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Alassane Ouattara

Après le président du Togo, Faure Gnassingbé, mardi, 7 mai, dernier, c'est au tour du président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, d'être venu s'enquérir, à Libreville, de l'état de convalescence de son cadet, Ali Bongo Ondimba. Que n'avait-il pas entendu sur l'état de santé de ce dernier contre qui on allait jusqu'à demander la mise en place du processus de vacance du pouvoir ! Pourtant, la personne avec laquelle le chef de l'Etat ivoirien a discuté, aujourd'hui, est loin d'être le grabataire dont on parlait dans les réseaux sociaux et encore moins le sosie du fils du patriarche Ondimba. C'est bel et bien Ali Bongo Ondimba en chair et en os qui a devisé avec son aîné de Côte d'Ivoire. Des retrouvailles qui, après celles avec Faure Gnassingbé, vont, sans doute faire taire l'opposition. Définitivement.

Que Dramane Ouattara n’attende pas trop longtemps avant de prendre les décisions qu’il juge nécessaires (par exemple, démettre les personnes qui ne partagent plus sa vision, faire arrêter les gens soupçonnés d’atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l'Etat, etc.), personne n'en disconvient et on ne peut que l’en féliciter car le président de la République, qui jure de « défendre l’intégrité territoriale de l’Etat et de protéger les Droits et Libertés des citoyens », ne doit pas jouer avec la vie des populations. Son devoir est de veiller sur la vie et les biens de ses compatriotes et des étrangers. Voilà pourquoi il devrait sanctionner, le plus tôt possible, les serviteurs de l’Etat qui détournent à leur profit les deniers publics ou les individus qui menacent de rendre le pays ingouvernable si…

Le président de la Guinée, Alpha Condé, en visite officielle à Abidjan, a, une nouvelle fois, laissé planer le doute sur une modification de la constitution, qui lui permettrait de briguer un troisième mandat en 2020. « Conseiller politique » d'Alassane Ouattara qui, de son côté, est « conseiller en matière économique » d'Alpha Condé , ce dernier est venu se concerter avec son homologue ivoirien, qui vit une situation similaire. En effet, au sein du PDCI du président, Henri Konan Bédié, tout comme, dans le camp de Guillaume Soro, son ancien allié contre Laurent Gbagbo, on n'hésite pas à affirmer que c'est la volonté d'effectuer un troisième mandat (sans l'assumer publiquement pour le moment) qui a conduit le président, Alassane Ouattara, à faire imploser le RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour le démocratie et la paix). Entre Alpha et Alassane, il s'agissait, donc, à Abidjan, de trouver le meilleur moyen de faire passer cette pilule à leurs populations respectives, sans que cela ne provoque un tremblement de terre. Dans tous les cas, d'un côté comme de l'autre, l'exercice sera loin d'être simple. Un peu suicidaire même.

Claude Guéant, ministre de l’Intérieur de Sarkozy, était venu à Abidjan peu avant l’élection présidentielle d’octobre 2010. Après une rencontre avec le président Gbagbo, il déclara, un peu pince sans-rire, que son pays ne soutenait pas de candidat mais travaillerait avec celui qui serait élu par les Ivoiriens.

C’était en avril 2005. J’avais été invité, par une amie du Congo-Brazzaville, à la conférence mensuelle de “ Confrontations ”, un groupe d’intellectuels catholiques de Paris. Dans une salle de l’Institut catholique (21, rue d’Assas), pendant que nous prenions une collation, le comité d’organisation, probablement, informé de ma présence par Régine Oboa, vint me trouver là où j’étais assis. Le « chef » de ce comité me salua, puis, s’adressa à moi en ces termes : « Ma collègue Régine m’a dit que vous avez écrit un ouvrage sur ce qui se passe en Côte d’Ivoire depuis septembre 2002. On aimerait vous inviter, le mois prochain, si vous êtes disponible. Notre public aurait ainsi l’occasion d’écouter un témoignage de première main ». Il ajouta : « Comme notre groupe s’appelle “ Confrontations ”, on souhaiterait que vous et une autre personne puissiez confronter vos points de vue sur la situation dans votre pays. Cela signifie que le second conférencier pourrait ne pas voir les choses comme vous ». Sans hésiter, je donnai mon accord au projet et je proposai de débattre avec Jean-Pierre Dozon quand on me demanda si j’avais un nom en tête. 

