Grâce présidentielle ?

A quoi servent les embrassades des musulmans avec à la clé une récitation des sourates du Saint Coran, qui marquent l'amitié et la solidarité, si celles-ci restent de vaines pratiques sans effet réel ? Après un exil de trois ans entre Paris et Cotonou, l'ancien premier ministre du Niger, Hama Amadou, est rentré, à Niamey, pour s'incliner sur la tombe de sa mère, récemment, décédée. Sous le coup d'une peine d'emprisonnement qui reste huit mois à courir, il a été très bien accueilli par la direction de son parti politique ainsi que les militants de celui-ci. Les ministres du gouvernement sont, aussi, venus lui faire part de leurs condoléances dont le puissant ministre de l'Intérieur et futur candidat du PNDS, le parti au pouvoir, à la prochaine élection présidentielle, Mohamed Bazoum. Dimanche, 17 novembre, c'est la première dame du Niger, Malika Issoufou, en compagnie de l'épouse du premier ministre, qui s'est rendue au domicile de Hama Amadou pour lui présenter ses condoléances les plus attristées après le décès de sa mère. Alors que les deux épouses des deux plus hautes personnalités de l'exécutif s'entretenaient avec l'ancien premier ministre, le téléphone de la première dame a sonné. Au bout du fil, c'était son mari, le président de la République, qui a demandé à parler à son frère Hama à qui il tenait à faire part, lui aussi, de ses condoléances. Le vivre-ensemble à la nigérienne est en train de faire des merveilles. D'où la question de savoir si on ne se dirige pas, rapidement, vers une grâce présidentielle, une prérogative du président de la République, qui s'exerce de façon discrétionnaire ?