TOGO : Comment Faure Gnassingbé a réalisé son « Coup KO »

Le numéro 486 du magazine Afrique Education (notre photo), qui est chez les marchands de journaux depuis samedi, 7 mars, propose un dossier complet sur le déroulement de l'élection présidentielle du 22 février, au Togo. La victoire du président-sortant, Faure Gnassingbé, dès le premier tour (« Coup KO » selon une appellation non contrôlée de ses partisans et militants du parti UNIR) est autopsiée dans ce numéro où on explique, en détails, comment une telle victoire a été rendue possible alors qu'en face, le vainqueur affrontait six candidats dont deux poids lourds : Jean-Pierre Fabre de l'ANC et Agbéyomé Messan Kodjo du MPDD.

La victoire du candidat du parti UNIR annoncée par la CENI (Commission électorale nationale indépendante), confirmée et validée, par la suite, par la Cour constitutionnelle, est contestée par le candidat sorti deuxième, Agbéyomé Messan Kodjo. De l'avis de la plupart des Togolais, ce dernier a pu damer le pion à celui qui jusque-là était considéré comme le chef de l'opposition (Jean-Pierre Fabre), uniquement, parce que sa candidature a été sponsorisée et, littéralement, portée par l'archevêque émérite de Lomé, Mgr Philippe Fanoko Kpodzro. La prise de position de ce dernier a, fortement, irrité une partie de l'épiscopat togolais. En effet, l'intrusion de ce dignitaire de l'église catholique togolaise dans le jeu politique, n'est pas du goût d'autres responsables de confessions religieuses, d'autant plus que le Togo, dans sa constitution, se définit comme un Etat laïc. Le chef spirituel des musulmans de la ville de Sokodé, El Hadj Issa-Touré Abdel-Nasser, le rappelle dans une lettre ouverte destinée à tous ses homologues chefs religieux du Togo, particulièrement, à Mgr Philippe Fanoko Kpodzro.

"A toutes les religions du Togo, je vous adresse mes salutations et mes vœux de paix et de bonheur. Nous religieux, sommes des artisans de la paix, et avons pour obligation de prôner la paix afin que nos populations puissent vivre en harmonie et dans la cohésion sociale dans notre cher pays le Togo. Le Togo est un pays laïc, et c'est cette laïcité qui fait la diversité des confessions religieuses. Ainsi, un religieux peu importe son appartenance ou sa confession, ne doit en aucun cas se mêler ou s'ingérer de quelconque manière dans les affaires de la cité laïque. C'est ainsi que la politique n'est pas le domaine d'exercice du religieux. Les religieux doivent être neutres en politique.

En Islam, il est écrit dans le livre saint que nous devons soumission et obéissance à Dieu, mais aussi, à nos prophètes. Il est aussi écrit que nous devons respect et allégeance à ceux que Dieu a érigés dans nos sociétés respectives comme leaders, et comme exemple de leader, le président de la République. Nous, les musulmans, nous sommes soumis à la volonté divine et il a plu à Dieu de hisser le chef de l'Etat, son excellence, Faure Essozimna Gnassingbé, à la tête de notre cher pays, le Togo. Ainsi, nous les musulmans, nous sommes derrière cette volonté divine et nous allons accompagner le chef de l'Etat dans l'exercice de ses fonctions.

A Monseigneur Kpodzro, suite à vos sorties médiatiques et à vos positions et votre ingérence dans la sphère politique de notre pays, nous vous invitons à rester neutre et de vous associer au message de paix et de cohésion sociale vecteur et gage de développement pour notre pays. Si toutes les religions doivent se mêler ou prendre position dans la politique, des affaires de la cité, quel sera alors le climat sociopolitique ?

Nous, musulmans du Togo, nous voulons la paix, et nous rejetons la violence sous toutes ses formes. Dans cette optique, tout musulman qui voudra créer le chaos ou créer la discorde entre les citoyens de cette nation, ne sera pas des nôtres car il est dit que l'Islam, c'est la paix, c'est la soumission à Dieu et à sa volonté.

Encore une fois, nous réitérons, nous musulmans, notre soutien indéfectible à notre président de la République, son excellence, Faure Essozimna Gnassingbé, car il a plu au Tout Miséricordieux de le placer à la tête de notre chère patrie, le Togo.

Nous demandons à Allah de lui accorder la santé et la force nécessaire dans l'exercice de ses fonctions.

Tous unis dans la paix et dans la cohésion sociale.
Que Dieu bénisse le Togo".

El Hadj Issa-Touré Abdel-Nasser,
Chef spirituel des musulmans de la ville de Sokodé (Togo)

Fin de la lettre publique de El Hadj Issa-Touré Abdel-Nasser adressée aux chefs religieux de toutes les confessions religieuses du Togo.

D'autre part, le numéro 486 d'Afrique Education est en vente chez les marchands de journaux.

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