REFORME AGRAIRE : L'Afrique du Sud ne sera pas un Zimbabwe-bis

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a écarté, mardi, 11 septembre, tout risque de sanction internationale s'il engage sa réforme agraire, qui prévoit, notamment, des expropriations sans indemnisation au profit de la majorité noire du pays.

"Je n'ai aucune raison de croire qu'un quelconque pays punira l'Afrique du Sud si nous prenons des décisions qui sont constitutionnelles, légales et respectent le droit international", a assuré Cyril Ramaphosa devant le parlement.

Le chef de l'Etat a engagé, il y a quelques mois, un projet de réforme foncière pour, dit-il, "réparer l'injustice historique grave" commise à l'égard de la majorité noire pendant la période coloniale et le régime raciste de l'apartheid.

Aujourd'hui, la minorité blanche (8% de la population) possède 72% des fermes contre "4% seulement" pour les Noirs (80% de la population), selon le président. Il envisage, donc, de modifier la constitution pour autoriser des expropriations sans indemnisation.

De nombreux Noirs applaudissent le projet, mais, les Blancs s'en inquiètent ouvertement.

La controverse a pris un tour international, en août, lorsque Donald Trump a dénoncé, sur Twitter, les "expropriations" et les "meurtres de grande ampleur" dont seraient, selon lui, victimes les fermiers blancs sud-africains.

Cyril Ramaphosa a fait allusion, mardi,11 septembre, au tweet de son homologue américain en disant qu'il allait "continuer à instruire ceux qui s'intéressent à nos affaires (...) ceux qui n'auraient pas compris ce qui s'est passé chez nous".

La sortie de l'hôte de la Maison blanche sur ce sujet très sensible a suscité de vives réactions en Afrique du Sud.

"L'Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, elle n'appartient pas à Donald Trump", avait riposté le président sud-africain, "qu'il s'occupe de son Amérique, nous nous occuperons de l'Afrique du Sud".
Cyril Ramaphosa a assuré, mardi, aux parlementaires n'avoir reçu "aucune communication" officielle américaine sur sa réforme.

Avec AFP

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