Côte d'Ivoire

D'avril 2003 à juillet 2004, j'ai habité à Champigny-sur-Marne, la ville communiste où résidait Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste francais de 1972 à 1994. Tout en travaillant sur une thèse à la Sorbonne, je donnais un coup de main à la paroisse Sainte Bernadette située non loin de la rue de la Côte d'or.

Que reste-t-il du RHDP, ce fameux rassemblement qui fut constitué à l'instigation du pouvoir français (de droite de l'époque) pour affronter, avec des chances de succès, le président ivoirien de gauche, Laurent Gbagbo ? Le président historique du RHDP, qui en faisait, aussi, son âme, Henri Konan Bédié, en est parti, en colère, à cause d'Alassane Ouattara, qui ne sait pas respecter ses engagements. Il roule tout le monde dans la farine. Déjà, le RHDP sans le PDCI-RDA, c'est comme un véhicule sans direction : il y a bien un moteur et un chauffeur mais sans la direction. Conséquence, une fois lancée, la voiture devient folle sur la route. Après avoir refusé de respecter le contrat qui le liait à Henri Konan Bédié, en le soutenant à l'élection présidentielle de fin 2020, Alassane Ouattara (qui se croit plus intelligent que tous les Ivoiriens) avait annoncé qu'il allait favoriser une compétition entre jeunes afin que le meilleur d'entre eux, représente le RHDP à la présidentielle. Mais alors que les (jeunes) candidats du parti houphouétiste fourbissaient leurs armes, Ouattara leur a imposé son premier ministre et protégé, Amadou Gon Coulibaly. Si on l'accepte dans les rangs du RDR, le parti d'origine de Ouattara, on le refuse, catégoriquement, à l'UDPCI et chez les anciens membres du PDCI-RDA restés au RHDP pour des besoins alimentaires. La démission du plus talentueux d'entre eux, le ministre des Affaires étrangères, Marcel Amon-Tanoh, en est la preuve éclatante.

Eviter les rassemblements de plus de 50 personnes ainsi que les salutations avec contact physique, se laver régulièrement les mains, tousser et éternuer dans un mouchoir à usage unique, garder une distance de 1 mètre entre les personnes, etc. Le 17 mars 2020, au cours d’une conférence de presse, l’évêque de Man, s’exprimant au nom de la conférence épiscopale, a appelé tous les fidèles catholiques à respecter ces mesures du gouvernement pour éviter la propagation du coronavirus. Il a même annoncé la fermeture pour un mois de toutes les écoles catholiques, les séminaires y compris, comme si les séminaristes pouvaient être plus en sécurité en famille qu’au séminaire. Deux jours après cette conférence de presse, c’était au tour de l’Archidiocèse d’Abidjan de suspendre les célébrations eucharistiques et les activités pastorales, du 19 mars au 6 avril 2020.

L'armée de l'air de Côte d'Ivoire n'est pas très heureuse depuis l'année dernière. N'étant pas l'armée la plus dotée en matériel de la sous-région au regard de ses énormes besoins de défense nationale, elle est fatalement celle qui perd le plus de matériel alors qu'elle n'est pas en guerre comme le Mali, le Niger, le Burkina Faso ou même la Mauritanie.

D’une superficie de quatre hectares, la station de Dompleu sera exploitée par une centaine de jeunes de la région.

Annoncer qu’on ne fera pas ce qui est interdit par la constitution (la nôtre interdit de faire plus de deux mandats à la tête du pays) relève tout simplement du bon sens et donc, n’a rien d’exceptionnel. Cela ne fait pas non plus entrer dans l’Histoire celui à qui la France a demandé de ne pas rempiler. Le départ de Nelson Mandela du pouvoir, en revanche, était quelque chose d’historique et d’extraordinaire parce que le premier président noir de la nation arc-en-ciel a quitté le pouvoir 5 ans seulement après l’avoir exercé, parce qu’il était encore adulé par son peuple au moment où il s’en allait, parce que, pendant ces 5 années de pouvoir, Mandela ne s’est pas vengé grossièrement et idiotement des Blancs qui l’avaient emprisonné pendant 27 ans, parce qu’il ne s’est pas occupé uniquement des gens de son ethnie ou de son parti, parce qu’il n’a pas passé son temps à terroriser ses compatriotes et à persécuter les opposants sud-africains, parce que ni l’Angleterre ni les Etats-Unis ne l’ont sommé de quitter le pouvoir. C’est un sacrilège que de mettre la vertu et le vice autour de la même table. Mandela ne fut ni criminel ni imposteur pour que des incultes en mal d’idolâtrie le comparent à Ouattara.

