SENEGAL : Macky Sall un véritable Train à grande vitesse (TGV)

Pape Konaré est décédé, le mardi, 13 décembre, au matin, sur le chantier du pont de l'émergence de la Patte d'Oie.

Cet ouvrage inauguré, le 23 juillet, bouclait la tournée régionale de Macky Sall, à Dakar, partagée entre promesses électoralistes,  poses de première pierre et inaugurations, quitte à jouer au Train à grande vitesse (TGV) en réceptionnant avant terme, des réalisations, encore, en chantier, donc, non encore, entièrement, terminées. En droit administratif, on parle de réception provisoire, encore qu'il faille nuancer en précisant que l'ouvrage est bel et bien terminé. Le pont de l'émergence faisait partie de ces réalisations réceptionnées à la va-vite et un ouvrier en est mort, six mois après sa réception théorique par l'Etat avec l'ouverture officielle présidée donc en juillet.

De Bokhol à Malicounda Bambara (notre photo montrant Macky Sall lors de l'inauguration de la Centrale solaire de Malicounda en novembre dernier), d'Est en Ouest, du Nord au Sud du Sénégal, en passant par les cités religieuses, Macky Sall s'est pliė en quatre pour l'énergie, les infrastructures, le numérique (Atos)...pour se donner un bilan pas toujours convaincant, Malicounda présentant, déjà, par exemple, quelques interrogations ; il en est de même du pont, au point d'entraîner une mort d'homme qui serait moins, lourdement et socialement, tolérée si le nom du président de la République n'y était pas associée avec l'inauguration du 23 juillet dernier.

Cette stratégie TGV a un nom, celui de communication d'Etat ou gouvernementale et elle pèche, ainsi, et, par ailleurs, par son invraisemblance, tellement, elle donne le tournis par un calendrier d'homme pressé : les promesses sont trop grosses pour passer avec, en plus, des réalisations,  14 Conseils des ministres délocalisés, un taux d'exécution de 55% au bilan du dernier, le 20 juillet, bilan officiel. Chiffrés, ces 55 % des 13 précédents auraient coûté 1.573 milliards de F CFA.

Le décalage entre les sommes avancées et le vécu quotidien des populations des 13 régions est tel que personne n'a vu les retombées sociales de ces raccourcis de propagande, donc, de communication gouvernementale et d'Etat, ce qui en affaiblit d'autant la portée : dans les détails en effets, Saint-Louis (75%), Kaolack (57%), Ziguinchor (73%), Matam (141%) et  Thiès (72%) ne se seront pas développés au même rythme que les chiffres de l'Etat avancés par le porte-parole du gouvernement le 20 juillet dernier, lors de la 14ème et ultime cérémonie de conseil des ministres décentralisés.

A la veille de sa visite d'Etat de cinq jours, en France, et en guise de consolidation des relations d'affaires entre la France et le Sénégal, le président de la République a lancé le chantier du Train express régional (TER) ; cet ultime gros montage avec le transfert d'éléments fabriqués à l'extérieur et rassemblés à Dakar, est un dernier pied de nez à une stratégie de communication sans goût autre que le relief donné par la première dame plus souvent en ligne en cette fin d'année : par sa présence et, surtout, par un synopsis qu'elle a pu imaginer, Marème Faye Sall a forcé son homme à donner un visage plus humain à certaines de ses activités : le ruban de Tivaouane (Fekke Ma Ci Bolle), l'intelligente répartie de Kaolack, le rouge pudique de Dakar, ont déridé des manifestations d'autant plus austères qu'elles ne donnaient lieu à aucune manifestation culturelle accompagnant, souvent, les sorties du couple présidentiel.

Pathé Mbodje
M. Sc, Journaliste, sociologue (Dakar)

Commentaires

Jaques Tendeng877 (non vérifié)
In project de ce genre est tres important et fait fierté pour le Sénégal

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