-il que deux de ses frères ont, déjà, envoyé femmes et enfants hors du Gabon. On n'avait pas connu une telle panique en 2009 : BOA avait, globalement, un parti (le PDG) soudé autour de sa personne. Et les chefs d'Etat de la sous-région (avec la France aussi) veillaient au grain pour que rien de grave n'arrive au Gabon après la mort de son prestigieux président, le patriarche Ondimba. L'arrivée de son fils aux affaires a été une catastrophe (le mot est faible) pour le pays. C'est la raison de ce sauve-qui-peut actuel dans l'entourage de BOA.

Le vote, lui, s'est bien déroulé. Et la victoire ne va pas, cette fois, se tromper de camp. Après avoir rallié quatre candidats à la présidentielle dont deux poids lourds, Guy Nzouba Ndama et Casimir Oyé Mba, Jean Ping, avec l'apport non négligeable de Désiré Roland Aba'a Minko et de Léon Paul Ngoulakia, fils de la province du Haut Ogooué, fait carton plein. Il rassemble, tout seul, un potentiel qui tourne autour de 70% des 628.000 votants. Cette certitude fait trembler le camp présidentiel qui a perdu sa sérénité, voyant la défaite venir à grands pas. La dernière manœuvre de la présidente de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo, qui a pris un arrêt (historique), la veille du vote, (vivement dénoncé par le camp de Ping) pour autoriser le vote des militaires et des policiers, même là où ils n'étaient pas inscrits, pour leur permettre de voter plusieurs fois, est un autre scandale qui ne permettra pas à Bongo Ondimba Ali (BOA) de rééditer en 2016, son hold up de 2009.

Mais comme dans le camp présidentiel, on ne tient plus debout et on voit Ping s'installer au Palais du Bord de Mer, comme il le jure depuis deux ans, la panique s'est installée dans les têtes. C'est ainsi que, ignorant les directives de son propre ministre de l'Intérieur qui, quelques heures auparavant, rappelait à tous les Gabonais que c'est lui et lui seul qui annoncera, et les tendances, et le résultat final, BOA a quand même envoyé son porte parole, dire devant les médias d'Etat aux ordres, qu'il avait gagné l'élection présidentielle. Il était ce samedi, 27 août 2016, 23h30 heure de Libreville (22h30 GMT).

«Mesdames et Messieurs, le Gabon vient de vivre une journée qui comptera dans son histoire. Une journée décisive au cours de laquelle nos compatriotes ont exprimé leur choix pour les sept années à venir. Au terme d’une campagne particulièrement active, alors que les opérations de dépouillement ne font que commencer, il convient tout d’abord de saluer la forte dynamique rencontrée et vécue au fil des déplacements du candidat Ali Bongo Ondimba. Cette énergie positive, cette adhésion massive des populations nous rendent confiants. Oui, ce soir, nous sommes confiants, car, le peuple a parlé. Ce peuple qui demande une égalité des chances.
….
Enfin, pour conclure, je tiens à rappeler que le candidat Ali, comme l’ensemble de ses soutiens, mettra un point d’honneur à respecter la loi électorale. Car, nous sommes, nous, respectueux des Gabonais et des citoyens. Même si aucun chiffre ne peut et ne doit être avancé à ce stade, nous sommes, au vu des informations qui nous parviennent, en mesure d’affirmer que notre candidat, Ali Bongo Ondimba, remporte la victoire dans notre pays. Nous sommes donc déjà en route pour un second mandat en attendant la confirmation par les instances habilitées. Je vous remercie». Signé le porte-parole directeur de la communication du candidat BOA ( par ailleurs ministre de la Communication).

Preuve que cette démarche avait été concertée dans le camp de BOA, Mr Ndong, porte-parole du PDG, s'est, lui aussi, invité à la « Nuit électorale » sur Gabon Télévision pour annoncer, vers minuit passé, que BOA était en train de gagner dans « six des neuf provinces », ce qui a fait bondir de colère le Dr Ndoutoume, porte parole de Jean Ping, lui aussi, sur le plateau, qui a littéralement sorti ses griffes. Animateur du débat avec deux autres confrères, Hass a vite calmé les esprits, rappelant au jeune pdgiste à plus de prudence dans ses déclarations à l'emporte-pièce.

