Alpha Condé

A 82 ans, Alpha Condé fera-t-il campagne lui-même, sur ses deux pieds, ou par personnes interposées ? Aura-t-il la capacité de sillonner tout le pays ou choisira-t-il quelques villes, conscient que le gonflement du fichier électoral (en sa faveur) qui est rempli de faux électeurs, fera son affaire au moment du décompte ? De façon générale, le parcours politique de Condé, l'ancien chargé de cours de l'Université de Paris 1, qui se fait pompeusement appeler « le professeur » (qu'il n'a jamais été et ne sera sans doute jamais), est une véritable honte pour les intellectuels africains, qui combattent, durement, les dictatures en Afrique. L'ancien opposant de la région parisienne, a décidé, comme les potentats africains qu'il combattait hier et avec qui il fait ami ami, frère frère, aujourd'hui, de mourir au pouvoir comme eux. Sans se soucier des qu'en dira-t-on. Après s'être tapé une nouvelle constitution qui lui octroie 12 années supplémentaires à la tête de l'Etat. En effet, 82 ans + 12 ans (6 ans x 2) = 94 ans. Son calcul est fort simple : son confort personnel au détriment de l'intérêt supérieur de la Guinée et des Guinéens.

Comme Alassane Ouattara en Côte d'Ivoire, le président guinéen, Alpha Condé, sera, aussi, candidat à un troisième mandat (anticonstitutionnel), lors du scrutin prévu le 18 octobre, a indiqué son parti, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), lundi, 31 août. Comme en Côte d'Ivoire, ce 3e mandat a déjà coûté des dizaines de morts en Guinée. Et ce n'est qu'un début en Guinée comme en Côte d'Ivoire.

Nous vous proposons la tribune du président de Guinée, Alpha Condé, sur le coronavirus. Celle-ci nous est parvenue hier et nous la saluons avec tout le respect que nous devons à son illustre auteur. Pour vaincre le Covid-19, la Guinée, a-t-il assuré, se propose de partager avec ses pays frères africains (qui le souhaitent) ses connaissances acquises dans la résolution de la crise Ebola.

Le « professeur » va, sans aucun doute, valider ses élections. Ce n'est pas pour rien que, contre vents et marées, il a tenu à les organiser alors que les conditions du vote n'étaient pas réunies : fichier électoral non conforme car bourré de faux électeurs en plusieurs centaines de milliers, hygiène non observée dans les bureaux en pleine pandémie du coronavirus où il n'y a ni gel hydroalcoolique, ni port de masque par des personnels des bureaux de vote. Bref, pas de kit sanitaire. Conséquence, on peut dire qu'Alpha Condé, le « professeur » est suicidaire avec sa volonté coûte que vaille de s'éterniser au pouvoir. Quitte à marcher sur les corps de nombreux Guinéens.

Lâché de toutes parts, de plus en plus, isolé, Alpha Condé, reporte le référendum constitutionnel et le scrutin législatif. Objectif : se donner deux semaines supplémentaires pour évaluer le pour et le contre de son jusqu'au boutisme, et surtout, compter les amis (les vrais) qui lui restent et voir s'ils peuvent le sauver.

Alpha Condé a publié, jeudi, 19 décembre, soir, un projet de Constitution qui devrait être prochainement soumis à l'approbation des Guinéens. Dans ce domaine, le conseiller en chef du président guinéen n'est autre que le « grand démocrate » congolais, Denis Sassou-Nguesso. A partir de cette annonce qui fait raidir l'opposition, nous allons voir ce que nous allons voir en Guinée, en 2020. Des jours sombres en perspective.

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, effectue, actuellement, une visite de 24h, à Lomé. Il a entrepris une tournée africaine qui l'a, déjà, conduit en Guinée et au Ghana, et qui va se poursuivre dans d'autres pays d'Afrique de l'Ouest dont le Nigeria, la première puissance économique du continent, juste avant l'Afrique du Sud. Cette tournée se situe dans le cadre d’une campagne de lobbying destinée à assurer l’élection du chef de l’Etat sud-africain à la tête de l’Union africaine (UA), en janvier 2020, à Addis Abeba.

Les manifestations se suivent et se ressemblent dans la Guinée du « professeur » Condé. Trois Guinéens ont été tués par balle lors des heurts survenus, jeudi, 14 novembre, à Conakry, après la dispersion par les forces de sécurité d'une nouvelle manifestation d'opposants au président, selon un bilan mis à jour vendredi auprès de l'opposition et de l'hôpital. Sauf évolution de dernière minute, le pouvoir, lui, se cantonne, toujours, à son bilan d'un mort.

