Côte d'Ivoire

Dans son homélie du 12 octobre 2019, ouvrant la nouvelle année pastorale, l’archevêque d’Abidjan a affirmé que “l’église doit se positionner entre un mutisme complice et une parole subversive, destructrice”. Une telle affirmation, je la trouve peu convaincante et irrecevable car elle laisse penser qu’il existe une voie médiane pour laquelle Jésus aurait opté.

Quelques GORs (“Gbagbo ou rien”) se sont offusqués de la réplique apportée par certains Ivoiriens aux propos tenus par Soro Kigbafori à Valence (Espagne), il y a quelques jours. Ils pensent que rappeler les crimes économiques et crimes contre l’humanité de Soro risquerait de mettre à mal l’union dont les fils et filles d’Eburnie ont aujourd’hui besoin pour débarrasser leur pays du monstre que le même Soro a contribué à installer au sommet de l’Etat ivoirien. Bref, à les en croire, l’on devrait tirer, non pas sur Soro qui aurait rallié la plateforme de Konan Bédié, mais, sur Dramane Ouattara qui, en ce moment, fait tout pour confisquer le pouvoir.

L'ancien chef de la rébellion ivoirienne, Guillaume Soro, ex-président de l'Assemblée nationale passé dans l'opposition, a assuré avoir fait l'objet d'une tentative d'arrestation à Barcelone (Espagne), la semaine dernière, mais, les autorités ivoiriennes ont nié, lundi, 14 octobre, avoir saisi Interpol. Finalement, de quel côté se trouve le menteur ?

Le président du conseil régional du Gbêkê (Centre de la Côte d'Ivoire), Jacques Mangoua, qui a clamé son innocence, a été condamné, jeudi, 3 octobre, à cinq ans de prison ferme pour détention illégale de munitions de guerre par le tribunal correctionnel de Bouaké. Son parti, le PDCI-RDA, demandait, purement et simplement, sa libération, les munitions ayant été placées à son insu chez lui. Le pouvoir, lui, ne l'entendait pas de cette oreille, la sévérité de la peine étant, aussi, pédagogique : elle démontrerait aux autres membres ex-RHDP du PDCI que le fait d'avoir rejoint l'ancien président de la République, Henri Konan Bédié, n'est pas une bonne affaire pour leur propre carrière politique.

Il s'agit d'une véritable « Main basse sur les richesses du pays » comme le titre, en une, Afrique Education, dans son numéro 481, en vente dès jeudi, 3 octobre, chez les marchands de journaux. Le sultan du Tchad (entendez Déby Itno Idriss) gère son pays comme un sultanat du Moyen-Orient où tout appartient au sultan. Du moins, presque tout. Car une partie va à la première dame, Hinda Déby Itno, 15e épouse du président-sultan, qui se sert, aussi, sans se soucier des qu'en dira-t-on.

“ Chirac, grand humaniste ; Chirac, sincère défenseur de l’Afrique " ! Si de tels qualificatifs étaient sortis de la bouche de ceux qui, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, ont éventré des femmes enceintes et ôté la vie à des centaines d’Ivoiriens dont Me Emile Boga Doudou, le général, Robert Gueï, et une soixantaine de gendarmes désarmés, on aurait trouvé cela un peu “normal” puisque c’est la France, dirigée à l’époque par le criminel et colon Chirac, qui avait armé et soutenu ces voyous et incultes pompeusement baptisés “Forces nouvelles”, avant d’exiger qu’ils soient nommés ministres comme si George W. Bush pouvait demander au même Chirac d’octroyer des portefeuilles ministériels aux assassins du préfet Claude Erignac.

Je vois quelques similitudes entre les retrouvailles du PDCI et du FPI, le 14 septembre 2019, et celles de la parabole de l’enfant prodigue lue le lendemain dans toutes les églises catholiques. D’abord, l’éloignement. De même que le plus jeune fils était parti loin du père, ainsi, le PDCI et le FPI s’étaient-ils éloignés de l’héritage laissé par Houphouët. Cet héritage, qui avait permis au pays de vivre dans une relative paix et de construire, pendant 3 décennies, des routes, écoles et hôpitaux que certains pays africains nous enviaient, c’est le dialogue, la non-violence, l’ambition de doter le pays d’infrastructures de qualité.

Le samedi 24 août 2019, les “Chinois” (c’est ainsi qu’on appelle les partisans de DJ Arafat) ont marché en l’honneur de leur président décédé 12 jours plus tôt à l’âge de 33 ans dans un accident de moto. Combien étaient-ils ? 20 mille ? 100 mille ? Difficile à dire.

