« PLAN MARSHALL DE MERKELL POUR L'AFRIQUE » : Déjà plombé par Macron avant d'avoir même été lancé

Voici la réponse du président français à la question qui lui a été posée, en marge du Sommet du G 20, au sujet de ce Plan Marshall :

« Je veux ici saluer l’avancée concrète de ce G20, notamment, avec la mise en place d’un partenariat avec plusieurs pays africains (pas tous, ndlr), avec des engagements clairs impliquant la Banque mondiale, avec la Banque africaine de développement. Et à mon avis, la méthodologie qui a été retenue en la matière a été la bonne ».

Mais, juste après cette déclaration liminaire, Emmanuel Macron enchaîne : « Là aussi, si nous voulons une politique résolue en matière de développement, c’est le complément indispensable à la vraie politique de lutte contre l’insécurité que la France mène, en particulier, dans le Sahel, et ce sont les deux piliers sur lesquels nous devons nous appuyer en permanence pour l’Afrique. J’ai eu l’occasion de le rappeler, dimanche dernier, lorsque je me suis rendu, à Bamako, pour un Sommet du G5 Sahel en annonçant l’Alliance pour le Sahel ; c’est exactement l’esprit de ce que nous avons, aujourd’hui, discuté, la volonté de rassembler l’ensemble des financements, de pouvoir associer à ces financements des pays partenaires, des organisations internationales et de travailler sur des projets concrets pour éviter la perte de temps, les intermédiaires inutiles et le gaspillage institutionnel. Ce qui compte en matière de développement, ce sont les acteurs de terrain et les projets et, donc, c’est dans cet esprit que je souhaite avancer sur ce sujet et c’est dans cet esprit que nous avons discuté ce matin du développement pour l’Afrique »

Parlant du Plan Marshall de la chancelière, Angela Merkell : « Il y a eu plusieurs enveloppes qui ont été données. Soit, nous changeons d’objectif avec l’addition des milliards. Cela fait des décennies qu’on a décidé d’aider l’Afrique et on l’a fait. Si c’était aussi simple que ça, vous l’auriez constaté. Le Plan Marshall (de l'après-guerre, ndlr), c’est un plan de reconstruction matériel, dans des pays qui avaient leurs équilibres et leurs stabilités. Le défi de l’Afrique, il est totalement différent, beaucoup plus profond et civilisationnel aujourd’hui. Quels sont les problèmes en Afrique ? Les Etats faillis, les transitions démocratiques complexes, la transition démographique qui est l’un des défis essentiels pour l’Afrique, les trafics multiples qui nécessitent des réponses pratiques en terme de sécurité, de coordination régionale. Trafics de drogue, trafics humains, trafics de biens culturels, et c’est le fondamentalisme violent du terrorisme qui fait tout cela. Tout cela mélangé, crée les difficultés de l’Afrique. En même temps, nous avons des pays qui réussissent formidablement, un taux de croissance extraordinaire, ce qui fait que l’Afrique est une terre d’opportunité. Si nous voulons des réponses cohérentes à l’Afrique et aux problèmes africains, nous devons développer une série de politiques qui sont bien plus sophistiquées qu’un plan simple, Plan Marshall, et des milliards décaissés. Partout où le secteur privé peut s’impliquer, il doit s’impliquer et nous devons l’y orienter. Nous sommes d’accord avec la Banque mondiale en matière d’infrastructures essentielles, d’éducation, de santé. Là, il y a un rôle pour le financement public et c’est dans ce cadre que nous devons agir. C’est de notre responsabilité. En matière de sécurité, nous devons agir en lien avec les organisations régionales africaines. C’est ce que la France fait avec l’Opération Barkhane au Sahel. Développement, sécurité… Ensuite, il y a une responsabilité partagée. Le Plan Marshall dont vous venez de parler, est aussi un plan qui sera porté par les gouvernements africains et les organisations régionales. C’est par le biais d’une gouvernance rigoureuse, la lutte contre la corruption, d’une lutte pour la bonne gouvernance, de la transition démographique réussie. Dans des pays qui font encore 7 enfantements par femme, vous pouvez dépenser des milliards d’euros, vous ne stabilisez rien. Le plan de cette transformation que nous devons conduire ensemble doit tenir compte des spécificités africaines par et avec les chefs d’Etat africains. C’est un plan qui doit prendre en compte nos propres engagements sur l’ensemble des chantiers que je viens d’évoquer, mieux associer public et privé; et il doit se faire parfois plus régional et même national. Voilà la méthode qui a été retenue et c’est ce que nous faisons partout où nous sommes engagés. J’aurai l’occasion la semaine prochaine d’y revenir beaucoup plus en détail ».

Après cette intervention du président français (sauf si la nuit lui a porté conseil), la chancelière (sur notre photo avec Emmanuel Macron) va-t-elle encore compter sur lui, dans le cadre d'une Europe qui marche avec deux pieds (le pied droit étant l'Allemagne et le pied gauche étant la France) ?

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