Mahamadou Issoufou

En plus du confinement de la population, des mesures exceptionnelles et vigoureuses sont nécessaires si l’on veut efficacement lutter contre le COVID 19. Le Niger l’a bien compris puisqu’il n’a pas hésité, lors du conseil des ministres du 27 mars 2020, à prendre de bonnes décisions, pour faire face à la pandémie.

Le gouvernement nigérien réuni, lundi, 13 janvier, en conseil des ministres, à Niamey, a pris d'importantes mesures dans la haute hiérarchie militaire marquées, notamment, par le départ du chef d'état-major des Forces armées nigériennes (FAN), le général de corps d'armée, Ahmed Mohamed, en poste depuis janvier 2018, remplacé par le général de division, Salifou Modi. Plus tard, dans la soirée, à Pau, en France, les chefs d'Etat du G5 Sahel et de France, ont décidé de mettre sur pied un commandement conjoint Barkhane/G5 Sahel pour mieux traquer les djihadistes sur le terrain. Désormais, on combattra les terroristes ensemble et non chacun dans son coin, ce qui faisait naître certaines incompréhensions. Parallèlement, la France va envoyer 220 soldats supplémentaires pour grossier le contingent de Barkhane dont l'effectif est de 4.500 personnes. Les forces spéciales européennes sont, également, attendues aux côtés du G5 Sahel et de Barkhane dans les prochains mois. Ce changement de stratégie mettra-t-il les djihadistes en déroute ? Réponse dans quelques mois.

Mahamadou Issoufou, le président nigérien se rend, ce jour, à Pau, assister au Sommet France-G5 Sahel du 13 janvier, dans une position très inconfortable. Pour contourner les critiques dont elle fait l'objet, la France et son armée (Barkhane) font tout pour montrer que malgré les coups de gueule de leurs opinions publiques, les pays du G5 Sahel ne peuvent pas se passer d'elles. Ces trois derniers mois qui coïncident avec la montée des opinions des pays du Sahel contre le double-jeu de Barkhane, le Niger, le Mali et le Faso ont enregistré plus de 500 soldats tués, ce qui est beaucoup trop. Cette situation n'est pas neutre. Elle est une sorte de chantage d'un nouveau genre fait par Paris sur les pays du G5 Sahel. Ces derniers doivent le savoir et tenir bon car malgré cette situation qui leur est très défavorable, pour la première fois, l'opinion africaine (à la place des chefs d'Etat concernés) dit NON à la France et à son double jeu militaire dans le Sahel. C'est importantissime ! S'ils vont se coucher à Pau, le 13 janvier, devant le jeune président, les cinq chefs d'Etat du G5 Sahel (c'est certain) trouveront leurs opinions publiques sur leur chemin du retour. Avant ce Sommet de Pau, la France a tout fait pour humilier ses homologues du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, et surtout, du Niger, Mahamadou Issoufou. Ce dernier porte sur ses épaules, les réformes ayant trait à la création de l'ECO au sein de la CEDEAO, ce qui irrite la France au plus haut point et son principal allié de la sous-région, l'Ivoirien Alassane Ouattara. Les présidents du G5 Sahel ne doivent pas avoir peur de poser des questions qui fâchent à Emmanuel Macron.
Face à cette inefficacité de l'armée française dans le Sahel, les présidents du G5 Sahel ne doivent pas avoir peur de prendre langue très officiellement avec le Russe, Vladimir Poutine, ni avec le Turc, Tayyip Recep Erdogan, et quelques autres, si l'intérêt de leur pays le leur commande. Et c'est le cas. le Centrafricain, Faustin Archange Touadéra, aurait perdu le pouvoir s'il n'avait pas eu l'intelligence de faire appel aux Russes pour sécuriser son régime. Le départ précipité de l'armée française du Centrafrique n'était qu'une manœuvre pour précipiter sa perte du pouvoir. Heureusement qu'il l'a vite compris. Il n'est pas encore totalement sorti d'affaire en ce sens que sa réélection l'année prochaine, n'est pas acquise. Toutefois, il pourra, au moins, terminer son mandat sans peur.

