TUNISIE : Le président Béji Caïd Essebsi dit : « Vive la Corruption, Vive les Corrupteurs » sous Ben Ali !

Ce projet dit "de réconciliation dans le domaine administratif" a été approuvé par 117 élus à l'issue d'une journée de débats houleux au cours de laquelle les députés ont échangé accusations et invectives. On s'est cru, un moment, au parlement sud-africain où les affaires de corruption concernant le très controversé, Jacob Zuma, conduisent, parfois, au pugilat entre les députés de l'opposition et ceux de l'ANC qui portent, encore, Zuma dans leur cœur.

"Nous resterons fidèles au sang des martyrs (de la révolution de 2011)!", ont scandé les élus opposés à la législation lorsqu'elle a été adoptée, tandis que les autres applaudissaient et criaient : "Par notre âme, par notre sang nous nous sacrifions pour toi ô Patrie".

Plusieurs élus ont boycotté le vote. Devant le Parlement, des dizaines de personnes ont manifesté contre le texte à l'appel du collectif "Manich Msamah" (Je ne pardonnerai pas, en arabe).

Au départ, le projet de loi prévoyait l'amnistie de certaines personnes --hommes d'affaires, anciens du régime du dictateur déchu Zine El Abidine Ben Ali (sur notre photo avec Béji Caïd Essebsi) et autres-- poursuivies pour corruption, en échange du remboursement, à l'Etat, des sommes, indûment, gagnées et d'une pénalité financière.

Face au tollé, le texte a été revu pour ne concerner que les fonctionnaires accusés d'être impliqués dans des faits de corruption administrative et n'ayant pas touché de pots-de-vin, mais, suscite, toujours, une vive opposition.

En le présentant à l'été 2015, le président Essebsi avait assuré qu'il s'agissait "d'améliorer le climat de l'investissement" dans un pays, économiquement, exsangue.
D'après le texte adopté mercredi, la loi dit viser à "créer un climat propice à la libération de l'esprit d'initiative au sein de l'administration (...) et à renforcer la confiance dans les institutions de l'Etat".

Lors d'une conférence de presse antérieure au vote, plusieurs députés de l'opposition ont mis en garde contre l'adoption du projet, qui porterait, selon eux, un coup fatal à la démocratie naissante.
Dans la journée, debout dans l'hémicycle et tapant du poing sur leurs pupitres, les opposants avaient entonné l'hymne national pour empêcher la lecture du rapport sur le projet de loi, forçant le président du Parlement à lever la séance.

Les députés s'en sont pris les uns aux autres pendant des heures. Face à l'opposition, les élus de Nidaa Tounès, parti fondé par M. Caïd Essebsi, ont défendu l'examen du projet de loi, tout comme plusieurs élus du parti islamiste Ennahdha, qui fait partie du gouvernement.

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