Depuis Sotchi où il assiste au Sommet Russie-Afrique, le président, Alpha Condé, n'arrête pas de se plaindre auprès de certains de ses pairs que l'opposition manœuvre pour l'éjecter du pouvoir. Il le dit à qui veut l'entendre, mais on ne sait pas s'il convainc grand monde car on voit bien qu'il rencontre des problèmes en Guinée parce qu'il cherche à s'accrocher au pouvoir. Cela dit, le chef de l'opposition, Celou Dalein Diallo, n'a pas laissé passer une telle contrevérité : « Si on voulait vraiment le renverser, il ne tiendrait pas 24 heures », a-t-il fait savoir, montrant à la communauté internationale que ce qui est demandé au chef de l'Etat, c'est juste de respecter la constitution et d'organiser une élection présidentielle apaisée à laquelle il ne doit pas être candidat.

Le « professeur » a-t-il perdu la tête ? Il entreprend un bras de fer suicidaire pour son image personnelle et l'avenir de son pays. Juriste de formation, il sait que son aveuglement pour la présidence à vie, lui qui est, aujourd'hui, âgé de 81 ans, est de nature à plonger la Guinée dans une crise grave, profonde et durable. Sauf s'il arrêtait cette (infernale) machine à temps. Il n'en prend pas le chemin pour le moment. Témoin : la condamnation à de longues peines de prison des meneurs de la fronde Anti-3e mandat. Condé a-t-il été un faux opposant, cinquante ans durant, sur les Bords de la Seine en région parisienne ou lui a-t-on fait ingurgiter (à son insu) une potion magique (à Brazzaville ou à N'Djamena) qui lui a fait perdre la juste mesure des choses ?

La Guinée est à un tournant de sa jeune histoire démocratique avec la décision prêtée au président, Alpha Condé, de briguer un troisième mandat que lui interdit la constitution. L'opposition, dans son ensemble, et la société civile, sont, totalement, contre l'initiative de vouloir se succéder à lui-même du chef de l'Etat. Chaque camp fait la sourde oreille et la manifestation organisée par les Anti-3e mandat, lundi, 14 octobre, dans tout le pays, a fait neuf morts dont un gendarme. Cela ne semble qu'être un début. Les diplomates étrangers accrédités en Guinée s'inquiètent de cette montée aux armes. Sans l'espoir (pour le moment d'être entendus, les positions des deux camps étant diamétralement opposés), ils appellent à l'ouverture d'un dialogue.

Les députés d'opposition en Guinée ont décidé, vendredi, 11 octobre, de «suspendre leur participation aux travaux de l'Assemblée nationale» pour protester contre l'ambition prêtée au président, Alpha Condé, de faire réviser la constitution pour briguer un troisième mandat, à trois jours de manifestations considérées à haut risque.

Après avoir arpenté les longues avenues de Paris pendant 50 ans comme opposant au régime de Sékou Touré, puis, de Lansana Conté, Alpha Condé a oublié d'où il vient. D'un état de victime, il se mue, aujourd'hui, en bourreau. Deux mandats de 5 ans ne lui suffisent plus. Il faut dire qu'avec des conseillers politiques comme le Congolais, Denis Sassou-Nguesso, on ne peut guère rester démocrate, pendant longtemps, même si, par le passé, on l'était. Voilà donc comment celui que les Guinéens appellent, affectueusement, « le professeur » est en train de prendre une mauvaise tangente : le pouvoir à vie. A 82 ans, il ambitionne de faire un troisième mandat que ne lui permet pas la constitution, mais, qu'il entend s'octroyer en faisant sa propre lecture de la constitution. Sacré « professeur » Condé !

Le jeune président français est passé maître dans l'organisation des petits événements dans les grands. Le 11 juillet, il a, officiellement, invité le président du Ghana, Nana Akufo Addo, pour parler coopération bilatérale entre les deux pays, mais, surtout, pour dialoguer en direct avec la diaspora africaine et des ultra-marins. Mais, au fond, le déjeuner en tête à tête qu'il avait organisé en son honneur, devait permettre aux deux hommes d'Etat de parler de la création de la monnaie ECO en remplacement du F CFA, en zone CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale). Le président du Ghana et son homologue du Niger, Mahamadou Issoufou, sont les deux chefs d'Etat mandatés par la CEDEAO pour mener ce processus de la mise en place de l'ECO, à terme, courant 2020. Cette invitation de Nana Akufo Addo, à l'Elysée, avait été précédée de quelques jours, par un passage du président ivoirien, Alassane Ouattara.
Ce jeudi, 15 août, un autre tête à tête entre Alassane Ouattara et Emmanuel Macron leur permettra de remettre ce sujet sur la table, le président ivoirien, grand fervent du maintien du F CFA, « une excellente monnaie (selon lui) qui donne entièrement satisfaction à nos économies », n'ayant pas abdiqué malgré la décision des chefs d'Etat de la CEDEAO réunis, le 29 juin, à Abuja, au Nigeria, de lancer la monnaie de la CEDEAO (l'ECO) en 2020.