Quand Dramane Ouattara annonça, le 5 mars 2020, à Yamoussoukro, qu’il ne briguerait pas un 3e mandat, certaines personnes prirent d’assaut maquis et bars, le soir, pour fêter cela. D’autres comme Adama Bictogo comparèrent Ouattara à Nelson Mandela. Or, tout le monde sait que le premier président noir de l’Afrique du Sud, en plus de ne pas sauter les clôtures des ambassades pour se cacher, s’abstint de persécuter et de jeter en prison ses adversaires blancs. D’autres encore félicitèrent le président reconnu par la communauté internationale pour cette “décision courageuse et salutaire” (Simone Ehivet Gbagbo) pour cet “acte fort” (Pascal Affi N’Guessan), etc.

Coup de tonnerre dans le ciel très chaud de Yamoussoukro. Le président ivoirien, Alassane Ouattara, qui entretenait depuis des mois le mystère sur son éventuelle candidature à un troisième mandat, a annoncé, jeudi, 5 mars, à Yamoussoukro, qu'il ne se présenterait pas à l'élection présidentielle en octobre 2020.

Le président français était au Salon de l’agriculture de Paris, ce 22 février 2019. Interpellé par un activiste camerounais sur les tueries qui seraient perpétrées par des soldats camerounais dans la zone anglophone, Emmanuel Macron n’a pas caché que son pays “a un rôle compliqué en Afrique”. Pourquoi “compliqué” ? Parce que , tantôt, la France est appelée au secours (en janvier 2013 par le Mali dirigé alors par Dioncounda Traoré, en février 2019 par le Tchad et en janvier 2020 par les pays du Sahel confrontés aux djihadistes), tantôt, elle est accusée de s’immiscer dans les affaires des Africains “quand elle met la pression sur tel ou tel dictateur ou bien quand elle dit que tel dirigeant n’a pas été démocratiquement élu". Et Macron d’ajouter : “Ce n’est pas la France qui peut faire la démocratie au Cameroun, ce sont les Camerounais”.

« Insubmersible » est l’adjectif qui me vient spontanément à l’esprit quand je relis le parcours politique de Laurent Gbagbo, tant il est vrai que les épreuves auxquelles il fut confronté tous les dix ans, n’ont réussi ni à le faire plier ni à tuer en lui le rêve d’une Côte d’Ivoire maîtresse de son destin ni à lui enlever le désir de se battre pour la justice et la vérité.

Dans “69 jours ou le temps des assassins”, le documentaire révisionniste et abject du Français, Jérôme Pin, fils d’un diplomate français qui avait des accointances avec Dramane Ouattara, le Béninois, Francis Akindès, devenu Ivoirien et enseignant la sociologie à l’Université de Bouaké, parle de “rebelles super bien organisés [qui] ont réussi à marquer les esprits à Abidjan” et regrette qu’ils aient “raté leur cible qui était la prise du pouvoir” et qu’ils se soient “repliés sur Bouaké”. Pour donner du crédit ou du poids à son dithyrambe, il ajoute avoir “rencontré des fonctionnaires des Nations-Unies, et plus particulièrement, de l'OMS” qui [qualifiaient Soro et sa bande de] rebelles civilisés.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je voudrais répondre à ceux qui croient à tort que l’église catholique est irréprochable et que je lui en veux. Non, l’église n’est pas sans tache, sinon Jean-Paul II, à la veille de l’année jubilaire (2000), n’aurait pas demandé pardon pour ses manquements, compromissions et lâchetés dans l’Histoire ; sinon, Benoît XVI n’aurait pas sanctionné certains prêtres et évêques coupables de pédophilie ; sinon François n’aurait pas limogé certains évêques dépensiers et aimant le luxe comme Mgr Frans-Peter Tebartz-Van Elst qui dirigeait le diocèse de Limburg (Sud-Ouest de l’Allemagne).