Voyant le hold up arriver, la réplique du camp de Jean Ping n'a pas tardé. Moins d'une heure après la sortie du ministre de la Communication et directeur de la communication de BOA, Jean Ping a sorti l'artillerie lourde :

«Ce 27 août 2016, à environ 23h 30, le Porte parole d’Ali BONGO a convoqué la presse pour déclarer ce qui suit :
« Nous avons noté des fraudes massives en particulier dans les zones où les représentants de l’opposition ont pu arriver les premiers dans les bureaux de vote. ….
… nous sommes, au vu des informations qui nous parviennent, en mesure d’affirmer que notre candidat, Ali Bongo Ondimba, remporte la victoire dans notre pays. Nous sommes donc déjà en route pour un second mandat en attendant la confirmation par les instances habilitées.»
Il convient de signaler que plus tôt dans la journée, le Président de la Commission Nationale Autonome et Permanent (CÉNAP) et le Ministère de l’Intérieur ont rappelé à l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle que la proclamation des résultats était de la seule compétence du Ministère de l’Intérieur. La déclaration du Porte-parole d’Ali BONGO qui constitue une violation flagrante de ce rappel à la loi des autorités en charge de la gestion de l’élection présidentielle est une première dans l’histoire électorale du Gabon depuis 1990. Mieux c’est la première fois que l’on entend le pouvoir qui organise les élections se plaindre de fraude.
Le candidat Ali Bongo, constatant comme cela était prévisible la victoire irréversible de Jean Ping (notre photo en train de voter samedi 27 août à Libreville), a fait le choix de porter atteinte à la sérénité du processus électoral et de créer l’instabilité dans le pays. Depuis la fin du dépouillement des résultats, les Gabonais de toutes les provinces sont en train de célébrer dans la liesse, au vu des résultats sortis des urnes, la victoire de Jean Ping et la fin de l’imposture.
La déclaration du Porte-parole d’Ali Bongo oblige l’équipe de campagne de Jean PING à sortir de sa réserve et l’autorise à informer directement le peuple gabonais et l’opinion nationale et internationale des résultats en sa possession au fur et à mesure de leur compilation dans son application. A 02 h 20 du matin, ce dimanche 28 août 2016, après avoir compilé les résultats d’environ 40% des inscrits répartis sur l’ensemble du territoire national, dont une grande partie de la province du Haut-Ogooué, il ressort que Jean Ping obtient plus de 68% des suffrages exprimés alors qu’Ali Bongo n’obtient que moins de 29%. Il est clair que devant de tels résultats qui, bien que partiels, constituent un échantillon représentatif, Monsieur Jean PING est clairement le vainqueur de cette élection et le futur président de la République Gabonaise.
Au regard de la gravité de la situation créée par la déclaration irresponsable du porte-parole d’Ali Bongo, l’équipe de campagne de Jean PING prend à témoin l’opinion nationale et internationale sur les conséquences qui en résulteraient.» (fin du communiqué).

Que conclure après ce comportement de BOA qui a entraîné la réplique immédiate de Jean Ping : que BOA est aux abois. Que BOA est pris de panique à l'idée de se faire dégager par quelqu'un qui lui annonce depuis deux ans qu'il le battra (correctement) à la présidentielle. Que BOA commence à ne plus regarder ses partisans dans les yeux car il a honte d'avoir fait couler l'édifice (PDG) qui avait permis les victoires jusqu'en 2009.

La question qui se pose dans le camp de BOA n'est pas simple : Comment annoncer la défaite aux militants du PDG habitués aux succès ? Voilà la question qui taraude heure par heure minute par minute l'esprit des émergents du Palais du Bord de Mer, qui ne savent plus à quel saint se vouer.
 

Commentaires

Afrique debout ... (non vérifié)
Bonjour à tous mes freres et soeurs africains et gabonnais en particulier. Grand et tres tred grand bravo si les résultats se confirment en faveur du changement. Ouf, un de plus dégagé. Soyez vigilents et fermes, ne lachez pas. Il est capable de créer une fausse rebelion pour couvrire des annonces fauses nuitament comme à coté. Soyez prudents, le pouvoir c est tellement agtéable qu ils sont capables du pire pour conserver ces facilites.
Afrique debout (non vérifié)
Lire gabonais, pardon pour la coquille.
N'KALOULOU (non vérifié)
Attention, il ne faut surtout pas s’enflammer! C'est loin, très loin, d'être gagné par Jean Ping. Qu'en pense et dit Paris... ?
Mbimssa Blandine (non vérifié)
La victoire est bien...dosée pour Jean Ping qui arrive largement en tete dans 8 provinces sur 9..Qu Ali reconnaisse la victoire de celui qu il a rendu celebre en faisant de lui son programme...Ping par ci,Ping par la. Enfin le pays va nous appartenir. Merci monsieur le President Ping. Cette fois-ci...plus de hold up electoral. Place à la construction et au développement du Gabon
Djim (non vérifié)
Merci Mr le Président Jean Ping la victoire t'appartient car il n'ont jamais gagné depuis les temps c'est vraiment malheureux tous sa doit changer même s'il faut que nous allons à la dérive on ira les gabonais sont près et l'opinion international est témoin tu dois libéré ton pays car ton cursus n'as jamais été douteux comme l'autre plaignent

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