Economie

Avec un Produit intérieur brut (PIB), qui doit, pour la première fois, dépasser la barre des 120 milliards de dollars à prix courants, en 2017, soit plus que le PIB des pays de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) et de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) réunis, le royaume chérifien se donne les moyens de croquer, économiquement, les pays d'Afrique noire. On peut comprendre, en filigrane, le comment et le pourquoi de l'annulation du Sommet Israël-Afrique qui était prévu, à Lomé, du 23 au 27 octobre 2017. En réalité, Israël aurait été un sérieux prétendant à la contestation de la suprématie économique du Maroc en Afrique noire. Le roi Mohammed VI voyait cela d'un très mauvais œil. Qui dit mieux : à chaque pays de veiller à la sauvegarde et à la préservation de ses intérêts (stratégiques).

On dirait que les difficultés économiques frappent, uniquement, les entreprises françaises en Afrique. Alors que la mauvaise conjoncture internationale affecte tout le monde, seules les entreprises françaises plient bagage pour rentrer en France ou licencient leurs employés dans des pays africains où il n'existe aucune indemnité-chômage ou autre soupape de sécurité sociale. Les employés se retrouvent face à eux mêmes après avoir, parfois, servi des années durant, l'entreprise française en question. Après Bouygues au Gabon, la semaine dernière, et plusieurs entreprises françaises qui ont dû fermer en cascade au Congo-Brazzaville, ces derniers mois, au tour, maintenant, d'Areva d'annoncer un paquet de licenciements en 2018, au Niger. Les législations des Etats africains sont-elles aussi passoires pour sacrifier leurs travailleurs de cette façon ?

L'entreprise Bouygues Energies & Services, présente depuis près de 70 ans au Gabon avec plus de 200 employés, a annoncé la fin de ses activités en milieu de semaine, suscitant l’incompréhension de ses salariés. Une véritable honte de quitter ce beau pays où elle a gagné beaucoup beaucoup d'argent juste parce qu'il traverse quelques difficultés passagères dues à la chute du cours de pétrole. Une logique très multinationale capitaliste vivement condamnable. Quant aux employés de Bouygues, ils ont, via leur syndicat, dénoncé, auprès du PDG, Martin Bouygues, dans un courrier à lui adressé, le caractère « inhumain de (sa) décision ». Pas de réponse du PDG qui reste silencieux.

Après avoir promis de mener "la guerre contre la corruption", le président nigérian, Muhammadu Buhari, est éclaboussé par un scandale visant l'un de ses proches, après la fuite d'une lettre du secrétaire d'Etat au Pétrole dénonçant des malversations au sein de la compagnie pétrolière d'Etat.

Est-ce le Saint-Esprit qui descendra du ciel pour déterminer la dette exacte du Congo à l'égard de ses créanciers ? Toujours est-il que la première mission du Fonds monétaire international (FMI) qui a pris fin, mercredi, 4 octobre, à Brazzaville, n'arrive, toujours pas, à savoir à combien s'élève, exactement, la dette publique congolaise. Le FMI a sorti un chiffre presque déjà connu de 110%. Reste que le FMI n'arrive, pas encore, à déterminer à combien s'élève la dette litigieuse (Glencor, Trafigura, Commissimpex, etc.) qui s'élèverait à plusieurs milliards aussi. Il en est, de même, de la dette chinoise qui reste très floue à évaluer, un flou entretenu volontairement par Pékin et Brazzaville, et qui embrasse des pratiques comme le troc. Il y a, enfin, la dette intérieure dont on ignore aussi le montant exact. Le total de cette dette (non encore) évaluée pourrait rapprocher la dette totale congolaise à près de 200% du PIB.

Le dictateur a rencontré la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, le 19 septembre, à New York, en marge de la 72e Assemblée Générale des Nations-Unies. Au regard de la grave situation de l'économie congolaise, elle aidera le Congo (c'est sa mission), mais ne pourra pas faire des miracles que lui demande son « ami » Sassou-Nguesso. Car elle-même doit rendre des comptes à sa hiérarchie. Pour que le programme de redressement (à venir) ait une chance de réussir, l'opposition demande à être associée, d'une manière ou d'une autre, dans le processus de son aboutissement. D'autre part, le FMI va conclure un programme avec le Congo. Mais de quel Congo s'agit-il ? Car il y a le Congo de Sassou-Nguesso qui a ruiné le pays et l'autre Congo constitué par l'opposition qui représente la grande majorité de la population. Sans dialogue et consensus entre ces deux Congo, ce sera un coup d'épée dans l'eau. C'est à ce niveau où Christine Lagarde est priée de ne pas faire du Strauss-Kahn, si elle ne veut pas que son nom soit traîné dans la boue par les opposants congolais demain et après-demain.

« Au revoir papa, au revoir l'ambassadeur du développement de l'Afrique, repose en paix ». Dans une atmosphère empreinte de forte émotion, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Adesina Akinwumi, a ouvert la cérémonie d'hommage organisée en mémoire de feu Babacar Ndiaye, ancien président de la BAD, jeudi, 21 septembre 2017, au siège de l'organisation à Abidjan.

