Gabon

Six cents personnes se sont réunies, ce mardi, 27 septembre, en catastrophe, au Palais du Bord de Mer de Libreville, pour investir le nouveau président réélu du Gabon, Bongo Ondimba Ali (BOA). Six cents invités triés sur le volet sur un lieu hautement protégé, loin de la ferveur des militants.

Pas d'invité étranger. Rien que les amis de Bongo Ondimba Ali (BOA) présents à Libreville pourront assister à son investiture, mardi, 27 septembre, au Palais du Bord de Mer. Soit quatre jours après la proclamation de sa victoire par la Cour constitutionnelle. Les entrées du Palais seront filtrées, ne sait-on jamais. La phobie du coup d'état a gagné les émergents du Palais du Bord de Mer.

Le président du Sénégal, Macky Sall, ne va pas se faire que des amis au Gabon, pays qu'il devra éviter, à tout prix, pendant quelque temps. Et pour cause, les félicitations qu'il s'est empressé d'adresser, hier, à Bongo Ondimba Ali (BOA) passent très mal, pas seulement, dans le camp de Jean Ping, mais, au Gabon, en général. Pour les Gabonais, c'est comme si le président sénégalais ne souhaitait pas que le Gabon devienne, comme le Sénégal, un pays démocratique.

La conseillère spéciale du président « élu », Jean Ping, demande une protection des responsables de l'opposition, au Gabon, par un vote rapide du Conseil de sécurité, et se dit disponible pour négocier sous l'égide de la communauté internationale, des conditions du départ du pouvoir de Bongo Ondimba Ali (BOA). Pour que démarre, enfin, la ré-construction du Gabon. Elle se confie à afriqueeducation.com

Question à mille dollars : Qui a gagné l'élection présidentielle du Gabon ? On a l'impression que celui qui a été déclaré vainqueur, se la joue modeste. Est-ce parce qu'il sait qu'il a triché avant de bénéficier du favoritisme de la Cour constitutionnelle ?

Le Gabon ne va connaître aucun répit. Bongo Ondimba Ali (BOA) n'aura pas le droit de souffler, après avoir laissé tellement d'énergie dans la tricherie électorale. Jean Ping qui se considère comme le président « élu » par les Gabonais et perçu comme tel par la communauté internationale, s'organise pour occuper le terrain qui, on doit le reconnaître, lui est favorable.

Bongo Ondimba Ali (BOA) a été déclaré élu par la Cour constitutionnelle de sa belle-mère. Cela était prévu. Maintenant, on fait quoi ? A Jean Ping, nouveau chef de l'opposition et ses amis, d'accroître la pression, en organisant, par tous les moyens, la reconquête du pouvoir qui vient de leur être volé, au vu et au su de toute la communauté internationale.

Il avait dit pendant la campagne électorale : « Moi ou Personne » comme futur président du Gabon. Comme un jeu d'enfant, il a mis sa menace à exécution en privant le peuple gabonais d'une victoire limpide, sans bavure, pendant l'élection présidentielle du 27 août. Conclusion : ceux qui veulent à tout prix une alternance à la tête de l'Etat du Gabon, n'ont qu'à s'organiser autrement. Bongo Ondimba Ali (BOA), lui, occupe le fauteuil par la seule force des armes.

C'est désormais la mode dans les « démocratures » africaines, le fait de proclamer les résultats présidentiels (truqués) en pleine nuit, après avoir pris le soin de poster des militaires et des chars à chaque carrefour de la capitale. C'est ce qui s'est passé, cette nuit, à Libreville, où la « Tour de Pise » (Cour constitutionnelle) a proclamé Bongo Ondimba Ali (BOA) vainqueur de l'élection présidentielle du 27 août 2016. Un verdict contesté.

Un ancien patron du renseignement du Gabon, Léon-Paul Ngoulakia, par ailleurs, demi-frère du président, Bongo Ondimba Ali (BOA), récemment, passé à l'opposition, a été interpellé, vendredi, 23 septembre, à Libreville, apprend-on de sources concordantes. BOA est, tellement, aux abois au point de procéder à l'arrestation de son propre demi-frère ? Voilà qui ne va guère faciliter la réconciliation dans cette grande famille où le plus grand diviseur (commun) s'appelle BOA lui-même.