Le jeune président français est passé maître dans l'organisation des petits événements dans les grands. Le 11 juillet, il a, officiellement, invité le président du Ghana, Nana Akufo Addo, pour parler coopération bilatérale entre les deux pays, mais, surtout, pour dialoguer en direct avec la diaspora africaine et des ultra-marins. Mais, au fond, le déjeuner en tête à tête qu'il avait organisé en son honneur, devait permettre aux deux hommes d'Etat de parler de la création de la monnaie ECO en remplacement du F CFA, en zone CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale). Le président du Ghana et son homologue du Niger, Mahamadou Issoufou, sont les deux chefs d'Etat mandatés par la CEDEAO pour mener ce processus de la mise en place de l'ECO, à terme, courant 2020. Cette invitation de Nana Akufo Addo, à l'Elysée, avait été précédée de quelques jours, par un passage du président ivoirien, Alassane Ouattara.
Ce jeudi, 15 août, un autre tête à tête entre Alassane Ouattara et Emmanuel Macron leur permettra de remettre ce sujet sur la table, le président ivoirien, grand fervent du maintien du F CFA, « une excellente monnaie (selon lui) qui donne entièrement satisfaction à nos économies », n'ayant pas abdiqué malgré la décision des chefs d'Etat de la CEDEAO réunis, le 29 juin, à Abuja, au Nigeria, de lancer la monnaie de la CEDEAO (l'ECO) en 2020.

Le chanteur ivoirien, DJ Arafat, star du coupé-décalé très populaire en Côte d'Ivoire, est mort, lundi, 12 août, à seulement 33 ans, des suites d'un accident de la circulation survenu dans la nuit. Cette terrible nouvelle a été rendue publique par la Radio-Télévision publique ivoirienne (RTI).

ll y a le pardon inconditionnel qui consiste, pour la victime, à laisser tomber une offense ou une faute sans poser de conditions, sans attendre que telle ou telle exigence ait été honorée au préalable. Ce type de pardon, les croyants le qualifient de divin, parce que, selon eux, seul Dieu est en mesure de l’accorder, lui qui est comparable au père qui fait tuer le veau gras pour le retour de l’enfant qui était parti avant que ce dernier ne fasse son mea culpa (Luc 15, 23-24).

Laurent Gbagbo vient de discuter à Bruxelles (Belgique) avec Konan Bédié qui, en plus de l’avoir combattu et renversé avec la complicité de Nicolas Sarkozy et de Dramane Ouattara, le traita de tyran, puis, se réjouit de sa déportation et de son incarcération à La Haye. Si l’on en croit les rumeurs, il n’est pas impossible que l’ancien président accueille, dans les jours ou semaines à venir, Soro Kigbafori qui ne se priva pas, en Côte d’Ivoire comme à l’étranger, de l’accuser d’être un mauvais perdant et d’avoir exterminé des nordistes, des musulmans et des ressortissants de la CEDEAO. 

Les anciens présidents de Côte d'Ivoire, Henri Konan Bédié (PDCI-RDA) et Laurent Gbagbo (FPI) se sont rencontrés, lundi, 29 juillet, à Bruxelles, ce dernier bien que sorti de prison, n'étant pas, encore, autorisé, à regagner sa terre natale de Côte d'Ivoire. S'ils se sont combattus, hier, notamment, lors de l'élection présidentielle d'octobre 2010, à laquelle Henri Konan Bédié avait apporté son soutien à Alassane Ouattara, aujourd'hui, c'est le président Bédié qui est venu à la rencontre de son jeune frère pour lui proposer une alliance politique, qui conduirait à l'éviction du système Ouattara du pouvoir en 2020. Le premier pas étant facile dans la mesure où rien ne s'opposait à un tête à tête entre les deux hommes d'Etat, le plus dur, maintenant, commence car, si le FPI et le PDCI traînent la majorité de l'électorat de Côte d'Ivoire à même de les voter, et donc, peuvent escompter une victoire à la présidentielle, s'ils savent marcher comme Bédié et Ouattara avaient su marcher en 2010 et 2015 pour s'octroyer deux victoires, ils peuvent accéder au pouvoir. Pour l'heure, ils ont réussi juste à créer un début de panique dans les rangs du RHDP où Alassane Ouattara aurait, semble-t-il, commencé à perdre le sommeil. Car même s'il est au pouvoir, il connaît la force de frappe des deux hommes d'Etat, qui, en plus, auraient un certain Guillaume Soro à leur côté.

