Economie

Malgré la pression de certains dictateurs voisins qui lui ont (fermement) demandé de rester au pouvoir en déléguant certaines de ses prérogatives à ses adjoints, Ingénieur, José Eduardo dos Santos, va quitter la présidence de la République dans quelques mois au profit de son actuel ministre de la Défense, le général, Joao Lourenço. Mais, d'ici là, il est, pleinement, actif comme chef de l'Etat. C'est ainsi qu'il vient d'inaugurer le barrage hydroélectrique de Lauca, à l'Ouest du pays, qui est appelé à être (très prochainement) l'un des barrages les plus puissants du continent.

Monnaie par excellence des échanges internationaux, le dollar commence à subir des assauts, qui visent à contester sa suprématie. Si la mise de l'euro sur le marché, au début des années 2000, a, finalement, été contenue au point où le dollar n'en a plus peur, le contournement de la devise américaine par la Chine et la Russie (qui ne l'utilisent plus systématiquement dans leurs échanges), rentre dans la stratégie globale des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), qui consiste à trouver une alternative crédible à la dictature du système financier occidental bâti autour des institutions (américaines) de Bretton Woods, à savoir, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Alors que le taux d'endettement du pays par rapport au PIB (richesse nationale) doit être de 70%, au maximum, dans les pays membres de la CEMAC, celui du Congo-Brazzaville annoncé par les autorités de Brazzaville, s'élevait à 77%, au moment du Sommet du 23 décembre 2016, à Yaoundé, entre les chefs d'Etat des pays membres de la BEAC, le ministre français de l'Economie de l'époque, Michel Sapin, et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Mais, ce qu'on ignorait, en ce moment, c'est que ce chiffre de 77% était faux. En effet, en pleine négociation pour l'octroi de nouveaux financements internationaux, le FMI découvre que le Congo-Brazzaville n'est pas endetté de (seulement) 77% de son PIB, mais, de 120%, ce qui le met, résolument, en situation de faillite.

Au Nigeria, ancien pays le plus corrompu du monde, pendant plusieurs années, selon Transparency International, les affaires de corruption alignent des montants à faire pâlir l'évêque de Rome. Dans ce pays où aurait aimé vivre Lucifer pour y fructifier ses affaires, la corruption n'a pas de sexe : les hommes comme les femmes s'y adonnent, allègrement, à coeur joie. Ancienne ministre du Pétrole, sous l'administration Goodluck Jonathan, Diezani Alison-Madueke, est en train de voir sa toute puissance s'écrouler sous ses pieds comme un château de cartes, ses dossiers de surfacturations et de pots de vin s'empilant sur les bureaux de différents juges du Nigeria, de Grande Bretagne, d'Italie et des Etats-Unis.

La chancelière allemande doit se demander si le jeune nouveau président français est, réellement, son allié, comme pouvaient l'être François Hollande et Nicolas Sarkozy. Alors qu'elle comptait, beaucoup, sur Emmanuel Macron, pour soutenir son Plan Marshall afin d'industrialiser (développer) l'Afrique, grâce, surtout, au secteur privé, elle va devoir changer de fusil d'épaule, en se trouvant d'autres partenaires financiers plus compréhensifs. Les Chinois par exemple ? Ce n'est pas pour déplaire au président français qui ne trouve pas l'idée de la chancelière séduisante dans la mesure où elle contribuerait un peu plus à supplanter la France en Afrique.

Concernant l'hypothèse de la dévaluation du F CFA-CEMAC (avancée ces dernières semaines), plusieurs questions se posent auxquelles il serait difficile d’apporter des réponses de façon, parfaitement, exacte parce que la science économique est un grand champ d’incertitude. La principale question est, cependant, de savoir si le F CFA-CEMAC a, vraiment, besoin d’être dévalué ?

