AFRIQUE : Les investisseurs français, une espèce en voie de disparition selon le gouverneur de la BEAC

Le gouverneur de la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC), Lucas Abaga Nchama (sur notre photo en compagnie du président Teodoro Obiang Nguema à l'occasion de l'inauguration de la BEAC, à Malabo II, en juillet 2014), a appelé, vendredi, 18 novembre, la France, à lancer "une offensive" d'investissements en Afrique, déplorant que l'aide au développement de Paris ait baissé pour le continent. Pour que Lucas Abaga Nchama tire, ainsi, la sonnette d'alarme, il a fallu que les signaux soient devenus rouges vifs. L'observation du gouverneur est une évidence : la présence française en Afrique est de moins en moins économique. Elle n'est plus que militaire.

"Mon sentiment est qu'il y a besoin davantage d'investisseurs français en Afrique", a affirmé, à Paris, le gouverneur équato-guinéen de la BEAC, convaincu qu'une "offensive française serait de nature à nous aider à doper la croissance" dans la région. Le gouverneur sait de quoi il parle : dans cinq des six pays membres de la BEAC, la croissance est en berne sinon négative. Seul pays à pouvoir tirer à peu près son épingle du jeu, le Cameroun, qui le doit à la diversification de son économie et au fait qu'il n'est qu'un producteur de pétrole mineur.

Le gouverneur a, également, reconnu que les pays africains devaient faire des efforts pour "améliorer le climat des affaires". "L'investisseur à besoin de certaines conditions pour venir investir", a-t-il expliqué.
Il a appelé les pays de la région à "poursuivre les réformes structurelles, à diversifier l'activité économique et à élargir les sources de croissance pour compenser, lorsqu'un secteur comme le secteur pétrolier souffre après un choc".

L'aide publique au développement (APD) de la France devrait atteindre 9,4 milliards d'euros en 2017, après 8,4 milliards en 2016, selon le ministère de l'Economie et des Finances. Ce ne sont que des projections qui, au regard de la conjoncture actuelle, risquent de ne pas se confirmer. Encore que les Etats africains sont moins demandeurs d'aide publique que d'investissements productifs susceptibles de booster la croissance et réduire le chômage.

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