Emmanuel Macron a estimé, dimanche, 22 décembre, à Niamey, que la lutte armée contre les groupes djihadistes au Sahel était à “un tournant” nécessitant une clarification des objectifs militaires et politiques de la mission engagée par la France en 2013 avec l’Opération Serval, puis, Barkhane. Clarification ? Il le faut des deux côtés car la France n'est pas exempte de tout reproche : son armée (la 5e plus forte du monde) n'arrive pas à se mettre à la hauteur des affreux djihadistes qui tuent, violent et pillent, impunément, dans le Sahel, depuis que l'intervention occidentale en Libye l'a déstabilisée, laissant fuir dans la nature, des milliers de djihadistes que Kadhafi confinait de force dans des casernes pour les rendre inoffensifs. En exigeant la clarification de ses cinq homologues du G5 Sahel, il faut bien que le jeune président français commence par le commencement avant de critiquer les peuples africains d'avoir adopté des comportements « anti-français ». Car avant lui, il y a eu François Hollande (2012-2017) et surtout, Nicolas Sarkozy (2007-2012) qui est à l'origine de la grave situation qui prévaut aujourd'hui au Sahel. C'est l'Afrique qui est en position de demander des comptes à la France et non le contraire.

Les cinq chefs d'Etat membres du G5 Sahel se sont réunis, dimanche, 15 décembre, à Niamey, pour faire part de leurs condoléances à leur homologue du Niger, Mahamadou Issoufou, au lendemain du massacre de 71 soldats nigériens de la garnison d'Inatès par les les djihadistes de l'Etat islamique, mais aussi, pour élaborer d'autres stratégies plus gagnantes contre ce phénomène qui semble prendre le dessus sur les moyens mis en œuvre pour le combattre.

Dans le numéro 483-484 d'Afrique Education, actuellement, chez les marchands de journaux, un article explique comment la France caresse, depuis les années 90, l'idée d'obtenir la partition du Mali pour mieux contrôler ses ressources naturelles. Cette politique commencée dans les années 90 n'a pas pris un ride : les présidents François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, ont beau faire un tour à l'Elysée (14 ans pour Mitterrand et 12 ans pour Chirac), cet objectif n'a guère changé d'un iota. Au Sommet de la « clarification » que le président, Emmanuel Macron, compte organiser, à Pau, début 2020, il serait intéressant que le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, demande des explications à ce sujet à son homologue français, à un moment où l'assistance militaire de Barkhane, devient un sujet de préoccupation pour tout le peuple malien.

A quoi servent les embrassades des musulmans avec à la clé une récitation des sourates du Saint Coran, qui marquent l'amitié et la solidarité, si celles-ci restent de vaines pratiques sans effet réel ? Après un exil de trois ans entre Paris et Cotonou, l'ancien premier ministre du Niger, Hama Amadou, est rentré, à Niamey, pour s'incliner sur la tombe de sa mère, récemment, décédée. Sous le coup d'une peine d'emprisonnement qui reste huit mois à courir, il a été très bien accueilli par la direction de son parti politique ainsi que les militants de celui-ci. Les ministres du gouvernement sont, aussi, venus lui faire part de leurs condoléances dont le puissant ministre de l'Intérieur et futur candidat du PNDS, le parti au pouvoir, à la prochaine élection présidentielle, Mohamed Bazoum. Dimanche, 17 novembre, c'est la première dame du Niger, Malika Issoufou, en compagnie de l'épouse du premier ministre, qui s'est rendue au domicile de Hama Amadou pour lui présenter ses condoléances les plus attristées après le décès de sa mère. Alors que les deux épouses des deux plus hautes personnalités de l'exécutif s'entretenaient avec l'ancien premier ministre, le téléphone de la première dame a sonné. Au bout du fil, c'était son mari, le président de la République, qui a demandé à parler à son frère Hama à qui il tenait à faire part, lui aussi, de ses condoléances. Le vivre-ensemble à la nigérienne est en train de faire des merveilles. D'où la question de savoir si on ne se dirige pas, rapidement, vers une grâce présidentielle, une prérogative du président de la République, qui s'exerce de façon discrétionnaire ?

Dans une proportion non négligeable, les chefs d'Etat africains ne sont pas perçus comme des dirigeants libres et indépendants aux yeux de beaucoup d'Africains. A l'heure des réseaux sociaux et d'internet où il est assez difficile d'occulter un fait, on sait ce que font les uns et les autres. Président du Tchad, Idriss Déby Itno est considéré à afriqueeducation.com comme un « dictateur », qui opprime son peuple et dilapide les richesses de son pays. Mais, afriqueeducation.com le perçoit, aussi, comme l'un des rares présidents africains, qui crache les vérités sur les Occidentaux sans porter de gants quand il en a la possibilité.