C'est un problème de santé publique réel auquel le monde est confronté : les cosmétiques destinés aux femmes noires sont plus toxiques que les autres ... Une étude de l'Université George Washington, aux Etats-Unis, publiée dans l’American Journal of Obstetrics and Gynecology, montre que les produits cosmétiques destinés aux femmes noires sont plus toxiques et dangereux que les autres car ils contiennent une quantité plus importante de perturbateurs endocriniens. Il y a de quoi tirer la sonnette d'alarme si on veut éviter une prolifération des cancers de la peau et autres maladies dont les traitements sont de plus en plus coûteux. C'est du reste ce que fait, depuis bientôt 17 ans, l'ONG Label Beauté Noire que préside la Franco-Gabonaise, Isabelle Mananga Ossey.

Il n'y a pas si longtemps, Sassou-Nguesso niait toute crise dans le département du Pool. Quand on lui faisait le reproche de s'occuper des lointaines crises en Libye et en Centrafrique alors que son propre pays était en train de brûler avec des réfugiés qui se comptaient en plusieurs dizaines de milliers, il bottait, simplement, en touche. Eh bien, ce même Sassou est en train d'encourager la tenue d'un dialogue (express) avec ceux qu'il qualifiait hier de simples « bandits ». Pourquoi ce virage à 180° ?

Ce n'est vraiment pas de la misogynie mais on constate qu'en matière de détournements de fonds publics, les femmes n'ont plus grand chose à envier aux hommes. Dans ce domaine, la femme apprend, tellement, vite qu'elle a tendance à dépasser l'homme. Au Nigeria, à l'heure actuelle, Diezani Alison-Madueke, la ministre du Pétrole de l'ancien président, Goodluck Jonathan, serait la personne la plus corrompue de ce pays qui fut, il n'y a pas longtemps, numéro un mondial de la corruption, selon le classement de Transparency International. Depuis son arrivée au pouvoir en mai 2015, Muhammadu Buhari a déclaré vouloir lutter contre la corruption et la secte Boko Haram. Malgré son état de santé, il ne réussit pas mal. Au Burkina Faso, la corruption battait, aussi, son plein sous Blaise Compaoré. Depuis son arrivée aux affaires, le nouveau président, Roch Marc Christian Kaboré, a lancé une opération « Mains Propres » pour nettoyer les écuries d'Augias. Beaucoup sont, déjà, tombés. Mais, personne ne s'attendait à ce que la patronne de la Communication, Nathalie Somé, tombe, elle aussi, dans les mailles du filet, son secteur n'étant pas le plus attractif pour les corrupteurs de tout poil.

Christine Lagarde, la patronne (française) du Fonds monétaire international (FMI) est-elle en train de payer les erreurs (volontaires ?) de son prédécesseur à ce même poste, Dominique Strauss-Kahn, dans les relations entre le FMI et le Congo-Brazzaville ? Toujours est-il que pour exiger un véritable programme digne de ce nom et dénué de tout soupçon de favoritisme à l'endroit de Brazzaville, la diaspora congolaise est vent debout pour exiger des conditionnalités sans lesquelles ce futur programme ne serait pas viable. Pour se faire entendre, elle va entreprendre une série de manifestations, à Paris et à Washington, pour pousser à la signature d'un accord utile, non pas pour le (seul) clan présidentiel, mais pour (tout) le peuple congolais.

Les relations entre la France et la Guinée équatoriale ne sont pas en voie de normalisation. Au contraire, elles s'enveniment de jour en jour. Pour preuve, la Guinée équatoriale vient de sommer le groupe pétrolier français, Total, bras financier de la Françafrique (qui est une politique abjecte dont les élites africaines ne veulent plus car elle infantilise les Etats africains et leurs dirigeants) de payer la rondelette somme de 73 millions d'euros (48 milliards de F CFA) pour fraude dans la vente de carburant, sur une période de, seulement, deux ans. Parallèlement, le gouvernement va saisir la justice.

L'ancienne ministre du Pétrole, Diezani Alison-Madueke, n'en a pas fini avec la justice. Elle en est même loin. Une cour de justice nigériane a ordonné, ce lundi, 28 août, la saisie bancaire de 7,6 milliards de nairas (21 millions de dollars ou plus de 11 milliards de F CFA) qui lui appartenaient, suite à des accusations de corruption, après la confiscation de nombre de ses biens ces dernières semaines.

Contrairement à ce que pensent certains Anti-Français (à tort), la question des « Biens Mal Acquis » n'est pas une trouvaille, strictement, franco-française. Quand on détourne de l'argent public dans un pays et on vient le dépenser, dans un autre pays, européen ou américain, ce dernier est, juridiquement, fondé à vous poursuivre, voire, à confisquer ces biens. Car ils ne sont pas à vous. C'est les lois de ces pays européens et américains, qu'on peut, valablement, contester, discuter, car la logique voudrait que c'est la loi où le prétendu détournement a été effectué, qui soit applicable. Mais, encore faudrait-il que la justice soit à peu près équitable et indépendante dans ce pays, ce qui n'est, parfois, pas le cas. Un ancien ministre guinéen se retrouve en prison, pour sept ans, pour avoir détourné 8,5 millions de dollars, venant des industriels chinois. Argent qui aurait dû être logé au trésor public, si la Guinée du président en exercice de l'Union africaine, Alpha Condé, ne marchait pas sur la tête.

