ANGOLA : José Eduardo dos Santos Fils voulait détourner non pas 500 millions de dollars mais 1,5 milliard de dollars

C'est quand même incroyable ce qu'on apprend du nouveau pouvoir du président José Lourenço. On commence à comprendre pourquoi, contre tout compromis, il a décidé d'éradiquer, totalement, quel qu'en soit le coût, le niveau de corruption qu'il hérite du régime de son illustre prédécesseur, Jose Eduardo dos Santos. On se rend, clairement, compte que certains dignitaires ne détournaient pas les fonds publics, uniquement, pour assurer leurs vieux jours, mais, pour plier l'économie nationale. A la tête d'un fonds souverain de 5 milliards de dollars, Jose Filomeno dos Santos, le fils de l'ancien président de la République, par exemple, a voulu capter, pour son propre compte, jusqu'à 1,5 milliard de ce fonds, lui, le jeune d'à peine 40 ans. Qui a tout son avenir devant lui et qui a agi comme s'il était en compétition de richesse avec ses amis. Voilà la réalité, aujourd'hui, en Angola, un pays riche en pétrole et en diamant. Si vous étiez à la place du président, Joao Lourenço, que feriez-vous, qu'auriez-vous fait ?

La tentative de fraude dont est accusé le fils de l'ex-président angolais, Jose Filomeno dos Santos, devait lui permettre de détourner 1,5 milliard de dollars, trois fois plus que le montant jusque-là révélé, a annoncé, lundi, 9 avril, le ministère des Finances.

La justice a annoncé, en mars 2018, avoir inculpé Jose Filemono dos Santos pour avoir ordonné un virement suspect de 500 millions de dollars alors qu'il dirigeait le fonds souverain du pays.

Zenu, ainsi qu'il est surnommé, est poursuivi pour "fraude, détournement de fonds, trafic d'influence, blanchiment d'argent et association criminelle", ainsi que, l'ancien gouverneur de la Banque centrale du pays (BNA), Valter Filipe da Silva.

Placé sous contrôle judiciaire, il a promis de "collaborer" avec la justice de son pays.

Jose Filomeno dos Santos (sur notre photo avec son père et sa soeur, Isabel dos Santos, femme la plus riche de l'Afrique) avait été nommé, en 2013, par son père, le président, Jose Eduardo dos Santos, à la tête d'un fonds souverain créé un an plus tôt et doté d'un capital de 5 milliards de dollars puisés dans la manne pétrolière du pays.

Il a été limogé de son poste, en janvier dernier, par le nouveau président de l'Angola, Joao Lourenço. Pour malversations.

Le ministère angolais des Finances a révélé, lundi, 9 avril, que la fraude qui lui est reprochée avait été maquillée en un plan devant permettre à l'Angola de bénéficier de 35 milliards de dollars de financements, avec une fausse garantie du Crédit suisse.

Le banque helvétique a confirmé que la "fraude alléguée (...) impliquait des documents falsifiés" et qu'elle n'avait reçu "aucun fonds en relation avec cette affaire".

Selon ce stratagème, le transfert suspect de 500 millions de dollars vers un compte londonien devait constituer le premier de trois virements que l'Angola devait payer pour sécuriser cet accord.

Ce transfert a été bloqué par les autorités bancaires britanniques qui l'ont jugé suspect.

"Les 500 millions de dollars ont déjà été récupérés et sont entre les mains de la BNA", a confirmé le ministère.

Jose Eduardo dos Santos a dirigé l'Angola pendant trente-huit ans, un règne sans partage pendant lequel il a mis l'économie du pays en coupe réglée au profit d'une poignée de proches.

Son successeur, Joao Lourenço, lui a succédé, en septembre, et a congédié, au nom de la lutte contre la corruption, de nombreux barons de l'ancien régime, malgré de pressants conseils de Jose Eduardo dos Santos d'y aller avec prudence sans tout bousculer.

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