Ahmad Ahmad

Ahmad Ahmad peut bomber le torse. Actuellement, tout lui réussit. Il a évité la correctionnelle avec la décision du TAS (Tribunal arbitral du sport) qui était favorable à la CAF (Confédération africaine de football) dans l'Affaire qui l'opposait à la Fédération comorienne de football. Si le TAS avait disqualifié le Cameroun pour Egypte 2019, c'eût été un cataclysme sérieux avec des conséquences incalculables aussi bien pour l'avenir d'Ahmad Ahmad que pour celui du football africain. On allait crier au désordre et à l'incompétence du Malgache. Mais, la décision du TAS lui a redonné le sommeil. Tout comme il a dû bien dormir cette nuit, après avoir passé dix heures à être interrogé par les enquêteurs de la police française pour une affaire de corruption ou supposée comme telle, dans le cadre d'un marché enlevé à l'Allemande Puma et attribué à un sous-traitant de la société Adidas, pour un coût plus élevé. Les enquêteurs ont estimé que ce n'était pas très logique et que ce marché pouvait faire l'objet de pots de vin. Mais, Ahmad Ahmad est sorti libre de ses mouvements. Il n'a plus qu'à se concentrer à la réussite de sa première CAN (Coupe d'Afrique des nations), qui aura lieu en Egypte du 21 juin au 19 juillet.

Bien que cela ait provoqué un tollé général, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad, n'a pas varié dans son discours ayant trait au glissement des futures CAN (Coupe d'Afrique des nations). Pour lui, le Cameroun qui s'est vu retirer la CAN 2019 organiserait la CAN 2021 à la place de la Côte d'Ivoire qui, elle, allait organiser celle de 2023 à la place de la Guinée qui serait priée d'organiser la CAN 2025. La Fédération ivoirienne de football (FIF) avait refusé d'entendre les choses de cette oreille, engageant un bataillon d'avocats et de conseils juridiques pour déposer une plainte auprès du TAS (Tribunal arbitral de sport). Mais, après avoir rencontré, mardi, 29 janvier, à Abidjan, le président, Alassane Ouattara, la Côte d'Ivoire a accepté la proposition de la CAF d'organiser la CAN 2023 (à la place de la Guinée qui elle, organisera celle de 2025) et de retirer la plainte déposée par la FIF. C'est la première bataille gagnée par Ahmad Ahmad à la tête de la CAF car mettre d'accord, le Cameroun, la Côte d'Ivoire et la Guinée, n'était pas évident. Il fallait mouiller la chemise. Et Ahmad Ahmad ne s'est pas économisé.

On ne parle, pas encore, d'improvisation ou d'amateurisme du nouveau président de la CAF (Confédération africaine de football), le Malgache, Ahmad Ahmad. Mais, cela y ressemble beaucoup. Après avoir remué ciel et terre pour tenter d'enlever la CAN 2019 au Cameroun, il a, de façon unilatérale, fixé la date d'inspection des installations, du 20 au 28 août 2017. Mais, alors que les autorités camerounaises de football s'organisaient pour accueillir cette première mission de la façon la plus professionnelle possible, les services d'Ahmad Ahmad ont, tout simplement, fait faux bond. En effet, dans un courrier daté 18 août 2017, depuis Le Caire, le secrétaire général p.i. de la Confédération africaine de football (CAF) a écrit à Blaise Moussa, le secrétaire général de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), que la CAF n'est pas prête et que la mission annoncée à grands renforts de publicité, est, tout simplement, reportée à une date ultérieure. Les autorités camerounaises du football ont, immédiatement, pris acte de cette première défaillance de la CAF. Sans la commenter outre mesure.

Le Maroc cherche, par tous les moyens, à faire oublier son statut de « pays lâcheur » depuis qu'il avait fait faux bond, en se retirant, cinq mois, avant l'organisation de la CAN 2015, à cause du virus Ebola que ses autorités disaient constituer une menace pour la survie des sujets du royaume. La Guinée équatoriale se porta candidate, au pied levé, enlevant la honte à l'Afrique qui se profilait à l'horizon quand le (très lointain) Qatar, avec ses pétro-dollars, s'était proposé pour organiser la compétition. Depuis cette trahison (royale), le Maroc n'arrête pas de vouloir se faire excuser et se racheter. Parfois en organisant de véritables coups bas à ses frères d'Afrique. Le dernier en date a mis en exergue, le président de la CAF, le Malgache, Ahmad Ahmad, quand il a, vainement, ces derniers jours, cherché à dessaisir l'organisation de la CAN 2019 au Cameroun parce que ce pays « n'était pas prêt ». Tous les Camerounais ont défendu leur CAN en disant « Stop » à Ahmad Ahmad qui, depuis, a changé de langage, avec son staff. Maintenant, le Maroc jette son dévolu sur l'organisation de la Coupe du Monde 2026 que la FIFA devrait, logiquement, attribuer à un pays du continent américain. Jusqu'où ira le royaume du Maroc pour satisfaire ses instincts de puissance ?

Fils du lamido de Garoua (Province du Nord-Cameron), Issa Hayatou a décidé de sortir de sa réserve. De naturé très réservé, il n'a, jamais, pendant 29 ans de présidence de la CAF (Confédération africaine de football), fait de déclaration à l'emporte-pièce, jamais, prononcé un mot au-dessus de l'autre, portant préjudice à qui que ce soit. Cette forme d'éducation est, foncièrement, ancrée dans sa culture. Pourtant, que de problèmes n'a-t-il pas rencontré dans sa très longue et riche carrière. Alors qu'il s'était, formellement, interdit de commenter l'action de son successeur, il est, malheureusement, obligé, trois mois, seulement, après so départ de l'organisation, de mettre les points sur plusieurs « i ». Cette sortie a été faite, sur les antennes de la CRTV-Radio, aujourd'hui, au lendemain du très long communiqué du président de la Fédération camerounaise de football, qui signifiait la « consternation » du Cameroun, après les propos disproportionnés et, visiblement, irréfléchis du président, Ahmad Ahmad, sur l'incapacité (manifeste) du Cameroun, « actuellement incapable d'organiser une CAN même avec 4 équipes ». Pour Issa Hayatou (président pendant 29 ans de la CAF), le Cameroun, à l'heure actuelle, dispose de 5 stades au point dont trois à l'état neuf (Stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, Stades de Limbe et de Bafoussam, tous à l'état neuf et répondant aux Normes CAF et FIFA). Voici, du reste, l'essentiel de ses déclarations, qui permettent à chacun de se faire sa propre opinion.

On arrive, enfin, là où le nouveau président de la CAF, le Malgache, Ahmad Ahmad, voulait arriver. Dire (sans le démontrer) que le Cameroun, le pays de son ennemi juré et prédécesseur, Issa Hayatou, sera incapable d'organiser la CAN 2019. C'est une insulte au peuple camerounais tout entier ! Le football africain connaît, certes, des turbulences. Mais, la conduite de la CAF par ce nouveau président, n'est pas de nature à y apporter la sérénité. Cela dit, il n'est pas, encore, tard pour unir l'Afrique au lieu de la disloquer.