PRESIDENTIELLE GABONAISE : Pourquoi Bongo Ondimba Ali se comporte déjà comme battu

Jean Ping n'a pas eu le temps de savourer sa première victoire électorale, en se faisant adouber, comme candidat unique de l'opposition, que Bongo Ondimba Ali (BOA), avait, déjà, sorti l'artillerie lourde, dans le but de, totalement, l'anéantir. Il faut rappeler que l'accord scellé, le 16 août, sous la direction de Zacharie Myboto, aux côtés de quelques « vieillards » et des représentants de la société civile, a, complètement, déstabilisé le camp de BOA. En effet, ce dernier commençait, déjà, à stocker les bouteilles de champagne dans les congélateurs, champagne qui devait couler à flot, pour saluer la victoire du président sortant. Malheureusement, le rangement de Guy Nzouba Ndama et de Casimir Oyé Mba derrière Jean Ping, change, complètement, la donne. A eux trois, ils représentent entre 55% et 60% de l'électorat, sans compter celui d'autres candidats de l'opposition qui vont, sans aucun doute, rallier Ping, d'ici vendredi prochain. Aujourd'hui, tout le Gabon sait que BOA ne peut plus gagner l'élection présidentielle du 27 août. Et s'il essaie de frauder, comme il en a la forte intention avec la complicité de la CENAP de Aboghé Ella parce que le pouvoir compterait, au final, sur Mborantsuo de la Cour constitutionnelle pour avaliser ce coup de force, BOA aura, alors, à affronter (dans le sang), tous les Gabonais et toutes les Gabonaises.

Dans les rangs du PDG (ou ce qui en reste car ce parti n'existe, réellement, plus), c'est la débandade totale. Les équipes de BOA ne savent plus à quel saint se confier. La défaite est, déjà, dans les têtes.
C'est dans ce climat de fin de règne que BOA a décidé de jeter ses dernières cartes, les toutes dernières, dans la bataille.

Il a, ainsi, lancé tous ses « chiens », crocs dehors et langues pendantes, pour casser du Ping. Ce n'est plus une campagne électorale qui était supposée être une fête populaire. C'est, déjà, la guerre que BOA déclare à la très grande majorité des Gabonais et des Gabonaises, qui ont juré de le faire battre. Lui qui avait déclaré que le prochain président du Gabon, ce sera « Lui ou personne » !

Dans la journée de jeudi, 18 août, soit deux jours après l'accord entre les trois grosses pointures de l'opposition, c'est l'actuel président de l'Assemblée nationale, Richard Auguste Onouviet, qui s'est invité à la chaîne de télévision publique, Gabon 24, pour chercher à convaincre les Gabonais que Jean Ping est un délinquant à col blanc qui a magouillé dans le dossier du Fer de Belinga. Richard Auguste Onouviet, qui a témoigné en tant que ministre des Mines, à l'époque, a, particulièrement, chargé Jean Ping, qui, en ce moment, occupait les fonctions de vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères. Personne n'était en face d'Onouviet pour donner la réplique. Le monologue de l'actuel président de l'Assemblée nationale était renforcé par des questions à charge de la journaliste intervieweuse. Et comme si ce long entretien d'une demie heure, à sens unique, n'avait pas suffi, le Palais du Bord de Mer a exigé qu'elle repasse, dans la soirée, à une heure de grande écoute, cette fois-ci, sur la première chaîne publique, Gabon Télévision. Est-ce de cette façon que le pouvoir tente de sauver BOA de la noyade déjà programmée ?

Ce n'est pas tout : le lendemain de cette épopée, vendredi, 19 août, toujours dans le journal de 23h00 de Gabon Télévision, c'est le procureur du Tribunal de Grande instance de Libreville qui, cette fois, s'est invité pour annoncer aux Gabonais qu'il allait lancer via un juge d'instruction, un mandat d'arrêt international contre Frank Ping (le fils de Jean Ping), en fuite, selon le procureur, pour avoir détourné 5 milliards de F CFA, dans le cadre du dossier de Belinga. Si la procédure, dans cette affaire, n'est, encore, qu'à ses débuts, l'annonce précipitée du procureur s'explique par le fait que BOA veut à tout prix salir Jean Ping, conscient de sa (très) nette avance dans l'électorat et de la dynamique qui galvanise les troupes de l'opposition. Malheureusement, BOA est, déjà, battu. On ne voit pas comment il peut inverser la dynamique de la victoire qui a élu domicile chez Ping.

Même les téléspectateurs des fins fonds des mapanes de Libreville et de l'intérieur du pays, sont en train de voir que le remue-ménage organisé sur le dossier de Belinga, est fait à cause de la panique générale qui a gagné les rangs de la majorité présidentielle. Après une tournée républicaine qui lui avait donné beaucoup d'espoir, BOA se rend compte de sa grande impopularité dans le pays, maintenant que les vraies choses ont commencé.

Vendredi, 19 août, à Oyem, il a tenu un meeting sans saveur ni enthousiasme dans le fief de son premier ministre, Daniel Ona Ondo. Malgré le fait que les moyens de transport avaient été mis, gratuitement, à la disposition des militants qui venaient des contrées lointaines, afin de faire foule, sans oublier les inoubliables billets de banque (5.000 F CFA par ci 10.000 F CFA par là), le meeting n'a pas réuni grand monde. Pus grave, les mines des militants n'affichaient plus le sourire des grands jours. La peur a, vraiment, changé de camp. Maintenant, la seule issue qui reste à BOA, c'est de « neutraliser », à tout prix, comme il se chuchote dans son camp, d'une manière ou d'une autre, Jean Ping. Mais comment ? Attention à ce qu'il peut être tenté de faire. Le monde entier a, désormais, BOA à l'oeil.

Au lieu d'une victoire par K O que ses partisans annonçaient à qui voulait les entendre, c'est plutôt le BOA suprême qu'on risque de ramasser sur le tapis du ring (électoral), complètement, groggy par un uppercut dont Jean Ping a le secret. Comme tout bon fils de Chinois qui ne s'ignore pas, Ping a plus d'un tour dans son sac. Et c'en sera fini de l'humiliation des Gabonais et des Gabonaises, qui pourront, enfin, récupérer leur beau pays des mains des kleptomanes de la légion étrangère du Palais du Bord de Mer, avec à leur tête, le Béninois, Maixent Accrombessi, le véritable président du Gabon, qui, aux dernières nouvelles, serait, entre la vie et la mort, hospitalisé à la clinique royale de Rabat, après une très forte chute de tension, qui aurait mis à mal l'équilibre de son système nerveux.

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