GHANA : Le président Nana Akufo-Addo décide de ne plus recourir au FMI pour soulager la trésorerie du pays

C'est une décision historique, pleine de symbolique que le président du Ghana, Nana Akufo-Addo, vient de prendre : refuser de souscrire un nouvel emprunt du Fonds Monétaire International (FMI), s'appuyant sur la rapide croissance que devrait connaître le Ghana cette année.

Alors qu'il existe des pays africains et non des moindres au niveau de la richesse de leur sous-sol, qui souhaitent, rapidement, conclure un programme d'endettement avec le Fonds monétaire international (FMI) et qui ne le peuvent pas à cause de leur mauvaise gouvernance (cas du Congo-Brazzaville par exemple), d'autres pays comme le Ghana refusent, tout simplement, de se lier les mains, outre mesure,et préfèrent, avant tout, compter sur leurs propres forces. C'est une attitude à saluer et à encourager chez la plupart des chefs d'Etat qui considèrent, à tort, l'éligibilité aux programmes d'endettement du FMI comme une marque d'excellence. Alors que le simple recours aux subsides du FMI est une marque de mal gouvernance.

"Nous sommes déterminés à mettre en place des mesures irréversibles, pour maintenir une stabilité macro-économique. Ainsi, il n'y aura plus aucune raison de s'appuyer sur cette institution internationale (FMI)", a déclaré le président ghanéen alors qu'il exprimait au parlement.

Cité en exemple pour sa croissance rapide au début des années 2000, le Ghana a souffert de la chute des prix des commodités et l'ex-président, John Mahama, avait dû se tourner vers le FMI pour un emprunt de 918 millions de dollars, dont l'argent sera fini d'être versé cette année.

L'endettement du pays a été l'un des fers de lance dans la campagne présidentielle, Akufo-Addo dénonçant la mauvaise gestion économique de son prédécesseur, entraînant, selon lui, une forte inflation, un fort taux de chômage et des pertes de revenus fiscaux.

"Pour la première fois depuis un long moment, notre économie est solide et tous les indices cruciaux sont au vert", a ajouté le chef d'Etat, arrivé au pouvoir il y a tout juste un an.

En janvier, la Banque Mondiale a prédit une croissance de 8,3%, cette année, pour le Ghana, grâce à l'augmentation de la production des hydrocarbures, ce qui pourrait être la plus forte croissance au monde.

Cela dit, transformer cette croissance en création d'emplois reste, pour le moment, le plus grand défi du dirigeant ghanéen. Toutefois, tous les Ghanéens sont d'accord que ce n'est pas empruntant au FMI que le pays pourra créer des emplois.

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