CAMEROUN : Paul et Chantal Biya en visite d'Etat de trois jours en Italie

A tout seigneur tout honneur : le terrorisme ! La lutte contre le mouvement terroriste, Boko Haram, a figuré en bonne place dans les entretiens, entre les deux hommes d'Etat. « Cette secte obscurantiste, malgré son affaiblissement actuel, demeure dangereuse », selon les propres termes du président camerounais.

L'Italie apporte et continue d'apporter une aide appréciée au Cameroun dans cette lutte. Il en est de même des « autres pays et organisations internationales qui nous apportent également leur soutien. Cet appui nous permet de faire face à de nombreux défis sécuritaires, économiques et humanitaires ».

Les deux hommes d'Etat ont, également, évoqué la situation politique au Cameroun, notamment, la consolidation de la démocratie, mais aussi et surtout, la situation dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Ces deux régions sont sous contrôle et les problèmes soulevés par leurs élites ne peuvent être résolus que par le dialogue.

Parlant de la situation politique internationale, les deux chefs d'Etat ont réaffirmé qu’une solution durable aux problèmes qui se posent dans le monde, passe par le règlement pacifique et la négociation. Il en est, ainsi, des conflits qui se perpétuent au Moyen-Orient et dans certaines régions d’Afrique. « Dans cet esprit, le président MATTARELLA et moi sommes tombés d’accord sur la nécessité de renforcer le rôle des Nations-Unies et de faire aboutir la réforme du Conseil de Sécurité », ce serpent des mers que même le très engagé Kofi Annan n'avait pu faire aboutir malgré son volontarisme affiché.

L'Italie commence à accroître sa présence (économique) en Afrique. Cela ne passe pas inaperçu et le président camerounais a tenu à saluer cette nouvelle vision des autorités italiennes : « J’ai également salué l’action que mène l’Italie pour renforcer la coopération avec l’Afrique, notamment, à travers les relations entre l’Union Européenne et notre continent. Dans le même ordre d’idées, j’ai souhaité plein succès à la conférence ministérielle prévue à Rome, en mai prochain, dans le cadre de l’Initiative Italie/Afrique ».

Autre problème difficile : « Nous avons aussi parlé des questions migratoires et de leur impact sur la stabilité régionale et internationale. Nos deux pays sont l’un et l’autre concernés. Nous sommes d’accord pour penser que ces questions ne pourront être résolues qu’à travers une concertation entre pays d’origine, de transit et de destination, et sur la base de la solidarité internationale ».

Au plan bilatéral, la coopération entre l'Italie et le Cameroun va s'amplifier. « Là où elle était déjà active, c’est-à-dire, dans les domaines universitaire et humanitaire, elle devra aller encore plus loin. Sur le plan économique, nous pensons, le président MATTARELLA et moi, que les besoins identifiés dans les programmes de développement du Cameroun constituent un terrain privilégié pour nos échanges ». Et le président Paul Biya d'insister : « J’ajoute que notre projet de développer au Cameroun une industrie à la hauteur de nos besoins devrait intéresser la grande puissance industrielle manufacturière qu’est l’Italie depuis de longues années. Nous pensons en particulier aux filières bois, peau, cuir, marbre et à l’agro-industrie ». Voilà qui est dit.

Au moins, sept ministres et plusieurs hommes d'affaires accompagnent Paul et Chantal Biya, dans ce voyage. Assurément, Rome a mis les petits plats dans les grands. Objectif : « devenir sans aucun doute l'un de nos partenaires majeurs », comme a conclu le chef de l'Etat camerounais.

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