GABON : Véolia demande à la Banque mondiale (Cirdi) de voler à son secours dans un contrat mal assuré

Le Gabon a rompu, unilatéralement, le contrat qui le liait à la multinationale française, Véolia, en ce qui concerne la fourniture d'eau et d'électricité sur toute l'étendue du territoire. Cette rupture est due à une très longue exaspération de l'Etat et des consommateurs gabonais, qui étaient, tout le temps, en colère à cause des coupures intempestives d'eau et d'électricité de la SEEG, filiale locale de Véolia. En 21 ans de collaboration, Véolia n'a pas pu mettre le niveau de son service au Gabon aux normes en vigueur en la matière : jamais d'eau 24h/24 ; jamais d'électricité 24h/24. Le Gabon étant un pays souverain, il a fini, après tant de mécontentement de sa population, à tirer les conséquences en prenant la décision qui s'imposait : la rupture. Sur ce, Véolia a couru se plaindre à la Banque mondiale où un organe de conciliation existe pour régler ce genre de différend. En attendant d'y voir clair dans les griefs qui sont faits à l'endroit de l'Etat du Gabon, on peut se demander si c'est la Banque mondiale qui avait demandé à Véolia de ne pas respecter son cahier de charges ?

La Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG), filiale du groupe Veolia, a demandé l'ouverture d'une conciliation auprès d'une instance de la Banque mondiale à la suite de la rupture de son contrat de concession par l'Etat gabonais, a annoncé le groupe, ce vendredi, 9 mars.

"Cette demande fait suite à la réquisition des actifs et du personnel et à la résiliation brutale de la concession de service public de production, de transport et de distribution d’eau potable et d'énergie électrique par la République du Gabon le 16 février", ajoute Veolia dans un communiqué. En réalité, la décision de l'Etat du Gabon a été provoquée par le non-respect du cahier des charges et l'insatisfaction des usagers gabonais, qui, elle, était totale (notre photo montre le ministre de l'Eau et de l'Energie, Patrick Eyogo Edzang, dans les installations de la SEEG en décembre 2017 à Oyem. Justement parce que ça n'allait pas).

Véolia porte, donc, ce différend devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi) en espérant avoir gain de cause.

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