L'Afrique sera-t-elle jamais indépendante ? La question mérite d'être posée quand certains dirigeants de ses pays considérés comme des locomotives dans leurs sous-régions, gardent, profondément, une mentalité de colonisé. C'est le cas du président, Alassane Ouattara, de Côte d'Ivoire dont les déclarations faites, vendredi, 15 février, au sortir d'un entretien avec son homologue français, Emmanuel Macron, scandalisent tout un continent. On n'a qu'à voir les réactions qui fusent dans les réseaux sociaux pour se rendre compte que le président, Alassane Ouattara, soutient une thèse qui n'a plus beaucoup d'adeptes. On se rappelle, alors, que le premier président de Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny et qui est le maître à penser d'Alassane Ouattara, avait, dans un premier temps, refusé l'indépendance politique que le président français, Charles de Gaulle, voulait octroyer aux pays colonisés par la France, avant que cette indépendance ne lui soit imposée, par la suite. Avec un Ouattara qui reste l'un des tout derniers mohicans à soutenir mordicus le F CFA parce que, dit-il, c'est une « monnaie stable » tout en oubliant ses très nombreux méfaits, la France, de plus en plus, mise sous pression en Europe où des pays comme l'Italie commencent à lui demander, ouvertement, de « libérer » l'économie de ses 14 anciennes colonies, sera, tôt ou tard, obligée, contrainte forcée, de donner l'indépendance monétaire aux pays concernés, alors que certains d'entre eux comme la Côte d'Ivoire de Ouattara, continueront de militer pour le maintien de cette dictature monétaire. C'est le paradoxe qu'on risquera de connaître bientôt tout comme on l'avait connu au moment des indépendances africaines octroyées par la France dont Houphouët-Boigny ne voulait guère. Avec la déclaration d'Alassane Ouattara, du 15 février 2019, devant le palais de l'Elysée, les lecteurs de www.afriqueeducation.com prennent date. Que Dieu nous prête seulement vie.

Que n'a-t-on pas entendu ce lundi, 11 février, matin, sur les ondes de RFI de la bouche du président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara ? Il a déclaré que la « Côte d'Ivoire est un pays bien tenu », qui affiche « un taux de croissance de 8% en moyenne depuis plusieurs années, ce qui fait d'elle l'un des quatre pays au monde à afficher une telle performance », que « le taux de croissance des trois prochaines années serait du même ordre entre 7 et 9% », que « l'inflation est contenue entre 1 et 2% par an », que « le déficit public se situe à 3 ou 4% » bon an mal. Bref, que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Au micro de Christophe Boisbouvier à qui il n'a présenté que le (très très) bon côté de la réalité, le président ivoirien a, tellement, vanté les succès de sa gouvernance qu'on est étonné de savoir, quelques heures après ses déclarations lénifiantes, qu'il est en guerre, depuis un mois, contre ses enseignants du primaire, du secondaire et du supérieur, lui, le libéral-social, héritier de l'houphouétisme dont le dialogue est la principale caractéristique. N'a-t-il pas juré ce matin qu'il avait la fibre sociale ? Pourquoi ne négocie-t-il pas alors avec ses enseignants qui sont en grève depuis quatre semaines ?
Sacré Alassane Ouattara ! Voilà un homme qui a réussi à décapiter la coalition qui a fait de lui, le président de la Côte d'Ivoire à deux reprises, en se séparant des deux personnes clés (Bédié et Soro) sans lesquelles il n'aurait jamais été président de la Côte d'Ivoire. Soro, par les armes, l'a fait monter au pouvoir en créant une rébellion qui a divisé la Côte d'Ivoire sous Gbagbo pendant cinq ans. Quant à Bédié, il a accepté de lui offrir le vote du PDCI sur un plateau d'argent pour se faire élire en 2011 et réélire en 2015. Le président ivoirien a, visiblement, la mémoire courte. Dire qu'il ne sait pas renvoyer l'ascenseur, n'est pas suffisant. Il faut dire qu'il fait montre d'une attitude négative qui relève, plutôt, de la psychiatrie.

