PRESIDENTIELLE GABONAISE : Bongo Ondimba Ali et le PDG face à l'histoire

Rappelons les faits tels qu'ils se sont déroulés dès le début : c'est Bongo Ondimba Ali (BOA) et son camp qui, les premiers, ont allumé le feu, samedi, 27 août, à 23h30 (22h30 GMT), en déclarant, urbi et orbi, que leur candidat se dirigeait vers un deuxième septennat au vu des chiffres qui étaient en leur possession. BOA, pour une énième fois, depuis qu'il est président de la République, violait la loi républicaine et contredisait, par la même occasion, son propre ministre de l'Intérieur et la CENAP, qui, quelques heures, auparavant, avaient rappelé qu'ils sont les seules institutions habilitées à donner les résultats.

Légaliste, Jean Ping n'a fait que corriger cette déclaration mensongère en apportant, lui, les chiffres, les vrais, qui étaient en sa possession. Il ne faut donc pas mélanger les genres : c'est BOA, et lui seul, qui a, le premier, cherché à semer le trouble, en utilisant les méthodes de détournement électoral (souvent utilisées au PDG), mais qui, visiblement, n'ont pas fonctionné, pendant cette élection. Pourquoi ? Parce que lui-même ancien du PDG, Ping est coquettement entouré d'anciens dignitaires bon teint de ce parti, qui connaissent toutes les ficelles du métier (de fraudeur). Voilà comment la tentative d'inversement de la victoire de BOA (que tout le monde voyait venir) a été neutralisée.

On est, cependant, très étonné qu'après cette démonstration du camp Ping, les partisans de BOA soient, toujours, incapables d'apporter, de leur côté, une réplique chiffrée, pour montrer qu'ils ont raison. Hier soir, le Dr Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, qui dirige la communication de Jean Ping, a enfoncé le clou, en donnant les scores de chacun des deux candidats dans les neuf provinces que compte le Gabon. Selon son décompte qui se base sur 60% des PV, BOA n'est sorti vainqueur que dans deux provinces (son Haut-Ogooué et dans l'Ogooué Ivindo). Dans les sept autres provinces, c'est carton plein pour Jean Ping. Chiffres à l'appui. Avec un score à la soviétique chez les Gabonais de l'extérieur (Dixième Province chère au patriarche Ondimba) qui s'élèvent à plus de 8.000 personnes, ce qui n'est pas rien.

Plus précisément, le taux de participation s'étant situé à 53%, il y a eu, exactement, 186.806 votants. Jean Ping, sur la base des 60% de PV compulsés, recueille 105.112 voix, soit, 59,14% contre 68.355 voix pour BOA, soit, 38,40%, les huit autres candidats se partageant 4.262 voix, soit, 2,4%.

Selon Dr Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, Jean Ping accumule, d'ores et déjà, une avance de 20 points sur BOA, qui va être « très très difficile sinon impossible » à rattraper.

Après s'être situé à 68% sur 40% des PV dépouillés, Jean Ping est à 59% sur 60% des PV dépouillés. Les 40% restants des PV à dépouiller ne pourront pas sauver le candidat de la majorité présidentielle du naufrage : son bateau va, certainement, couler dans l'Ogooué. On pense que c'est l'une des raisons qui a poussé le candidat à la présidentielle, Moussavou King, à présenter, hier, ses félicitations à Jean Ping comme vainqueur de l'élection, après Pierre-Claver Maganga Moussavou avant hier.

En attendant les résultats officiels du Ministère de l'Intérieur et de la CENAP (comme simple formalité), BOA est, fortement, invité à présenter ses tendances qui font de lui le « vrai vainqueur », en prenant Jean Ping au mot. Les tendances des deux candidats pourront, alors, être confrontées devant le Gabon entier, en présence des observateurs de la NDI (américaine), de l'Union européenne, de la Francophonie, de l'Union africaine, de l'OPAD et autres.

Mais dans le camp de Jean Ping, on avance que BOA (connaissant qu'il a perdu) ne se risquera, jamais, dans cet exercice de peur de se faire humilier. Reste, maintenant, qu'il accepte de sortir du Palais du Bord de Mer par la grande porte, afin de laisser son nom de façon positive, dans l'histoire de la jeune démocratie africaine, en étant celui qui avait appelé au téléphone Jean Ping, malgré l'adversité des apparatchiks du PDG, (comme l'avait fait Abdou Diouf en 2000 au Sénégal) pour féliciter son ennemi intime, Jean Ping.

Commentaires

N'KALOULOU (non vérifié)
Ce serait un véritable tremblement de terre dans toute la sous-région (Afrique centrale). C'est pourquoi la prudence s'impose.
SEMA (non vérifié)
Mon frère ,il y aura certainement un tremblement de terre,mais on ne bafoue pas la prudence en disant la vérité.Surtout quand on l'a dit en réaction d'une mauvaise intention comme celle des actions du camp Bongo;ayons à l'esprit la chronologie des faits.

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