Ce n'est un secret pour personne que la secte terroriste, Boko Haram, a pris son essor sous la présidence du très effacé président, Goodluck Jonathan. Son développement a, tellement, été fulgurant que cette secte avait même envisagé la création d'un califat situé à cheval entre le Nord-Est du Nigeria, l'Extrême-Nord du Cameroun et le pourtour du Lac Tchad allant jusqu'à lécher les abords de la ville de N'Djamena. L'époque Jonathan fut celle où l'armée excella dans la corruption et les détournements de fonds, laissant Boko Haram prospérer. Pour lutter contre cette secte, Jonathan alloua un milliard de dollars pour l'achat d'armes, de munitions et d'équipements, en 2014, mais cette somme disparut sans que les soldats ne virent l'ombre d'une naïra. Cela dit, Goodluck Jonathan donnait-il le bon exemple à ses hauts gradés de l'armée ? Il n'y en a pas beaucoup qui soient capables de soutenir le contraire. Pour preuve, le lancement de l'enquête par le parlement pour connaître le degré d'implication de l'ancien président dans une transaction pétrolière de 1,3 milliard de dollars. Ce n'est que le début du commencement de l'audit de la très contestable gestion à la Jonathan.

Depuis le début de l’année 2017, la diplomatie allemande multiplie les initiatives économiques en faveur du continent africain. Profitant de sa posture de présidente en exercice du G 20, dont le prochain Sommet est prévu, à Hambourg, les 07 et 08 juillet prochain, Angela Merkel, en recevant 9 chefs d’Etat du continent, à Berlin, les 12 et 13 juin, a confirmé son attachement à un partenariat fécond avec l’Afrique avec comme premier socle, la mise en œuvre d’un plan que d’aucuns ont qualifié de Plan Marshall pour l’Afrique.

Le chef de la diplomatie camerounaise, Lejeune Mbella Mbella, va, certainement, rendre grand service aux 5 millions de Camerounais de la diaspora, qui, parfois, se tournent les pouces dans leur pays d'accueil (où ils ne sont pas toujours bien accueillis alors qu'ils y apportent beaucoup de choses), en leur montrant comment revenir dans leur pays (le Cameroun), qui leur ouvre les bras pour y investir. Car on n'est jamais mieux servi que chez soi. Depuis, ce mercredi, 28 juin, au Palais des Congrès de Yaoundé, et ce jusqu'à vendredi, 600 Camerounais de la diaspora, venant des quatre coins du monde, sont venus, chargés de projets, pour trouver des financements en vue de leur mise en œuvre. Un défi de taille pour le gouvernement.

Une nouvelle parcourt les réseaux sociaux, depuis quelques jours, qui annonce la prochaine dévaluation du F CFA (Zone BEAC). Cette fâcheuse nouvelle a commencé à être reprise par certains journaux, sans aucun recul, notamment, au Cameroun, où, parfois, on est à l'affût (irréfléchi) de tout ce qui s'écrit et se dit, sur la place parisienne. Pourtant, la nouvelle est fausse : aucune dévaluation du F CFA n'est prévue. Ni aujourd'hui, ni demain. Ni même après-demain. Les programmes d'ajustement doivent être (ou sont déjà) signés avec le FMI. Ce qui, par contre, est à l'ordre du jour de la réflexion, c'est la Zone Franc elle-même, au moment, où les Africains pressent leurs dirigeants à avoir leur propre monnaie, qui puisse garantir les pays concernés de tous les attributs de la souveraineté.

Au moment où les langues se délient pour dénoncer le Qatar de financer le terrorisme qui provoque tristesse, pleurs, grincement de dents et désolation en Afrique, l'Etat d'Israël, lui, veut se présenter aux Africains comme étant un antidote et un rempart à ce terrorisme islamique. Depuis l'année dernière, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, livre une cour assidue aux dirigeants africains. En mai 2017, à Monrovia, il a assisté, comme invité spécial, au Sommet de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), où il a pu exposer l'offre israélienne en matière de sécurité, de l'agriculture et des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Fin octobre prochain, à Lomé, il co-présidera, avec le président, Faure Gnassingbé, le tout premier Sommet Israël-Afrique, auquel tous les chefs d'Etat membres de l'Union africaine, sont conviés. Mais, déjà, un financement d'un milliard de dollars sur quatre ans vers l'Afrique de l'Ouest dans le domaine des ENR (Energies non renouvelables) est, d'ores et déjà, à la disposition des pays qui le souhaitent.

Désormais, en Afrique du Sud, tout le monde (sauf ceux qui mangent dans sa main) se méfient, terriblement, du président, Jacob Zuma. Entretenir des relations avec lui, peut être synonyme de choisir son chemin pour l'enfer. C'est ainsi que la Banque Absa ne s'est pas fait prier pour geler le fonctionnement du compte d'une des épouses du chef de l'Etat au motif qu'une grosse somme (non justifiée) y aurait atterri, violant, toutes les règles bancaires du genre. L'affaire ne fait que commencer.

