PRESIDENTIELLE GABONAISE : Jean Ping vers un triomphe

Commencé, mardi, 30 août, à la Cité de la démocratie, vers 19 h 00 (18 h 00 GMT), le dépouillement s'est poursuivi toute la nuit et continue ce matin. Il concerne 354.448 électeurs ayant voté, soit, 58% du corps électoral. Jusqu'à tard dans la nuit, huit gouverneurs sur neuf avaient communiqué les résultats du vote dans leur province. Avant de passer le relais à la CENAP, à Libreville, pour centralisation. Il ressort de ce processus que Jean Ping a gagné dans cinq des huit provinces : l'Estuaire (Libreville), Moyen-Ogooué (Lambaréné), Ngounié (Mouila), Ogooué Maritime (Port-Gentil) et Woleu Ntem (Oyem). Bongo Ondimba Ali (BOA), lui, aurait gagné dans les provinces de l'Ogooué-Ivindo (Makokou), l'Ogooué-Lolo (Koulamoutou) et la Nyanga (Tchibanga). L'avance de Jean Ping, sur les huit des neufs provinces, serait de 60.035 voix, sans compter la dixième province chère au patriarche Ondimba, constituée des Gabonais de la diaspora où le score de Ping est voisin de ceux de l'Union soviétique de Leonid Brejnev. La neuvième province dont le résultat n'était pas connu est celle où BOA est supposé faire carton plein : le Haut Ogooué, sa province d'origine, qui compte 71.123 électeurs. Cependant, sur des prévisions mathématiques, à moins de faire un chiffre proche de 100% (avec 100% de votants pour une moyenne nationale de 58%), ce qui est impossible, son demi-frère, Léon-Paul Ngoulakia, lui aussi, candidat à la présidentielle, et digne fils de cette province, ayant rallié Jean Ping et appelé à voter pour lui, BOA ne pourrait plus rattraper Jean Ping. Simple logique de calcul arithmétique. Mais, pour dire vrai, le camp présidentiel ne perd pas espoir et n'a pas abandonné l'espoir de trouver une faille pour tricher. Ses représentants au sein de la CENAP sont cependant surveillés comme du lait sur le feu. Voilà pourquoi, pour assurer tout le monde, surtout, le peuple gabonais, il a été demandé de communiquer les résultats bureau de vote par bureau de vote, ce qui n'arrange pas le candidat du PDG. Cette façon de faire n'est pas prévue dans la loi électorale gabonaise. Mais avec la suspicion qui règne, les observateurs de l'Union européenne et des Etats-Unis, notamment, ont fait savoir que, par les temps qui courent, c'était une nécessité vitale. Incontournable. Jean Ping gagne, donc, assurément, un gros point. Au nom d'un souci de transparence partagé par la communauté internationale.

Ayant envoyé des représentants observer le vote dans cinq villes du Gabon dont Libreville et Port-Gentil, l'ambassade des Etats-Unis a sorti un communiqué, mardi, 30 août, pour faire connaître son point de vue. Voici quelques extraits de ce communiqué :

« L'ambassade des Etats-Unis à Libreville félicite le peuple gabonais pour le déroulement pacifique des élections présidentielles du 27 août 2016... Nous remercions et félicitons le gouvernement pour l'accréditation des observateurs internationaux et nationaux leur ayant permis d'accomplir leur mission d'observation des élections... ».

« Les équipes de l'Ambassade qui étaient déployées dans cinq villes du Gabon le jour du scrutin ont été impressionnées par la détermination des citoyens à voter, mais également, par leur patience dans le traitement des longues files d’attentes et des retards importants accusés. Cependant, et selon notre opinion, les électeurs ont été desservis par de nombreuses failles systémiques et des irrégularités dont nous avons été témoins ».

« Les ouvertures tardives de nombreux bureaux de vote, les retards des agents électoraux et des représentants des partis, les changements de dernière minute des procédures de vote et la mauvaise compréhension des règles, règlements et procédures existants, ont contribué à la confusion dans de nombreux bureaux de vote. Néanmoins, nous avons été impressionnés par le bon déroulement du dépouillement et le professionnalisme avec lequel il a été effectué ».

« Pour des raisons de transparence et afin d'accroître la crédibilité du processus, nous demandons au gouvernement de publier les résultats par bureau de vote. Cela est essentiel et valide le rôle important joué par les citoyens gabonais en assistant au dépouillement du scrutin. L'exercice du droit de vote et la crédibilité que le peuple confère à l’exactitude des résultats des urnes, comme le reflet de sa volonté, demeure un principe fondamental ».

« La période de campagne électorale fut intense et la période post-électorale doit être un moment pour le peuple gabonais d’atténuer les divisions et d’apaiser les tensions. Nous appelons tous les Gabonais à résoudre les divergences politiques qui les séparent par la paix et le dialogue. Nous exhortons toutes les parties à s'abstenir de déclarations ou d’actions incendiaires. Un climat apaisé après l'élection a autant d’importance que le déroulement pacifique du vote. Le peuple Gabonais le mérite ».

"Pour l’avenir, nous exhortons le Gouvernement Gabonais à procéder à l’examen prompt et approfondi des procédures électorales, mais également, à ne pas tarder à mettre en œuvre les réformes nécessaires permettant d’améliorer les procédures et d’installer la confiance des citoyens gabonais vis-à-vis de leur gouvernement. Des mesures d’amélioration importantes du processus d'inscription des électeurs, comme l'introduction de la biométrie, ne sont pleinement efficaces que si l'ensemble du processus est régulier et transparent. Nous sommes disposés à assister les autorités gabonaises, les citoyens et les groupes issus de la société civile dans tous les aspects de l'organisation des élections, le développement des partis politiques et la participation civique » (fin du communiqué).

Parmi les techniques de fraude utilisées par le PDG et validées par la très corrompue CENAP dont il faut se rappeler que son président, René Aboghé Ella, était en liaison directe et permanente avec le directeur de cabinet de BOA et véritable président du Gabon, le Béninois, Maixent Accrombessi, récemment, frappé par un AVC et, actuellement, en soins intensifs au Maroc, il y a celles du scanner qui consistait à scanner les signatures des représentants de partis qui avaient observé l'élection dans un bureau, après avoir modifié ( de fond en comble) les résultats (en faveur du camp de BOA). Voilà pourquoi l'exigence des originaux de PV et pas les photocopies ni les documents scannés est une nécessité.
Mais, comme par hasard, beaucoup de PV manquent à l'appel sans qu'on explique pourquoi : des PV qui désavantagent Jean Ping.

Bref, les fraudeurs du PDG et de la CENAP sont coincés, car, ils sont, progressivement, pris la main dans le sac, ce qui complique le déroulement des opérations. Jean Ping a juré : « Les Gabonais ne se laisseront plus voler leur victoire cette fois ». Voilà pourquoi on va lentement pour arriver sûrement vers un triomphe de Jean Ping (sur notre photo avec deux de ses principaux soutiens, Guy Nzouba Ndama et Casimir Oyé Mba).

Commentaires

Visiteur (non vérifié)
Félicitations au nouveau gouvernement cela va servir de leçon aux pays frontaliers.

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