Interrogé par les journalistes de France 24 et RFI sur le scandale du F CFA, le président du Bénin, Patrice Talon, a annoncé le retrait des réserves de change déposées au Trésor public français (compte d'opérations) et leur placement dans plusieurs banques centrales d'Europe, d'Amérique et d'Asie. Il s'agit d'un pas important en vue de l'indépendance monétaire des pays d'Afrique de l'Ouest.

Cette leçon n'est pas exceptionnelle bien que mémorable. Elle a même l'air du déjà entendu. Mais elle vaut la peine d'être répétée. Oui, le président du Niger, Mahamadou Issoufou, exhorte, tout simplement, les pays africains à transformer, sur place, leurs matières premières pour gagner le combat contre la migration clandestine. Il sait, parfaitement, de quoi il parle : l'exploitation de l'uranium dont le Niger abrite l'un des plus grands gisements au monde, n'apporte pas grand-chose à son pays alors que le tiers des ménages en France, est, justement, éclairé grâce à cet uranium qu'exploite, depuis des décennies, une multinationale française.

Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, a procédé, mardi, 26 mars, au lancement officiel de la reprise effective des travaux de construction du gigantesque barrage hydroélectrique de Kandadji, sur le fleuve Niger. La production d'électricité attendue est, au moins, de 130 mégawatts. Coût du projet : 740 milliards de F CFA.

Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, et le premier ministre italien, Giuseppe Conte, ont salué, mardi, 15 janvier, à Niamey, le succès de la lutte conjointe contre l'immigration clandestine avec la chute drastique du flux de migrants vers l'Europe depuis 2016. Comme quoi, le président nigérien s'est laissé embobiner dans la néfaste entreprise européenne qui vise à empêcher les Africains à aller se chercher dans les pays européens, alors que ces derniers, sont, directement, accusés d'être (co)responsables de la catastrophique situation économique qui prévaut dans les pays d'immigration, et qui crée cette hémorragie africaine vers l'Europe. Le Niger, la Libye (qui n'est qu'un Etat virtuel) et le Tchad, ont été désignés par les dirigeants européens pour servir de lieux de tris de bons et de mauvais migrants africains. Les démocrates africains ont, vivement, condamné cette façon de faire des Européens et reproché aux présidents, Mahamadou Issoufou, du Niger, et Idriss Déby Itno du Tchad, de vendre la dignité africaine pour quelques poignées d'euros. La mondialisation qui a été créée en Occident, ne doit pas être privée aux Africains sous prétexte qu'ils apportent la pauvreté en Europe. La mondialisation doit être totale et entière pour tout le monde. Y compris pour les Africains. Le « village planétaire » dont on parle ne concerne-t-il pas les Africains ? Cette question est posée à Mahamadou Issoufou qui vient de saluer la baisse des flux africains vers l'Europe en compagnie d'un dirigeant européen, foncièrement, raciste, en l'occurrence, le premier ministre italien, Giuseppe Conte.

L'Union européenne (UE) a versé une aide de 21 millions d'euros (près de 13,775 milliards de F CFA) au Niger pour l'aider dans la lutte contre l'émigration clandestine vers l'Europe et pour la "sécurité intérieure". Ce « job » ignoble avait été récusé par les Marocains, les Algériens et même les (très dépendants) Libyens. Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, lui, s'est empressé de dire « Oui Chef » ! On suivra, donc, attentivement, comment le gouvernement du Niger mettra en œuvre son plan de retour dans leurs pays des immigrés bloqués sur son sol. Comme pendant l'esclavage, c'est le nègre qui vend le nègre quand il ne le tue pas.

Contre toute attente, le président du Niger, Mahamadou Ousmane, avait plié devant le président français, Emmanuel Macron, en acceptant, au grand mécontentement des Nigériens et des Africains, l'installation des « hot spots » sur le sol du Niger gérés par les services français de l'OFPRA. Il s'agit de lieux de sélection des bons candidats à l'immigration qui conviennent aux critères de la France, pour devenir, soit, des réfugiés politiques, soit, des immigrés au profil recherché par l'économie française. Des Mamoudou Gassama en somme ! Mahamadou Issoufou n'avait pas été seul à accepter cette chose inacceptable. Le président tchadien, Idriss Déby Itno, aussi, avait dit « Oui Chef » à Emmanuel Macron, sans demander l'avis de personne dans son pays. Les deux présidents ont été salués par la France pour leur ...courage. Mais, en Afrique, les critiques les plus acerbes, voire, même des insultes s'abattirent sur les deux présidents accusés de brader la souveraineté de leur pays. Aujourd'hui, on sait que le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, et même, la Libye, à qui des centres d'internement (plus ou moins similaires) des immigrés sont proposés comme lieux de transit, sur leur sol, avant de regagner l'Europe ont répondu « Non » en choeur. Un « Non » salué par les Africains et même par les Nations-Unies, qui ne cautionnent pas l'implantation de ce genre de camp de « concentration » des temps modernes. Aujourd'hui, pour des raisons qui lui sont propres, Mahamadou Issoufou, semble entreprendre une marche en arrière. Mieux vaut tard que jamais.

