Can 2019

On ne parle, pas encore, d'improvisation ou d'amateurisme du nouveau président de la CAF (Confédération africaine de football), le Malgache, Ahmad Ahmad. Mais, cela y ressemble beaucoup. Après avoir remué ciel et terre pour tenter d'enlever la CAN 2019 au Cameroun, il a, de façon unilatérale, fixé la date d'inspection des installations, du 20 au 28 août 2017. Mais, alors que les autorités camerounaises de football s'organisaient pour accueillir cette première mission de la façon la plus professionnelle possible, les services d'Ahmad Ahmad ont, tout simplement, fait faux bond. En effet, dans un courrier daté 18 août 2017, depuis Le Caire, le secrétaire général p.i. de la Confédération africaine de football (CAF) a écrit à Blaise Moussa, le secrétaire général de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), que la CAF n'est pas prête et que la mission annoncée à grands renforts de publicité, est, tout simplement, reportée à une date ultérieure. Les autorités camerounaises du football ont, immédiatement, pris acte de cette première défaillance de la CAF. Sans la commenter outre mesure.

Pour ceux qui le connaissent bien, le président du Cameroun, Paul Biya, n'aime ni les excès ni la polémique. Il a été, fortement, étonné qu'après qu'il se soit engagé à organiser la CAN 2019, au Cameroun, comme il l'avait, magnifiquement, fait pour la CAN féminine en 2016 (huit équipes), avec un succès inégalé depuis que cette compétition existe, le nouveau président de la CAF, le Malgache, Ahmad Ahmad, crée, ainsi, la polémique, en affirmant, à Ouagadougou, que « Le Cameroun n'était pas prêt même pour organiser une CAN à quatre équipes ». C'était une insulte qu'aucun Camerounais (y compris ceux qui militent dans la centaine de partis politiques d'opposition) n'avait admise. Car c'était, tout simplement, une contrevérité manifeste et scandaleuse. Recevant les médaillés camerounais des 8e Jeux de la Francophonie, jeudi, 10 août, au Palais d'Etoudi, il a profité de cette occasion pour clore la polémique : « Le Cameroun sera prêt le jour dit. J'en prends l'engagement ».

Fils du lamido de Garoua (Province du Nord-Cameron), Issa Hayatou a décidé de sortir de sa réserve. De naturé très réservé, il n'a, jamais, pendant 29 ans de présidence de la CAF (Confédération africaine de football), fait de déclaration à l'emporte-pièce, jamais, prononcé un mot au-dessus de l'autre, portant préjudice à qui que ce soit. Cette forme d'éducation est, foncièrement, ancrée dans sa culture. Pourtant, que de problèmes n'a-t-il pas rencontré dans sa très longue et riche carrière. Alors qu'il s'était, formellement, interdit de commenter l'action de son successeur, il est, malheureusement, obligé, trois mois, seulement, après so départ de l'organisation, de mettre les points sur plusieurs « i ». Cette sortie a été faite, sur les antennes de la CRTV-Radio, aujourd'hui, au lendemain du très long communiqué du président de la Fédération camerounaise de football, qui signifiait la « consternation » du Cameroun, après les propos disproportionnés et, visiblement, irréfléchis du président, Ahmad Ahmad, sur l'incapacité (manifeste) du Cameroun, « actuellement incapable d'organiser une CAN même avec 4 équipes ». Pour Issa Hayatou (président pendant 29 ans de la CAF), le Cameroun, à l'heure actuelle, dispose de 5 stades au point dont trois à l'état neuf (Stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, Stades de Limbe et de Bafoussam, tous à l'état neuf et répondant aux Normes CAF et FIFA). Voici, du reste, l'essentiel de ses déclarations, qui permettent à chacun de se faire sa propre opinion.

On arrive, enfin, là où le nouveau président de la CAF, le Malgache, Ahmad Ahmad, voulait arriver. Dire (sans le démontrer) que le Cameroun, le pays de son ennemi juré et prédécesseur, Issa Hayatou, sera incapable d'organiser la CAN 2019. C'est une insulte au peuple camerounais tout entier ! Le football africain connaît, certes, des turbulences. Mais, la conduite de la CAF par ce nouveau président, n'est pas de nature à y apporter la sérénité. Cela dit, il n'est pas, encore, tard pour unir l'Afrique au lieu de la disloquer.