PRESIDENTIELLE GABONAISE : Quand Bongo Ondimba Ali exporte sa panique dans les pays voisins

Grâce aux bons offices de Zacharie Myboto, l'opposition gabonaise a réussi à désigner, le 16 août passé, un candidat unique, pour la représenter à la présidentielle du 27 août prochain. Dans le camp du candidat Bongo Ondimba Ali (BOA), personne n'a vu cette alliance venir. Résultat, depuis ce 16 août, c'est la panique générale au Palais du Bord de Mer. Cela dit, BOA a d'autres soucis à se faire. Car les trois grosses pointures concernées, à savoir, l'ancien président de l'Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, l'ancien gouverneur de la BEAC et ancien premier ministre, Casimir Oyé Mba, et l'ancien président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, ont été rejoints, samedi, 20 août, par le candidat à la présidentielle, Léon Paul Ngoulakia, qui n'est autre que le demi-frère de BOA. Le fait qu'il se présente, lui aussi, à cette présidentielle, montre, clairement, qu'après avoir divisé le Gabon en opposant vieux et jeunes, riches et pauvres, Gabonais et étrangers, BOA a, en même temps, divisé sa propre famille, qui n'est plus soudée comme elle l'était, sous le patriarche Ondimba. Léon Paul Ngoulakia (qui est le grand-frère de BOA) dit l'avoir accueilli, en 1968, dans la Cour de la présidence, avant d'en faire son petit-frère, comme le lui avaient demandé ses parents. Aujourd'hui, Léon Paul ambitionne de faire basculer la province du Haut Ogooué, d'où les deux frères sont originaires, dans l'escarcelle du candidat Jean Ping. Mais pris de peur de perdre beaucoup de voix dans ce bastion qui lui était acquis, comme c'est déjà le cas dans la quasi-totalité des autres provinces du Gabon, BOA commence à utiliser des moyens anti-démocratiques. Preuve de la panique qui a gagné ses soutiens (Ministres, Directeurs Généraux et Centraux, etc.), le meeting de ralliement de Léon Paul Ngoulakia à Jean Ping (notre photo), du 20 août, à Franceville (capitale de la province du Haut Ogooué) a été, sauvagement, perturbé, pendant un long moment, par des klaxons d'une centaine de véhicules, spécialement, réquisitionnés par les Pro-BOA, pour la circonstance. On n'a, jamais, vu cela au Gabon. Conséquence, les milliers de Pro-Ngoulakia venus soutenir Ping, ont failli en venir aux mains avec les Pro-BOA, n'eût été l'intervention (musclée) d'autres dignitaires de la province comme Zacharie Myboto.

BOA a raison de s'inquiéter. Le pouvoir est, réellement, en train de le quitter. Sur le plan, purement, arithmétique, l'alliance, Nzouba Ndama, Oyé Mba et Ngoulakia autour de Ping se situe, largement, à plus de 65% de l'électorat, en attendant le ralliement d'autres candidats, d'ici le 27 août. Une arithmétique fatale pour le candidat PDG pendant cette élection à un tour. On comprend, aisément, pourquoi BOA et ses équipes perdent les pédales. C'est maintenant que son impopularité s'étale au grand jour : si on ne mange pas dans sa main directement ou indirectement, on ne le soutient pas à cause de sa calamiteuse gouvernance.

N'ayant plus rien à dire aux Gabonais et aux Gabonaises, sur les médias d'Etat du Gabon, dans la mesure où son message  sur « l'égalité des chances » est un disque saturé, il a décidé de se tourner, pour ces derniers jours de campagne, vers les médias privés des pays voisins. C'est ainsi que le Cameroun est, subitement, devenu sa principale cible. Comme si les Camerounais allaient voter à cette élection, c'est dans ce pays qu'il prêche, désormais, « sa bonne nouvelle », avec comme sujet de prédilection, Jean Ping, devenu sa tête de turc. Il faut dire que l'ancien président de la Commission de l'UA est très bien apprécié au Cameroun, tout comme, Casimir Oyé Mba (que personne n'a oublié depuis son excellent passage comme gouverneur de la BEAC pendant une bonne dizaine d'années) et, même, Guy Nzouba Ndama, le beau-frère national qu'on connaît très bien du côté du département du Ntem (Ebolowa) où il s'en était allé choisir une épouse. Ces trois-là n'ont pas besoin de crier fort (comme BOA aux abois) pour y être aimés. Leur parcours d'homme milite en leur faveur.

La panique est, tellement, visible que même le véritable président du Gabon, le Béninois, Maixent Accrombessi, en ait pris un coup. Un sérieux coup. Le ralliement de Nzouba Ndama et d'Oyé Mba à Jean Ping (l'ennemi numéro un de la famille présidentielle tendance BOA et partenaire numéro un de la famille présidentielle tendance Ngoulakia), a eu raison de la résistance nerveuse du pauvre Accrombessi, qui a, finalement, pété les plombs, poussant les services de santé de l'hôpital militaire de Libreville, à l'évacuer illico presto auprès de la clinique royale de Rabat. Depuis ce 17 août, donc, BOA est orphelin de mentor. Le véritable président du Gabon n'est plus présent, à Libreville, pour superviser la campagne de son poulain. Dans le camp de BOA, on commence, déjà, à dire la défaite dans la tête : « On va encore faire comment » ?

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