Bien que cela ait provoqué un tollé général, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad, n'a pas varié dans son discours ayant trait au glissement des futures CAN (Coupe d'Afrique des nations). Pour lui, le Cameroun qui s'est vu retirer la CAN 2019 organiserait la CAN 2021 à la place de la Côte d'Ivoire qui, elle, allait organiser celle de 2023 à la place de la Guinée qui serait priée d'organiser la CAN 2025. La Fédération ivoirienne de football (FIF) avait refusé d'entendre les choses de cette oreille, engageant un bataillon d'avocats et de conseils juridiques pour déposer une plainte auprès du TAS (Tribunal arbitral de sport). Mais, après avoir rencontré, mardi, 29 janvier, à Abidjan, le président, Alassane Ouattara, la Côte d'Ivoire a accepté la proposition de la CAF d'organiser la CAN 2023 (à la place de la Guinée qui elle, organisera celle de 2025) et de retirer la plainte déposée par la FIF. C'est la première bataille gagnée par Ahmad Ahmad à la tête de la CAF car mettre d'accord, le Cameroun, la Côte d'Ivoire et la Guinée, n'était pas évident. Il fallait mouiller la chemise. Et Ahmad Ahmad ne s'est pas économisé.

Pour son homélie du 28 décembre 2018, destinée essentiellement aux hommes politiques de Côte d'Ivoire et prononcée à la cathédrale Saint Paul du Plateau, le cardinal, Jean-Pierre Kutwã, s’est appuyé sur le Message de François pour la Journée mondiale de la Paix 2019. Il n’est pas inutile de faire remarquer que le pape argentin, qui ne croit pas avoir la science infuse, n’a trouvé aucun inconvénient à citer, dans son message, les ‘‘béatitudes du politique’’ d’un certain François-Xavier Nguyễn Văn Thuận, cardinal vietnamien décédé en 2002.

« PDCI-Renaissance », voilà le nom donné par les Ouattaristes à cette machine à broyer le PDCI-RDA de l'intérieur. En avant, les ministres PDCI membres du gouvernement qui, pour le moment, refusent de choisir l'un des deux camps, et qui, surtout, préfèrent rester au gouvernement où ils bénéficient de beaucoup de privilèges. Une sorte de corruption version Ouattara (formé au FMI) qui ne dit pas son nom mais dont les effets risquent d'être détestables pour Henri Konan Bédié, qui résiste, pour le moment, tant bien que mal, au rouleau compresseur du pouvoir exercé par son ex-allié, mais, pour combien de temps encore ?

La déforestation liée à la culture du cacao pour l'industrie du chocolat se poursuit "sans relâche" en Côte d'Ivoire et au Ghana, les deux premiers producteurs mondiaux, dénonce l'ONG Mighty Earth dans un rapport publié, vendredi, 7 décembre. La question est de savoir pourquoi les présidents, Alassane Ouattara et Nana Akufo-Addo, sont silencieux alors que les multinationales sont en train de complètement détruire leur environnement (notre photo montrant comment les deux présidents préfèrent coopérer dans d'autres domaines sauf dans celui qui est le plus urgent à savoir la déforestation) ? Font-ils preuve de complaisance ou s'estiment-ils faibles ou impuissants face à ces multinationales ? La question mérite d'être posée car l'ONG Mighty Earth n'a pas été élue, pour s'inquiéter des conséquences d'une telle déforestation, à la place des deux chefs d'Etat qui, eux, restent restent muets comme des carpes. La Côte d'Ivoire et le Ghana ne sont pas les seuls pays victimes de l'égoïsme des multinationales chocolatières et caféières. On compte, aussi, d'autres pays comme le Nigeria, le Cameroun ou le Togo, qui en sont, également, affectés, les multinationales préférant maximiser leurs profits en refusant, généralement, d'investir dans la préservation à long terme de l'environnement qu'elles exploitent. C'est du classique chez elles sauf quand elles trouvent en face d'elles un gouvernement à poigne qui fait respecter les droits du peuple dont il a la charge. Ce n'est pas toujours le cas en Afrique, en l'occurrence dans les pays producteurs du cacao et du café.

La question qu'on doit se poser est simple : si la petite élection du 13 octobre a produit plus d'une dizaine de morts à travers le pays, ne doit-on pas craindre les lourds dégâts humains à venir lors de la présidentielle de 2020 ? Il y a donc une impérieuse nécessité d'agir pour toute personne qui aime réellement la Côte d'Ivoire. Ce n'est évidemment pas le cas ni de Bédié ni de Ouattara.

Le système imposé par Alassane Ouattara avec le soutien de la France est en train de dévoyer, complètement, la Côte d'Ivoire. Cela dit, il existe, encore, quelques rares Ivoiriens qui résistent à cet état de fait en cherchant à oeuvrer dans le bon sens (salutaire) collectif.