Le RDR, qui se réjouissait en 2010-2011 des déclarations partisanes et hasardeuses de Jean Salomon Lezoutié (Yopougon), d’Antoine Koné (Odienné) et de Siméon Ahouanan (Bouaké), refuse, aujourd’hui, que les évêques demandent la libération de tous les prisonniers politiques, des élections justes et ouvertes à tous, la non-inféodation de la Commission électorale au pouvoir exécutif et le désarmement des ex-rebelles. Lui qui aimait marcher pour un “oui” ou un “non”, avec couteaux, machettes et gourdins, s’offusque que les catholiques d’Abidjan veuillent marcher pacifiquement.

A la fin de la 114e Assemblée plénière de leur Conférence, les évêques et archevêques catholiques de Côte d’Ivoire, réunis au Centre Notre-Dame du Rosaire de Lataha (Korhogo) du 13 au 19 janvier 2020, ont adressé un message à “nos gouvernants, à nos concitoyens et à tous ceux qui sont épris de justice et de paix pour notre beau pays, la Côte d’Ivoire”.

“ Opposez-vous à toute modification de la Constitution en vigueur !” Cette injonction adressée aux militants du PDCI à Daoukro, le 12 janvier 2020, ne vous rappelle rien ? Si vous avez oublié, permettez que je vous rafraîchisse la mémoire. Nous sommes en 1993. L’éternel putschiste et usurpateur vient d'échouer à s’asseoir dans le fauteuil présidentiel malgré le soutien de Grégoire Philippe Yacé qui n’avait pas digéré son éviction au profit de Konan Bédié dans la course à la succession du premier président de la République. Poussé par Laurent Dona Fologo, secrétaire général du PDCI et escorté par quelques gendarmes, l’enfant de Daoukro se rend dans les locaux de la RTI pour s’adresser aux Ivoiriens. Entres autres choses, il leur dit ceci : “Mettez-vous à ma disposition !” Beaucoup d’Ivoiriens sont choqués qu’on leur parle de la sorte. Pourquoi ? Parce qu’ils croient que les hommes politiques sont au service et à la disposition du peuple, parce qu'ils s'imaginent que celui-ci, le Peuple, est l’employeur et que députés, ministres et président de la République, ne sont que des employés. Ils ne comprennent pas que le successeur d’Houphouët adopte un ton martial pour sa première allocution télévisée mais ne s’offusquent pas outre mesure de cet impair car, pour eux, l’essentiel, à savoir, le respect de la Constitution, a été préservé.

Le corps d’un enfant d’une dizaine d’années a été retrouvé ce mercredi, 8 janvier, dans le train d’atterrissage d’un avion d’Air France en provenance d’Abidjan qui venait de se poser à Roissy-Charles-de-Gaulle.

Comme si son silence face aux massacres de Duékoué, Nahibly, Gitrozon, Adebem et Anonkoua-Kouté par les soudards de Dramane Ouattara n’était pas suffisamment grave, comme s’il était dans sa nature de plaire encore et toujours à ces voyous et criminels qui ont pris la Côte d'Ivoire en otage, Jean-Pierre Kutwã a ajouté, ce 30 décembre 2019, la discrimination à une collusion de 10 ans avec un régime vomi et honni en “suppliant” Ouattara “de faire sortir de prison ceux qui ont été arrêtés dernièrement”. Et les autres, c’est-à-dire, tous ceux qui croupissent en prison depuis 2011, ne méritent-ils pas, eux aussi, la compassion du conseiller attitré de Dramane Ouattara ? N’ont-ils pas le droit de respirer l’air de la liberté ? Sont-ils moins importants que les partisans de Soro ? Sont-ils des animaux ? Et puis, entre nous, sont-ils plus coupables que tous les comzones incultes que Monsieur Ouattara a promus et enrichis ? La Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR), pour laquelle on décaissa des milliards de F CFA mais dont le rapport ne fut jamais publié, soutient-elle que seuls les pro-Gbagbo ont commis des crimes entre 2002 et 2011 ?