Coincé, entre autres, par les revendications des anciens rebelles devenus, aujourd'hui, soldats-mutins et démobilisés, le président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, cherche, activement, les fonds pour combler le gap financier provoqué par ses différentes promesses. Pour faire face à cette situation comme l'annonçait, la semaine dernière, afriqueeducation.com, le chef de l'Etat compte faire appel au ré-endettement massif que paieront les générations futures. Premier ministre chef du gouvernement, Amadou Gon Coulibaly va parcourir quatre pays pour négocier le succès du futur eurobond sans lequel la Côte d'Ivoire tomberait, littéralement, en faillite.

C'est une affaire qui tombe au plus mal pour le président, Roch Marc Christian Kaboré, de plus en plus critiqué pour son « immobilisme » par ses compatriotes. Accusé (à tort ?) de faire du Blaise Compaoré sans Blaise Compaoré, il est bien obligé de donner des gages de bonne volonté de changer le cours des choses. Cette affaire de détournement tombant au plus mauvais moment, il a, immédiatement, pris les devants pour exiger le remboursement des sommes disparues même si le ministre du Commerce, et au pire des cas, le premier ministre, auraient pu, légitimement, s'en occuper. L'affaire est, directement, gérée par Kosyam (palais présidentiel).

A l'issue du Forum Inde-Afrique de 2015, le premier ministre indien, Narendra Moddi, avait annoncé l'octroi de crédits et de subventions d'ampleur, qui ont renforcé les liens entre les deux parties. Outre le Fonds de développement Inde-Afrique, le Fonds Inde-Afrique pour la santé et 50 000 bourses pour les étudiants africains en Inde ont été créés. A l'occasion des Assemblées Générales de la BAD (Banque africaine de développement), organisées, ce mois de mai, à Ahmedabad, en Inde, le partenariat entre l'Afrique, la BAD et l'Inde va connaître un nouvel essor.

A l'occasion de l'Assemblée générale de Medef International qui s'est tenue, mercredi, 17 mai 2017, Medef et Medef International ont rappelé la priorité donnée au renforcement des partenariats avec le continent africain, dans lesquels les entreprises françaises sont engagées depuis plusieurs décennies.
Medef International et le Medef organiseront et participeront à plusieurs événements d'envergure dans les prochaines semaines sur le continent où ils vont, désormais, travailler sans leur « arrogance » habituelle. Car celle-ci ne paie plus.

Du haut de ses 93 ans, le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, vient de jeter un véritable pavé dans la mare en affirmant urbi et orbi que le Zimbabwe était le deuxième pays le plus développé du continent, juste après l'Afrique du Sud. Une affirmation qui suscite beaucoup de commentaires.

Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed est en colère. Pour le montrer, il a, carrément, limogé les ministres des Finances et de l'Education de son gouvernement, sans crier gare.

On le dit (quasi) nul en politique (et l'échec de sa politique de réconciliation le prouve). Mais, de façon unanime, Alassane Ouattara est reconnu comme un très bon gestionnaire des fonds publics que le père de l'indépendance ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny, appela, dans les années 90, pour remettre de l'ordre dans son économie frappée de plein fouet par une baisse (non prévue) des cours du cacao et du café. Devenu, lui aussi, président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara (qui avait aidé à résoudre ce problème sous Houphouët) est victime, aujourd'hui, de la même crise qu'il n'a pas vu venir, lui, l'excellent gestionnaire. Finalement, est-il aussi bon comme on le dit ?

Le débat avance. Incontestablement. Y compris au sein du cercle des chefs d'Etat africains où on en trouve qui sont ouvertement pour la sortie du F CFA colonial actuel. Une telle sortie peut prendre plusieurs variantes, mais, c'est clair que les Africains veulent avoir leur propre monnaie à eux, directement, gérés, par eux, sans contingence extérieure. Parmi les chefs d'Etat qui militent pour cette option : par ordre alphabétique : le Tchadien, Idriss Déby Itno, le Burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, l'Equato-Guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Le Front du refus et du statu quo est composé de l'Ivoirien, Alassane Ouattara et du Sénégalais, Macky Sall. Pour le moment, les autres chefs d'Etat ne se prononcent pas encore clairement.