ZIMBABWE : Bientôt deux présidents avec la prochaine investiture du chef de l'opposition

"Le président (Chamisa) sera reconnu comme le président légitime du Zimbabwe par son parti et par le peuple, conformément, aux résolutions du parti", a annoncé ce mardi, 11 septembre, son porte-parole Nkululeko Sibanda.
Le chef de l'opposition zimbabwéenne, Nelson Chamisa, qui dénonce les conditions frauduleuses de la victoire du chef de l'Etat, Emmerson Mnangagwa, lors des récentes élections, va se faire investir, samedi, 15 septembre, président "légitime" du pays. Une situation de casse-tête pour les nouvelles autorités du pays qui croyaient avoir apaisé les contradictions après la tenue de l'élection présidentielle.

Au pouvoir depuis la chute de Robert Mugabe (Camarade Bob) en novembre dernier, Emmerson Mnangagwa, 75 ans, a été déclaré élu, au premier tour, de la présidentielle du 30 juillet avec 50,8% des suffrages.

Son principal rival, le chef du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), Nelson Chamisa, a été crédité de 44,3%. Selon les chiffres officiels contestés par l'opposition.

Arguant de fraudes et d'irrégularités, il a contesté les résultats devant la Cour constitutionnelle, qui a rejeté son recours faute de preuves et définitivement validé la victoire de M. Mnangagwa.

Même s'il a dit accepter la décision de la plus haute instance judiciaire du pays, M. Chamisa continue à se considérer comme le seul vainqueur des élections générales.

"Le parti va investir son gouvernement à l'occasion de son 19e anniversaire ce samedi (...) des résolutions seront votées pour reconnaître publiquement sa victoire", a insisté M. Sibanda.

"Un autre président été mis en place par des moyens illégaux mais le peuple va investir le président Chamisa", a-t-il conclu.

L'ancien maître du pays, Robert Mugabe, avait accusé Emmerson Mnangagwa, son ancien vice-président, de trahison pour avoir précipité sa chute et suggéré qu'il voterait pour Nelson Chamisa. Inutile donc de dire qu'il suit avec intérêt la prochaine investiture de son « poulain » Chemina même si la semaine dernière, il a reconnu, publiquement, sa victoire. "Mnangagwa est vainqueur", a-t-il dit alors qu'il participait à des obsèques, "on ne peut pas le nier".

En vérité, l'acte que le chef de l'opposition se prépare à poser, samedi, est sans lendemain. Il n'a pas les moyens de s'opposer à la Zanu-PF malgré ses vents contraires internes provoqués par l'éviction du pouvoir par Camarade Bob. Nelson Chemisa n'a pas avec lui, ni l'armée dont l'ancien chef est devenu après le coup d'état, vice-président du pays, ni l'administration qui est aux mains du pouvoir.

Au Kenya, l'opposition, Raila Odinga, s'y était, aussi, essayé en contestant, pendant de longs mois, la victoire de Uhuru Kenyatta. Mais, par la suite, il est redevenu réaliste en annonçant vouloir coopérer avec le président déclaré élu.

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