ZIMBABWE : Mort de Camarade Bob, une triste nouvelle pour l'Afrique et les Africains

L'Afrique est en deuil. L'ancien président, Robert Mugabe, héros de l'indépendance qui a dirigé le Zimbabwe de 1980 à 2017, est décédé à 95 ans. Anti-colonialiste primaire, il était, depuis l'assassinat du frère guide, Mu'ammar al Kadhafi, celui qui osait dire la vérité à l'Occident, de face, sans avoir peur, parfois, du haut de la tribune de l'Union africaine. Aujourd'hui, seul l'Equato-Guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, essaie de défendre, sans peur, le continent africain devant les multiples menaces auxquelles il fait face.

La santé de Big Brother était très fragile. Parti se faire soigner à Singapour où il était suivi depuis de longues années, la mort, cette fois, a eu raison de lui.

"C'est avec la plus grande tristesse que j'annonce le décès du père fondateur du Zimbabwe et de l'ancien président, le commandant Robert Mugabe", a déclaré son successeur à la tête du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa. En poste depuis 2017, il avait bénéficié d'un coup de force de l'armée (sans effusion de sang) au sein de laquelle il comptait énormément de complicités, pour chasser Big Brother du pouvoir.

Robert Mugabe avait lancé, au début des années 2000, une réforme agraire destinée à redistribuer à 300.000 Zimbabwéens de la majorité noire, des terres agricoles principalement aux mains de 4.000 Blancs, essentiellement, britanniques.

Mais sabotée (en règle) par les gouvernements britanniques successifs, cette réforme, au lieu de dynamiser l'économie, a, au contraire, précipité le pays, ancien grenier à céréales de l'Afrique australe, dans une terrible crise économique et financière dans laquelle il est toujours plongé. A qui la faute ? A Camarade Bob qui avait pris la peine de négocier cette réforme avec le colon britannique avant d'être surpris par son revirement quand il a fallu que Londres aide à l'indemnisation des colons spoliés ? Ou aux différents gouvernements britanniques qui avaient changé d'avis ?

Les Africains ne doivent pas joindre leurs voix aux récriminations de certains Occidentaux qui avaient signé la mort de Mugabe. Sa principale victoire, c'est qu'à 95 ans, il soit, finalement, mort d'une mort normale, naturelle, et non parce que ses ennemis anglais et américains ont eu raison de lui. Il a fait ce qu'il a voulu sur cette terre malgré l'hostilité de Londres et de Washington dont il avait refusé d'être le pion. Après avoir combattu le colon britannique représenté par le fantoche, Ian Smith, il s'est comporté, une fois premier ministre, comme un leader qui a acquis l'indépendance de son pays par les armes, et non par la négociation.

Devenu un des principaux leaders des pays de la ligne du Front, il avait fait du Zimbabwe l'une des principales bases arrières de l'ANC. C'est pourquoi Camarade Bob avait toujours été soutenu par les présidents sud-africains successifs, notamment, Thabo Mbeki, mais aussi, Jacob Zuma, quand les dirigeants occidentaux se liguaient contre lui lors des Sommets Europe-Afrique et autres pour justifier leurs sanctions.

Robert Mugabe était un grand libérateur africain de la trempe de Sékou Touré (Guinée), Kwame N'Krumah (Ghana). D'ailleurs, sa première épouse décédée le 27 janvier 1992, était une Ghanéenne (Sarah Francesca Mugabe née Hayfron). C'est elle qui l'accompagna dans le maquis jusqu'à son accession au pouvoir comme premier ministre de la Rhodésie du Sud aujourd'hui Zimbabwe.

Camarade Bob pouvait aussi être comparé au grand nationaliste camerounais, Ruben Um Nyobé, tué, dans le maquis de Boum Yébél par le colon français en 1958. Um Nyobe, lui, n'a rien profité de son combat, ni sa famille qui végète depuis « l'indépendance » octroyée par le bien « magnanime » de Gaulle.

Nous devons encourager les chefs d'Etat africains à ériger des monuments « Robert Mugabe » dans leurs pays et à donner son nom à de grandes institutions scolaires et universitaires. En lui, l'Afrique perd un grand homme. Un vrai fils !

Son nom doit figurer en bonne place dans l'histoire, parmi les distingués fils du continent qui ont oeuvré pour sa réelle indépendance. C'est le mal qu'on pense de ce grand homme à www.afriqueeducation.com.

C'est dans cette circonstance douloureuse que nous adressons nos condoléances les plus attristées à sa veuve Grace Mugabe ainsi qu'à ses enfants et petits enfants, sans oublier le grand et dynamique peuple très éploré du Zimbabwe.

Ajouter un commentaire

Les plus populaires