La Force du G5 Sahel dont le but est de combattre le djihadisme dans quatre pays de la sous-région (Mauritanie, Burkina Faso, Mali et Niger) fait tout ce qu'il faut pour démarrer. Président en exercice de la dite Force, le président du Niger, Mahamadou Issoufou, a, récemment, annoncé sa mise en activité effective, et ce de façon progressive. A Paris où il sera en visite officielle, le 4 juin, il en parlera avec le parrain de cette Force, le président français, Emmanuel Macron. Mais aussi de coopération et de développement. Il faut dire qu'il ne s'est pas trouvé une seule entreprise de BTP française capable de financer à concurrence de 152 millions d'euros (100 milliards de F CFA), les travaux de rénovation de l'aéroport de Niamey, qui viennent d'être confiés à une société turque. C'est le comble quand on sait que les entreprises françaises sont à la recherche des marchés à l'international. Cela dit, le Niger n'avancera pas de fonds. La société turque, Summa, pour se faire rembourser, gérera l'aéroport pendant une trentaine d'années.

Deux mentions « BIEN » à Mahamadou Issoufou, qui vient de prendre, successivement, deux très bonnes décisions, ces derniers mois. Première bonne décision : sa détermination pour qu'une monnaie unique de l'Afrique de l'Ouest soit mise en circulation, au sein de la CEDEAO, en 2020, en lieu et place des monnaies actuelles. Les pays en retard prendront le train en marche. Le F CFA que le Niger utilise comme monnaie céderait, donc, sa place à cette future monnaie de la CEDEAO pour laquelle le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, dit que son pays, dès 2019, respectera les critères de convergence exigés pour l'adopter. Deuxième bonne décision : après la construction par la Chine d'un hôpital de 500 lits, dernier cri, le plus moderne de la sous-région ouest-africaine, ministres et dignitaires du pays, sont, désormais, interdits d'aller se soigner, hors du pays, aux frais de l'Etat.

Tant pis pour les oiseaux de mauvais augure. Ceux qui renvoyaient le projet de création d'une monnaie commune à tous les pays de la CEDEAO aux calendes grecques en ont pour leur grade. Le 21 février, à Accra, la création de cette monnaie a été entérinée. Le processus se fera à plusieurs vitesses. Les pays qui seront prêts l'adopteront immédiatement. Ceux qui ne le seront pas attendront d'être prêts avant de rejoindre le train en marche. Cela voudrait dire qu'en 2020, le F CFA devra mourir de sa propre mort dans les pays membres qui auront rejoint la monnaie de la CEDEAO.

La France va venir en aide au Niger dont 16 soldats ont été tués et 18 blessés mercredi dans une "attaque terroriste" contre une patrouille de l'armée à Tilwa dans la zone de Ouallam (Ouest) près du Mali.

A quoi sert l'opposition au Niger, si à la moindre occasion, elle court rejoindre le gouvernement pour se remplir le ventre ? Où est la conviction politique ? Alors qu'il était une des deux alternatives crédibles, avec Hama Amadou, au pouvoir de Mahamadou Issoufou, accusé d'avoir assuré un passage en force pour se succéder à lui-même, voilà Seini Oumarou, qui accepte de devenir la béquille du pouvoir actuel. Une clarification qui est une bonne chose, somme toute, pour la jeune démocratie nigérienne.

L'Allemagne décide d'augmenter son aide humanitaire au Niger. Contrepartie immédiate : trois centres d'accueil (ou centres de rétention) de migrants vont être construits, bientôt, avant l'implantation d'autres sur l'ensemble du Niger. Le Niger va jouer en Afrique le rôle que joue la Turquie en Europe ?