Le ministre guinéen de la Justice, Cheick Sako, a présenté sa démission au président, Alpha Condé. Un de ceux qui n'approuvent pas l'idée que le président de la République fasse entorse à la constitution en briguant un troisième mandat, il a préféré jeter l'éponge au moment où le pays connaît un vif débat sur l'opportunité d'une nouvelle constitution dont l'une des principales finalités reste la possibilité donnée à Alpha Condé de rester en place après ses deux mandats constitutionnels.

Le président, Alpha Condé, est un chef d'Etat moderne et entend le rester. Il n'est pas un Jacob Zuma qui s'assume dans une polygamie sans complexe que les Sud-Africains respectent, même s'ils ne sont pas très d'accord avec lui. Zuma compte 5 épouses et trois maîtresses officielles.Au moins. En tant que chef de l'Etat, Alpha Condé, lui, montre l'exemple à suivre avec une seule et unique épouse, Djéné Kaba Condé, qui est la première dame de Guinée. Le président guinéen ne passera plus le temps à expliquer pourquoi un homme de son profil, dans notre monde d'aujourd'hui, a cautionné le vote d'une loi sur la polygamie en Guinée.

Le président de la Guinée, Alpha Condé, en visite officielle à Abidjan, a, une nouvelle fois, laissé planer le doute sur une modification de la constitution, qui lui permettrait de briguer un troisième mandat en 2020. « Conseiller politique » d'Alassane Ouattara qui, de son côté, est « conseiller en matière économique » d'Alpha Condé , ce dernier est venu se concerter avec son homologue ivoirien, qui vit une situation similaire. En effet, au sein du PDCI du président, Henri Konan Bédié, tout comme, dans le camp de Guillaume Soro, son ancien allié contre Laurent Gbagbo, on n'hésite pas à affirmer que c'est la volonté d'effectuer un troisième mandat (sans l'assumer publiquement pour le moment) qui a conduit le président, Alassane Ouattara, à faire imploser le RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour le démocratie et la paix). Entre Alpha et Alassane, il s'agissait, donc, à Abidjan, de trouver le meilleur moyen de faire passer cette pilule à leurs populations respectives, sans que cela ne provoque un tremblement de terre. Dans tous les cas, d'un côté comme de l'autre, l'exercice sera loin d'être simple. Un peu suicidaire même.

Les Togolais se rendent aux urnes, jeudi, 20 décembre, pour des élections législatives boycottées par la principale coalition de l’opposition. Cela fait plus d'un an que cette dernière affiche son refus d'aller aux élections tant que le président, Faure Gnassingbé, n'aura pas affirmé qu'il ne serait plus candidat à sa succession à la présidentielle de 2020. Injonction de nul effet, a, à plusieurs reprises, répondu la majorité présidentielle, par la bouche de Gilbert Bawara. La majorité présidentielle est d'accord pour la mise en place des réformes, à condition que le décompte des mandats présidentiels commence en 2020.

La Guinée célèbre, ce mardi, 2 octobre, le 60e anniversaire de l'indépendance acquise de haute lutte au point d'en payer durement le prix. Le fameux « NON » du père de l'indépendance guinéenne, Ahmed Sékou Touré, au général de Gaulle, entraîna la marginalisation du pays, jusque dans les années 80. En organisant de grandioses festivités pour ce 60e anniversaire, le président, Alpha Condé, a voulu replacer les choses dans leur contexte : si Sékou Touré a été considéré par Paris comme un ennemi de la France pour avoir choisi une indépendance « totale » de son pays, il n'était pas l'ennemi de l'Afrique et des Africains, ou des autres pays occidentaux. Au contraire, son esprit panafricaniste devrait en inspirer plus d'un sur le continent.

Sauf cas de force majeure qui a défié toutes les lois de la physique, le chef de l'opposition, Soumaïla Cissé, le restera, pendant les cinq prochaines années. Car avec 18% obtenus au premier tour, il y a de fortes chances qu'il ne rattrape pas son retard comme Alpha Condé, lors du deuxième tour qui l'opposa, en Guinée, à Celou Dalein Diallo en 2010. Après avoir obtenu un peu plus de 20,67% au premier tour contre plus de 39,72% pour Celou Dalein Diallo, Alpha Condé réussit l'exploit de gagner le deuxième tour avec 52,52% alors que les deuxième et troisième candidats de cette élection avaient appelé à voter Celou Dalein Diallo.
L'histoire va-t-elle se répéter au Mali ? Que non ! Ibrahim Boubacar Keita (IBK pour les intimes) est (contrairement à Celou Dalein Diallo) le président sortant, qui gère la machine électorale et contrôle l'administration. Quand ses partisans annonçaient une victoire de leur candidat dès le premier tour, ils n'étaient pas loin de la vérité. Le deuxième tour, sauf retournement de situation, sera, largement, à son avantage. Ceux qui, en France, ne voulaient plus voir IBK au Palais de Koulouba, doivent revoir leurs petites fiches : ils se le « taperont » pendant un nouveau quinquennat bien rempli.