S’il est un mot qui n’a pas toujours eu bonne presse, c’est bien celui d’insoumis. Pourquoi ? Parce que certaines personnes prennent l’insoumis pour un indiscipliné, un anarchiste, un rebelle, quelqu’un qui refuse de se soumettre. Telle est aussi la définition du dictionnaire Larousse. Je trouve cette définition incomplète dans la mesure où elle ne nous dit pas pourquoi et à qui ou à quoi X ou Y refuse de se soumettre. Pour moi, l’insoumis ne conteste pas pour contester, ne dit pas « non » pour le plaisir de dire « non », ne s’installe pas dans une contestation permanente.

L’équipe de football du Bénin, les Ecureuils, s’est qualifiée, le 5 juillet, pour les quarts de finale de la CAN Egypte 2019. Et pourtant, avant le match, personne ne vendait cher sa peau. En effet, on la disait inférieure à celle du Maroc qui, en plus d’avoir participé plusieurs fois à la compétition, possède plus d’infrastructures et de moyens que le Bénin. On croyait la cause entendue, on était convaincu qu'il n'y aurait pas match, que le Maroc ne ferait qu'une bouchée de Stéphane Sessègnon et de ses camarades, etc.

Certaines personnes pensent que le rôle des prêtres et évêques se limite à appeler à la paix politique et sociale. Ce n’est pas mon avis car le psaume 84, pour ne citer que cet exemple, nous apprend que c’est la justice, mais également, la vérité qui conduisent à une paix durable dans un pays. C’est sur la base de ce principe que des prophètes comme Amos, Nathan, Osée, Ezéchiel (Ancien Testament), Jean-Baptiste et Jésus (Nouveau Testament), prenaient la parole pour fustiger tout ce qui blesse ou bafoue la dignité humaine. Car le prophète ne sait pas tourner autour du pot ; de sa bouche ne sortent que des paroles de feu ; il dévoile les choses qui sont cachées ou qu’on veut dissimuler (c’est le sens du mot latin profiteor).

« Evitez-nous une autre guerre », demandent 5 fois les évêques et archevêques catholiques aux acteurs politiques dans le message de leur 113e Assemblée plénière à Agboville. Pour moi, il n’y a ni originalité, ni engagement, ni courage dans cette assertion car tout le monde aspire à la paix. Nos prélats n’apportent rien de nouveau au débat en se bornant à parler d’une peur qui est en train de gagner la population et qui est « liée à la réalité des conflits inter-communautaires récurrents, aux questions d’insécurité, du foncier, de l’occupation illicite des forêts classées, de l’orpaillage clandestin et des problèmes relatifs à l’identité ivoirienne ».

Le 5 juin 2019, Henri Konan Bédié révélait que, dans nos villes et villages, certains étrangers possédaient des armes et utilisaient ces armes pour tuer les nationaux en cas de différend (1); qu’on donnait à Abobo les papiers ivoiriens à des étrangers pour qu'ils puissent voter en 2020 (2) ; que des étrangers exploitaient, illégalement, l’or et d’autres minerais (3) et que ceux qui favorisaient la venue massive et agressive d’étrangers en Côte d’Ivoire (4) avaient pour but de faire des Ivoiriens des étrangers sur leur propre sol.

Le texte qu’on va lire pourrait s’appliquer tout aussi bien aux pasteurs et imams de la Côte d'Ivoire. Si je ne m’adresse qu’aux évêques catholiques, c’est parce que ces derniers ont leur assemblée plénière, du 17 au 23 juin 2019, à Agboville, qui se situe à 80 km d’Abidjan. En outre, ne dit-on pas que « la charité bien ordonnée commence par soi-même » ?

Devant une délégation du PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), qu’il recevait chez lui à Daoukro, le 5 juin 2019, Henri Konan Bédié aurait déclaré ceci : “Nous avons fait venir des étrangers dans nos plantations de café et de cacao et ensuite ces gens se sont installés à leur propre compte et aujourd’hui ils agressent les planteurs ivoiriens et se disputent même la propriété des terres… Il faut simplement que nous soyons conscients car, le moment venu, nous agirons, pour empêcher ce hold-up sur la Côte d'Ivoire, sous le couvert de l'orpaillage… Nous dénoncerons aussi d’autres qu’on fait venir clandestinement, surtout, dans la commune d'Abobo ; les gens rentrent, on leur fait faire des papiers… Il faut que nous réagissions pour que les Ivoiriens ne soient pas étrangers chez eux, car actuellement, on fait en sorte que l'Ivoirien soit étranger chez lui...”.