Personne ne peut dire que le nouveau locataire de l'Elysée est immobile. Après avoir quitté le gouvernement de François Hollande parce qu'il n'allait pas assez loin dans les réformes, en cherchant, toujours, à ménager la chèvre et le choux, Emmanuel Macron doit, montrer, maintenant, qu'il est aux commandes de l'Etat, que, lui fait ce qu'il dit et dit ce qu'il fait. Sauf que, comme le général de Gaulle aimait à le souligner, « la volonté seule ne suffit pas », encore faut-il en avoir la capacité. Les critiques s'abattent, de toutes parts, sur le jeune président français. Qui de son côté veut faire bouger la France. Les solutions aux multiples problèmes, il les cherche, partout, y compris, avec la torche. Il en est de l'immigration, ce serpent des mers, qui n'est que la conséquence (directe) du système colonial et néocolonial de la France, en Afrique. Certains parlent de Françafrique. Macron convoque, lundi, 28 août, un mini-Sommet, à l'Elysée, pour en parler. Un énième Sommet, pour (certainement) tourner en rond. Car le problème essentiel de l'Afrique (et dont de l'immigration) est dans la malgouvernance que la France protège (précieusement) en Afrique car c'est elle qui fait, en partie, son rayonnement à l'international.

La justice nigériane a ordonné, mardi, 22 août, la confiscation, à titre provisoire, de quatre propriétés appartenant à l'ex-ministre du Pétrole, Diezani Alison-Madueke, d'une valeur de 7 millions de dollars, que les juges soupçonnent de provenir de détournements massifs de fonds publics. Avant cette décision, la justice avait, déjà, procédé à d'autres saisies immobilières, ce qui tend à démontrer que cette femme nageait dans la corruption.

Le roi, Mohammed VI, du Maroc ne rêve que d'Afrique. Après la ré-admission du Maroc au sein de l'Union africaine, au début de cette année, le souverain essaie de brûler les étapes. Lors du Sommet de la CEDEAO, au Liberia, le 4 juin dernier, il avait demandé l'adhésion du Maroc à cette organisation sous-régionale de l'Afrique de l'Ouest alors qu'il appartient, géographiquement, à une autre sous-région, l'UMA (Union du Maghreb arabe). Cette requête n'ayant pas abouti, le Maroc reviendra à la charge lors du prochain Sommet de la CEDEAO, à Lomé, en 2018, d'autant plus que certains pays membres sont favorables à son admission. En attendant, le roi se déploie sur d'autres terrains. Avec parfois quelques échecs retentissants. C'est ainsi qu'il y a quelques jours, à l'instigation de la Fédération royale de football, le nouveau président de la CAF, le Malgache, Ahmed Ahmed, a, vainement, cherché à dessaisir le Cameroun de l'organisation de la CAN 2019, au profit du Maroc. Le Cameroun est décidé à garder sa CAN. Paul Biya, sentant le danger, est même venu à la rescousse pour confirmer, officiellement, que l'Etat allouerait l'argent qu'il faut pour permettre une parfaite tenue de la CAN sur les six sites de jeu choisis. Le Maroc a, donc, ciblé l'Afrique comme terrain par excellence de sa chasse aux contrats. Dans un discours télévisé prononcé, dimanche, 20 août, à l'occasion d'une fête nationale, le roi, Mohammed VI, s'est félicité de la politique menée par son pays en Afrique, basée sur des partenariats "gagnant-gagnant". Le langage adopté dans cette offensive est tout à fait chinois, les nouveaux maîtres de l'Afrique. Ce qui montre que le Maroc veut aussi bien faire en Afrique que la Chine.

Le dictateur devrait former son nouveau gouvernement (pile ou face) dont l'ambition est de mener à bien les difficiles réformes économiques que va édicter le Fonds monétaire international (FMI). Ce gouvernement est annoncé, dans les tout prochains jours, tandis que le programme avec le FMI doit démarrer courant octobre, ou avant la fin de l'année, si les négociations sont, particulièrement, difficiles comme on peut le prévoir. Sauf à vouloir démentir (inutilement) afriqueeducation.com, Clément Mouamba, ayant l'avantage de bien connaître l'ampleur du désastre, est bien parti pour se succéder à lui-même.

Le siège de la Commission nigériane des crimes économiques et financiers (EFCC), à Abuja, a été attaqué, mercredi, 16 août, par des hommes "lourdement" armés, qui ont tiré sur les façades et dans le parking, a annoncé l'EFCC. Mesures d'intimidation sans doute, le pouvoir mettant le turbo pour traquer les délinquants en col blanc du gouvernement Jonathan dont sa propre épouse, Patience Jonathan.

Frappée par une des pires catastrophes de son histoire, la Sierra Leone a commancé à enterrer ses morts, ce jeudi, 17 août, au cours d'une cérémonie en présence du président, Ernest Bai Koroma, qui a décrété une semaine de deuil national.