Le 7 octobre 2018, les Camerounais se rendront aux urnes pour élire un nouveau président ou pour reconduire M. Paul Biya arrivé au pouvoir le 6 novembre 1982. Six jours plus tard, ce sera au tour des Ivoiriens de prendre part aux municipales et régionales maintenues à la date fixée malgré le refus de Dramane Ouattara de les reporter et de faire droit à la demande de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples de réformer la Commission électorale que toute l’opposition juge à juste titre illégale et forclose.

Epître aux caciques du PDCI. C'est un courrier que notre frère, le professeur, Jean-Claude Djereke, écrit aux responsables de ce parti septuagénaire, afin qu'ils sachent prendre leurs responsabilités historiques. Content que le PDCI a tenu tête à l'ogre (au pouvoir) en refusant d'intégrer le nouveau parti, RHDP, il est, totalement, déçu que le même PDCI n'ait pas été capable de boycotter les élections du 13 octobre alors qu'il est conscient qu'avec cette Commission électorale Pro-RDR (contrairement aux promesses de l'ogre de la réformer), il va tout droit à l'abattoir.

Il veut la réconciliation mais considère toujours le 19 septembre 2002 comme la naissance d’un nouvel espoir. Un Forum de réconciliation nationale, où la parole ne fut jamais autant libérée, fut organisé pendant 2 mois (du 9 octobre au 18 décembre 2001). Il s’agissait, pour la Côte d'Ivoire, de “porter, sans complaisance, un regard critique sur son passé pour se projeter dans l’avenir” (discours de Laurent Gbagbo à l’ouverture du Forum).

Ce matin, j’ai regardé, dans les journaux abidjanais, le compte-rendu de la conférence de presse animée hier par Abou Drahamane Sangaré (le représentant de l'aile du FPI qui a pour président Laurent Gbagbo, ndlr). Alors que je pensais y trouver quelque chose de nouveau, je me suis aperçu que le conférencier reprenait simplement une ancienne demande de Bédié : le report des élections municipales et régionales du 13 octobre 2018 à une date ultérieure et la réforme de la Commission électorale. Une demande à laquelle Dramane Ouattara avait, déjà, opposé une fin de non-recevoir.

“Je ne comprends pas pourquoi des personnes sont parachutées dans certaines localités pour être des élus de la Nation alors que le président, Félix Houphouët-Boigny, nous a appris la géopolitique. Aujourd’hui, celui qui parle au nom des Dida de Lakota à l’Assemblée nationale s’appelle Kouyaté Abdoulaye. Je trouve inadmissible que celui qui parle au nom des Abbey à l’Assemblée nationale s’appelle Adama Bictogo, que celui qui parle au nom des Agni d’Aboisso s’appelle Sylla.” Mais, il n'y a pas de réciprocité dans la partie musulmane du pays.

Alassane Ouattara fait parler de lui depuis quelque temps : amnistie de prisonniers politiques, refonte annoncée de la commission électorale, éclatement de la coalition au pouvoir, manoeuvres plus ou moins suscitées au sein du camp de l'ex-président Laurent Gbagbo... Les événements s'accélèrent en Côte d'Ivoire avant les élections locales d'octobre mais, surtout, à deux ans de la présidentielle à laquelle Ouattara dit ne pas être candidat. C'est lui qui le dit. Mais a-t-il déjà respecté sa parole un jour ? En tout cas, son action politique est illisible. Il pratique de la navigation à vue et personne ne sait où il veut aller.

Après la libération des prisonniers politiques (Soul to Soul, chez qui on saisit des tonnes d’armes, en faisait-il partie ?), certaines personnes n’ont pas tardé à affirmer que ladite libération était le fruit de notre résistance, intransigeance et détermination. Certes, nous avons toujours soutenu que nos frères ne méritaient pas d’être incarcérés pour leurs opinions ou pour leur appartenance au parti de Laurent Gbagbo; certes, nous n’avons jamais cessé d’exiger leur libération (bravo à chacun de nous pour cette constance!) mais, il ne me semble ni vrai, ni honnête de nous attribuer la fin des souffrances de nos camarades, même si nous nous réjouissons tous qu’ils soient, enfin, sortis (dans quel état ?) de cet enfer car, si nous étions, aussi, combatifs que cela, si nous étions aussi déterminés, aussi intransigeants que nous le prétendons, Simone Ehivet, Moïse Lida Kouassi, Assoa Adou, et les autres n’auraient pas attendu 7 ans (je dis bien 7 ans) avant de recouvrer la liberté.

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