La décision de la Cour constitutionnelle est attendue dans tout le pays. Hier, à l'issue de l'audience publique, les deux avocats des deux grands candidats ont fait valoir leurs doléances : le ré-comptage des bulletins de vote bureau par bureau en présence des deux parties et des observateurs de la communauté internationale, pour Jean Ping, et le ré-comptage des voix (pas seulement pour le seul Haut-Ogooué) mais pour l'ensemble des neuf provinces ainsi que les votes de la diaspora, pour Bongo Ondimba Ali (BOA). Il n'est pas exclu que le verdict de la Cour soit renvoyé à plus tard.

C'est contraint forcé que Bongo Ondimba Ali (BOA) a saisi la Cour pénale internationale (CPI). La semaine dernière, il avait refusé les visas d'entrée à la mission d'Amnesty International qui voulait enquêter sur les massacres post-électoraux au Gabon. Aujourd'hui, changement de stratégie : BOA saisit la procureure Fatou Bensouda de la CPI. C'est un tango à n'y rien comprendre. Visiblement, il ne sait plus sur quel pied danser.

Se sachant battu à la présidentielle du 27 août dont les résultats de la province du Haut-Ogooué ont fait scandale, Bongo Ondimba Ali (BOA), qui a refusé de quitter le pouvoir, la tête haute, craindrait un coup d'état militaire, pour le déloger du Palais du Bord de Mer où il se maintient par la seule force des armes.

Alors qu'il devrait sur-occuper l'espace médiatique et politique, matin, midi et soir, en tant que vainqueur de l'élection présidentielle du 27 août, Jean Ping se fait moins sentir que le candidat battu, Bongo Ondimba Ali (BOA). Si c'est vrai que les tonneaux vides font beaucoup de bruit, les Gabonais ont, quand même, besoin de sentir que Jean Ping est, toujours, là, à leurs côtés.

Plus de deux semaines après le début des violences post-électorales meurtrières, qui ont secoué le Gabon, des familles continuent leur quête macabre et angoissée de proches, qui n'ont plus donné signe de vie. Parmi les disparus sans nouvelles, quelques Franco-Gabonais.

La légion étrangère devrait être un souvenir ancien dans quelques jours. A condition que les Gabonais et les Gabonaises qui en ont été les premières victimes de sa calamiteuse gestion, le veuillent. Pour cela, il est recommandé aux partisans de la majorité présidentielle de peser, de toutes leurs forces, pour que la Cour constitutionnelle, dise le droit, rien que le droit, ce qui éviterait de plonger le Gabon dans une ruineuse guerre civile.

Il y a deux ans, quand il annonçait sa candidature à l'élection présidentielle, après avoir démissionné du PDG, peu de Gabonais donnaient du crédit aux déclarations de Jean Ping. Le voilà qui a réussi à ridiculiser Bongo Ondimba Ali (BOA) après l'avoir exposé à la face du monde comme un vulgaire petit fraudeur incompétent. La prochaine étape, la plus ardue, est celle de son éviction par les moyens démocratiques. Si BOA ne se montre pas beau joueur, tous les coups seront, alors, permis.

Enfant gâté, Bongo Ondimba Ali (BOA) a obtenu le pouvoir, en 2009, après la mort de son père, comme un jeu d'enfant. De la même manière, il va le perdre, en 2016, comme un jeu de gosse.

Originaire du tiers-monde (l'Argentine), le Très Saint-Père, François, est très sensible à la souffrance. Il l'a montré, l'année dernière, en se rendant, à Bangui, malgré les avis contraires de la France, que nul ne peut l'arrêter quand il faut aller prier pour partager la douleur de ses semblables. Finalement, son voyage en Centrafrique s'était très bien déroulé. Aujourd'hui, après avoir élu son chef d'Etat, le Centrafrique retrouve, peu à peu, les chemins de la paix et du développement. Qu'en est-il du Gabon qui voudrait emprunter le mauvais chemin d'hier du Centrafrique ? Le pape a interpellé les Gabonais, à commencer, par Jean Ping et Bongo Ondimba Ali, mais aussi, Mgr Basile Mvé Engone.

Un des ministres les plus zélés de Bongo Ondimba Ali (BOA), le ministre de l'Intérieur (Elections), Pacôme Moubelet-Boubeya, a réussi à se mettre les Gabonais à dos, à cause des actes et des comportements iniques, pour lesquels, tôt ou tard, il devra rendre des comptes. Ce moment n'est plus très loin sauf s'il change : il n'est pas encore trop tard pour bien faire.