Même pas honte ! Candidat à sa succession pour un troisième mandat, ce qu'il évite pour le moment de dire tout haut, Alassane Ouattara a entrepris de faire le ménage au sein de l'opposition où après avoir éliminé de la course présidentielle, Guillaume Soro, c'est au tour, maintenant, de Charles Blé Goudé, un autre empêcheur de tourner en rond, de subir sa foudre. En effet, le tribunal criminel d'Abidjan a condamné, lundi, 30 décembre, l'ancien bras droit de Laurent Gbagbo, en liberté conditionnelle aux Pays-Bas, à 20 ans de prison, 10 ans de privation de ses droits civiques et 300 000 euros de dommages et intérêts. D'où notre question : Ouattara veut-il aller à l'élection présidentielle d'octobre 2020 sans adversaires crédibles ?

Qu’il s’agisse d’Ivoiriens vivant et travaillant au pays ou bien de ceux qui ont passé des vacances dans la capitale économique, tous sont d’accord pour soutenir que notre peuple est suffisamment mobilisé pour en découdre avec les gens qui, depuis qu’ils ont été installés au pouvoir par la prétendue patrie de la liberté et des droits de l’homme, ne font que violer la Constitution et porter atteinte aux libertés fondamentales chèrement conquises par Laurent Gbagbo et d’autres démocrates ivoiriens en 1990. Ils ajoutent néanmoins que ce qui manque, pour stopper ce régime dictatorial et criminel, ce sont des leaders de la trempe de Laurent Gbagbo, c’est-à-dire, des hommes, femmes et jeunes capables de mouiller le maillot ou d’aller au charbon. C’est tout le débat sur les rapports entre peuple et leader qui est posé ici. Dans les lignes qui suivent, je voudrais apporter ma modeste contribution à ce débat qui est aussi vieux que le monde mais que notre pays ne peut se permettre d’éluder aujourd’hui.

Seul contre tous. Auparavant alliés, Alassane Ouattara, dans un instinct de survie, est obligé de se battre, aujourd'hui, avec ceux qui l'ont fabriqué, hier : Henri Konan Bédié et son PDCI sans lesquels Ouattara n'aurait, jamais, jamais, gagné l'élection présidentielle de 2010 et de 2015 ; Guillaume Soro, ancien chef de la rébellion des Forces nouvelles (financée par Alassane Ouattara hilmself) pour déstabiliser le pouvoir d'Henri Konan Bédié, sans qui, il n'aurait, jamais, jamais, accédé à la magistrature suprême. Ces deux personnalités incontournables dans la vie politique de l'actuel chef de l'Etat, ont dû se résoudre à l'évidence, après avoir reconnu que Ouattara est tout, sauf un homme de parole. Sous ses faux airs d'homme gentil, toujours souriant, et civilisé, il est d'une fausseté inédite. Pire qu'un caméléon, cette bête qui change de couleurs au gré des situations, il est le genre de personne qui pousserait la jeunesse ivoirienne à ne plus croire à la politique et aux politiciens. Car si c'est cela la politique, autant faire carrière dans d'autres disciplines. Oui, Ouattara salit la politique par une pratique qui devrait faire honte à ses partisans qui disent le soutenir. Les intellectuels ivoiriens et africains ne devraient pas rester inertes, sans voix, devant de tels comportements s'ils veulent que la Côte d'Ivoire, l'Afrique, se tiennent debout. Ouattara est l'exemple même de ce qui doit être condamné en politique. Depuis Paris, Guillaume Soro promet "d'organiser la résistance" à Alassane Ouattara. C'est le moins qu'il puisse dire et faire. Mais, il y a plus grave, à cause de son président, la Côte d'Ivoire est en train de retrouver ses vieux démons. Ce pays redevient le grand malade qu'il avait été pendant une bonne dizaine d'années. Sous nos yeux. Ce qui induit notre responsabilité à tous, Ivoiriens comme Non-Ivoiriens : il faut dire, très fortement, NON, à ce qui est en train de se passer dans le pays de Félix Houphouët-Boigny par quelqu'un qu'on accusait, il n'y a pas très longtemps, de ne pas être Ivoirien, mais, Burkinabé. Par sa façon de faire, il donne, ainsi, raison aux partisans de l'ivoirité.